mercredi 30 mai 2007
DIAZ CANALES, Juan, QUARDINO, Juanjo : BLACKSAD.
Ed; DARGAUD -Trois tomes parus.
John BLACKSAD est un privé qui erre " Quelque part entre les ombres " comme le dit le titre du premier tome de cette excellente BD. C'est l'archétype même du détective de la littérature et du cinéma dit "Noir", désabusé, revenu de toutes ses illusions, hanté par son passé, qui parfois boit raide mais qui mène toujours à bien ses enquêtes.
Qu'il cherche le meurtrier d'une actrice dont il a été
l'amant (Quelque part entre les ombres - Tome 1), qu'il tente de retrouver une petite
fille enlevée (Arctic-Nation -
Tome 2), ou bien qu'il vienne en aide à un de ses anciens professeurs
d'université (Ame Rouge - Tome 3), BLACKSAD est obligé de flirter avec
les zones obscures de l'âme humaine version années Cinquante : les banlieues
chics des grandes villes U.S. gangrenées par le K.K.K. (Tome 2) ou les compromissions
du Maccarthisme et les désillusions de l'énergie atomique (Tome 3). Du Noir pur
arabica...
Mais il y a bien d'autres choses qui font l'originalité de cette BD. John BLACKSAD n'est pas un homme comme les autres, c'est un chat anthropomorphe, tout comme la totalité des personnages de cette série. On peut donc croiser un garde du corps gorille (Un gorille... gorille !), un chef de la police berger allemand ou un orang-outang qui joue le blues. Le dessin est d'une qualité que je trouve rare et les scénarii dans le plus pur style du Faucon Maltais, du Dahlia Noir. Enfin, autre curiosité, les auteurs sont espagnols et le premier tome est préfacé par LOISEL (La Quête de l' Oiseau du Temps, Peter Pan) qui les a découverts. Cette BD a remporté le prix du public et du meilleur dessin à Angoulême en 2004 et le prix de la meilleure série en 2006.
Que du bon, du très bon je vous dis !
Pacman.
dimanche 27 mai 2007
BIBLIOSURF : librairie en ligne à suivre.
Bernard STRAINCHAMPS ouvre une librairie en ligne. Il me semblait important d’en rapporter la création afin de soutenir une démarche originale et ambitieuse.
Bibliosurf est une SARL qui a pour vocation notamment de vendre des livres en ligne dont un fonds important de SF et de polar. La spécificité de cette librairie est que les critiques sont faites par les internautes et qu’à terme le fonds correspondra aux avis des critiques.
Cette présentation est assez sommaire mais vous pouvez vous reporter à l’entretien publié chez actusf (voir les liens) pour avoir une idée précise du projet.
Finalement, son concept est proche de ce que je voudrais faire de ce blog (la vente en moins) et je pense que je vais poster des critiques sur son site. Je vous invite à en faire de même pour que son projet se développe ! Et si vous achetez en ligne, pourquoi ne pas préférer un vrai libraire qu’un mastodonte qui n’a pas besoin de vous ?
StepH
STRACZYNSKI, Joe, Michael : Jeremiah.
France 4 a
commencé la diffusion de cette série il y a quelques semaines. Il me semblait
intéressant d’en faire une petite critique pour que vous y jetiez un coup d’œil !
Il y a quinze ans que la Grande Mort a balayé toutes les personnes qui avaient dépassé la puberté. Les enfants ont grandi sans repère et tentent de survivre tant bien que mal. Jeremiah voyage dans ce monde, à la recherche du secteur Valhalla que son père voulait rejoindre avant de mourir. En chemin, il rencontre Kurdi et se lie d’amitié avec lui. Leurs pérégrinations les amènent à découvrir la Montagne du tonnerre où un groupe tente de recréer une société plus juste. Nos deux aventuriers se joignent à eux…
Reconstruire le monde. Mais comment ? L’intérêt de cette série humaniste réside dans la réponse à cette question. Les opinions se confrontent, même au sein de la Montagne du Tonnerre et les réponses ne sont pas toutes faites. Si l’on sent la série américaine, elle ne tombe presque jamais dans la facilité et le sentimentalisme chrétien. L’utilisation de la religion est des croyances est même très originale dans la deuxième saison.
J’ai pas mal accroché à cette série. Si la réalisation est très classique, le scénario est très bon ; le monde se dévoile au fur et à mesure que l’intrigue se développe, globalement, je la trouve assez fine (merci Monsieur Straczynski de sortir des sentiers battus américains). Le monde est original aussi pour un post-apo. Malheureusement, la série s’arrête en fin de saison 2 (merci les américains de ne penser qu’à l’audimat !), nous laissant en attente… Et ne tentez pas de lire la BD éponyme de Hermann Huppen, elle n’a aucun rapport !
Essayez la quelques soirs et vous verrez que vous serez charmés !
StepH
vendredi 25 mai 2007
BISSON, Terry : Hank Shapiro au pays de la récup.
Après deux critiques estivales, il faut aligner du lourd
pour ne pas passer pour des guignols. Alors je me dirige vers ma petite
bibliothèque… Gaiman, Simmons… Non, je le garde pour plus tard… Bon, voyons,
chez Denoël « Lunes d’encre », ils ont du lourd. Et je tombe sur ce
livre de Terry BISSON. Moins de Trois cent pages au compteur, il passerait
presque inaperçu. Je le sors de l’étagère. Magnifique couverture, comme
toujours avec l’éditeur. Un flot d’images me revient. Ce livre était génial !
Faut que je vous en parle !
Hank Shapiro est un fonctionnaire gouvernemental exemplaire : pas de question, pas de réflexion. Son job consiste à confisquer les œuvres d’art périmées pour laisser la place aux nouveaux artistes. Pourtant, un jour, il va désirer écouter un vynile et foutre sa vie sans histoire en l’air. C’est le début d’un voyage qui le mènera de New York à Las Vegas…
Imaginez Fahrenheit 451 écrit à 4 mains par Chuck Palanhiuk et John Cleese et vous aurez une idée, fausse certes mais se rapprochant, du style du livre. A la fois hilarant, surréaliste, intelligent, Terry Bisson réussit le pari d’allier dérision et contenu avec un style qui, pour moi, est brillant. J’en loupais mon arrêt de métro, c’est vous dire !
Bien sûr, comme d’habitude chez Denoël, la traduction me paraît impeccable.
Pour conclure, je dirais : si vous aimez le style un peu déjanté, courrez l’acheter avant de ne plus pouvoir le trouver !
StepH
GREEN, Simon, R : La Nuit de la Lune Bleue
Je connaissais Green grâce à Traquemort (aux éditions Atalante, critique dès que StepH ou moi-même les aurons relus !!!), série de space op que j’adore, et voilà que mon directeur de blog préféré me dit : « voilà un bouquin qui à l’air sympa et sans prise de tête ! » ce à quoi je réponds « Super ! ».
mercredi 23 mai 2007
GREEN, Simon, R. : Nightside : Vieux Démons.
Un bon
livre pour la plage, voilà ce qui me vient à l’esprit lorsque j’arrive aux
dernières lignes de ce bouquin… On aurait presque envie de pop corn quand on
lit ! C’est une sorte de mélange entre Mike Hammer, Angel (la série
dérivée de Buffy), et Neverwhere (de loin et de dos !). Pas le meilleur Green
mais mérite tout de même un petit coup d’œil…
John Taylor est détective privé. Il a un don pour trouver les choses. Mais comme tous les détectives en gabardine, il est fauché comme les blés. Alors quand Joanna lui demande de l’aide pour retrouver sa fille, allongeant un chèque de 50000 biftons, il accepte sans rechigner. En plus, sous ses airs de gros dur, il ne supporte pas de laisser une fille en détresse. Le problème, c’est que la disparue se trouve dans le Nightside, sorte de ville parallèle à Londres où tout est permis, où tous les monstres les plus improbables se croisent… Taylor, qui est issu de cette ville infernale, s’était promis de ne plus y retourner, mais il ne laisse jamais tomber quand il accepte une affaire. Il devra donc faire face à ses vieux ennemis pour résoudre cette mission...
Green est en verve, comme à son habitude et nous assène quelques phrases bien senties, qui ont le mérite de donner une ambiance originale à cette série. « Les rats eux même ne faisaient que passer avant de repartir pour des lieux plus civilisés ». L’univers est haut en couleur même si l’on sent quelques inspirations. Les personnages secondaires sont le point fort de ce livre, plus excentriques les uns que les autres. Green ne traite pas avec le commun des mortels, il lui faut des personnages géants. Si l’histoire n’est pas des plus complexes, elle est rigolote et se lit sans problème. Elle semble annoncer la suite.
Pour conclure, je dirais que ce ne sera pas mon livre de chevet mais plutôt un livre estival avant l’heure. Pour 10€ je pense que ça ne vaut pas le coup de s’en passer si l’on veut lire du « qui fait pas mal à la tête » de qualité.
StepH
mardi 22 mai 2007
Square Enix : Final Fantasy 7 Advent Children
Vous
remarquez que je suis assez branché Final Fantasy. Pour continuer avec la
franchise à succès de l’éditeur japonais, voici venu le temps de FF7 Advent
Children. StepH vous a déjà présenté sur e-maginaire la critique de Renaissance
le film d’animation à la française et sachez que les deux n’appartiennent
vraiment pas au même monde. Certes ce sont des films d’animation mais là où
Renaissance cherche à innover dans l’esthétique, FF7 AC ne cherche qu’à nous
donner une claque technique. Tout est fait dans ce film pour éblouir le
spectateur. Contrairement au précédent film tiré de la série, « Les
créatures de l’esprit » (critique prochainement) il ne s’agit pas ici d’un
spin-off mais bel et bien de la suite de l’épisode 7 du jeu vidéo du même nom.
Deux ans après les événements se déroulant dans le jeu, les habitants de Midgar se remettent des troubles survenus à cause de la Shinra et de Sephiroth. Pourtant la planète semble toujours en colère et plusieurs enfants souffrent de géostigmates. Les ennemis du passé sont sur le point de ressurgir et Cloud, héros du jeu vidéo, ne semble plus en état de les combattre…
L’histoire peut paraître obscure, elle n’est en fait que dans la droite ligne de celle proposée dans le jeu. Sachez que pour ceux qui n’y ont pas joué, un petit résumé vous apprend l’essentiel sous la forme d’une compilation de passages du jeu. On en profite pour constater que le graphisme, superbe à l’époque, semble provenir d’un autre temps.
Ce film laisse la part belle aux combats et à l’action, tout y est exagéré : les sauts de quelques kilomètres, une pesanteur inexistante… Oubliez par contre la magie qui n’est que très peu présente, les combats se font à l’épée et aux « limites ». Les courses poursuite sont légions et le design des véhicules très réussi, vous pourrez également apprécier les textures des vêtements exceptionnelles, du jamais vu !
Le style graphique des personnages a été respecté ainsi que leur caractère : ceux qui n’auraient pas apprécié Cloud ou Tifa dans le jeu, ne les apprécierons pas plus ici tant Cloud est toujours aussi long à la détente et Tifa toujours aussi bonne poire. Pourtant dès qu’ils passent à l’action ils deviennent grandioses. Le film est centré sur ces deux personnages mais l’apparition de leurs compagnons et notamment celle de Vincent rappelleront de très bons souvenirs aux fans du jeu.
Sachez enfin que la rumeur veut qu’un remake du jeu sorte un jour sur PS3 et que les images montrées lors d’un salon présentent un graphisme très proche de celui de ce film. Tout ceci n’est que rumeur mais quelle rumeur !
Pour terminer, c’est avec enthousiasme que je vous conseille ce film d’animation, uniquement disponible en DVD, très réussi qui ravira les fans de l’animation, les fans de baston, les fans du jeu. Ceux qui sont plutôt attirés par l’humour et les histoires gentilles devraient malgré tout le voir au moins une fois car il est vraiment fantastique.
Fab
lundi 21 mai 2007
GABORIT, Mathieu : Les Chroniques des Féals (l’Intégrale de la trilogie)
Ouf, j’ai cru y rester, la
dernière bataille a été rude et dantesque, je suis contente d’avoir refermé le
livre pour le moment, et de regarder par ma fenêtre l’esprit encore ailleurs, un
peu éberluée, encore étourdie, de retrouver mon M’onde à moi, en l’occurrence, le
flot continu de voitures qui circulent
sur le boulevard, la vue de l’eau verte du canal du Midi redonne à mon cœur un
peu de calme. L’Onde était-elle à Toulouse, je ne saurais vous dire ?
Mais ce que je sais, c’est que Mathieu Gaborit m’a amenée tellement loin dans le M’onde des Féals que j’ai cru ne plus pouvoir revenir. Merci, Monsieur, d’avoir écrit un tel livre, si riche, si dense, si expressif, si coloré, si chaud, si froid, et je pourrais continuer longtemps… Je pensais à tort, aujourd’hui j’en ai la preuve, que ce genre de littérature appartenait plutôt aux anglo-saxons. (Une mention spéciale à StepH qui m’a permis de découvrir cet auteur) désormais je serai plus attentive à la « French Connection Fantasy ».
Voilà, je reste éblouie par cette histoire épique, par ces huit mondes si différents, par les descriptions si fournies, si pointilleuses, par l’évolution des différents personnages.
Oui, j’ai aimé à la folie et vous ?
Le thème toujours identique du « bien et du mal » a su être préservé, malgré ce sujet cent fois rebattu. Un jeune phénicier va vous conduire dans le labyrinthe du « Clair et de l’Obscur » suivez le sans hésitation aucune, vous ferez un voyage merveilleux et éprouvant… 598 pages plus loin revenez en discuter. A bientôt.
Et tel qu’un phénix, renaissant de ses cendres, je serai là à vous attendre… (Je sais, je sais, elle était trop facile celle-là, mais bon, j’assume).
ILLo
dimanche 20 mai 2007
VOLCKMAN Christian : Renaissance

« Un blade Runner made in France, un Matrix en
animation » dit l’Ecran Fantastique de ce film. Ce n’est pas faux. Il y a
aussi un peu d’Akira… Mais il est surtout une bombe d’une grande beauté et
d’une innovation technique jamais vue. Cocorico !
Dans un Paris futuriste, une jeune chercheuse est kidnappée. Une équipe de police, sous la direction de Karas, mène l’enquête. Bien vite, l’officier comprend que l’affaire implique bien plus que quelques malfrats de bas étages…
Film d’animation utilisant les techniques de la motion capture, Renaissance est d’une esthétique incomparable. Si le principe du noir est blanc fait un peu mal à la tête au départ, il nous plonge vite dans les ruelles de ce Paris tentaculaire et nous suivons ce polar la bouche ouverte, oubliant presque de déglutir.
La principale qualité de ce film est d’abord l’esthétique : réalisme des mouvements, beauté de Paris, ambiance des vieux polars… Mais Renaissance est aussi un film intelligent, abordant des thèmes certes presque éculés mais toujours d’actualité.
Il n’a pas fait le nombre d’entrées méritées au cinéma mais n’hésitez pas à le voir (à l’acheter ?) et vous verrez que le 7ème art français sait innover et se positionner parmi les plus talentueux du monde (re-cocorico ?). Pour moi, c’est un des meilleurs films de 2006.
StepH
LEE Tanith : La saga d’Uasti
Connaissez-vous
la bêtise humaine ? Non ? Et bien c’est moi… moi il y a quelques
années ! Un été, j’ai décidé qu’il me fallait lire, beaucoup lire. Alors
je vais dans ma FNAC préférée et je regarde un peu le rayon SF/Fantasy. Mon
regard est attiré par une tranche particulière, un dictionnaire au format
poche. Je tire le bouquin et une jolie illustration me persuade qu’il s’agit DU
livre qu’il me faut. Me voilà de retour chez moi avec un objet de 1200 pages,
sans savoir ce qu’il raconte, sans jamais avoir entendu parlé de l’auteur. Je
me lance, j’ai pas peur et 10 pages plus loin le livre est refermé pour trois
ans…
Trois ans
plus tard, j’ai envie de lire, je vais dans ma FNAC préférée et je me
dis : « non, tu as trop de livres chez toi que tu n’as pas
encore lu pour pouvoir en acheter un nouveau ! ». Dans ma
bibliothèque le pavé me fait de l’œil, je l’ouvre et arrive enfin au bout.
Voilà la Saga d’Uasti.
Une déesse
se réveille dans un volcan et commence alors un voyage qui la mènera jusqu’au
bout du monde à la recherche des siens et d’elle-même. Plus tard nous suivrons
son fils jeune guerrier barbare aux origines inconnues.
Cette œuvre
n’est pas la meilleure chose qu’il m’est été donné de lire et à plusieurs
reprises j’ai dû me faire violence pour avancer tant certains passages sont
bizarres. Je pense notamment aux extra-terrestres dans leur vaisseau, je ne
croyais pas cela possible, trouver des êtres venus d’ailleurs dans un roman de
fantasy. Mais bon je l’ai terminé et me suis aperçu qu’il n’était pas si
mauvais que ça. C’est un bouquin dans lequel les héros tirent les leçons de
leurs erreurs et il est intéressant de les suivre à travers leurs épreuves et
surtout de voir comment ils s’en tirent et ce qu’elles leur apportent.
Le récit
comporte quelques moments intenses, globalement peu d’action et peu de
rebondissements vraiment conséquents. Pour l’apprécier il faut simplement se
laisser entraîner dans le voyage de nos héros et avoir du temps et de la
patience. Moi qui aime les persos super forts, j’ai aimé le fait de suivre une
déesse qui découvre son potentiel petit à petit, ainsi que son fils inconscient
de l’héritage dont il dispose. Un roman en dents de scie appréciable pour les
lecteurs chevronnés.
Fab



