lundi 25 juin 2007
CORBEYRAN, GUERIN, GUERINEAU, et al. : Les véritables légendes urbaines.
A ne pas lire seul le soir. Interdit au moins de 16 ans… Ca attire l’œil pour une BD…
Alors info marketing ou véritable contenu dérangeant ? Je pencherais pour
la première solution, quelques mangas étant beaucoup plus violents. Mais la BD
commence en fait dès la couverture, insinuant son ambiance avant même d’avoir
commencé la lecture…
Quatre histoires macabres racontées par un homme mystérieux, tel est son sujet : des histoires de Baby-sitter, de téléphone portable, de terreurs nocturnes et enfin de gang des phares. Ces histoires vous les avez mille fois entendues, soit par le biais de films d’horreur, soit par le biais d’amis lors de soirées Halloween. Rien de bien original, me direz vous, rien de bien imaginaire non plus. Vous aurez tort à mon avis car cette BD traite en vérité d’un genre particulier et hautement imaginaire : les légendes urbaines.
Qu’est ce qu’une légende urbaine ? Ce sont toutes ces histoires qui sont arrivées près de chez vous : cet élève qui a eu 18 en philo en écrivant sur sa copie « le risque c’est ça », ce vieux qui a pété un plomb et qui se ballade avec une hache, la dame blanche au bord de la route… C’est réel, je jure ! Mais lorsqu’on voyage, ça s’est aussi passé ailleurs… Y a-t-il un fond de vérité ? On ne sait pas… Et c’est ce qui fait frissonner !
Les légendes urbaines ont à voir avec la rumeur, elles sont les restes de la vieille tradition orale et donc de tous les mythes et légendes séculaires, les situant dans notre société et y insufflant nos peurs actuelles. Pour moi c’est ce qui en fait un thème passionnant et sans doute trop peu étudié.
De ce point de vue là, Les véritables légendes urbaines est une BD de qualité. Elle joue parfaitement avec les codes des légendes urbaines et donne à penser sur cette nouvelle culture. Elle est d’ailleurs conclue sur une très bonne postface de Jean Bruno RENARD, sociologue spécialisé sur les rumeurs et le folklore urbain. Elle est aussi servie par un dessin, un encrage et une mise en page que je trouve adaptée et de bon niveau.
Moi, j’ai aimé me faire (un peu) peur en lisant cette BD et j’espère que la suite sera d’aussi bonne qualité (si suite il y a…). J’ai aussi très envie de me renseigner sur ce nouveau folklore.
StepH

