mardi 20 novembre 2007
CROWLEY, John : L’été-machine.
L’été-machine,
publié à l’origine en France par les Moutons électriques, est sorti récemment
dans la collection Point fantasy. C’est l’occasion pour moi de rattraper le
temps perdu et de vous en faire ma critique. Autant vous dire que ma série de
très bons avis est terminée !
Crowley m’avait
fait rêver durant deux tomes avec Le parlement des fées. Sa plume sensible, l’atmosphère
qui se dégageait de son roman, m’émeut encore quand j’y pense. C’est donc avec
envie que je me suis jeté sur cette nouvelle publication.
Roseau qui parle est questionné par une personne
mystérieuse qui lui demande comment il en est arrivé là. Notre héros commence
alors son histoire avec sa ville natale, Petit
Belaire, et expose, tout au long du livre, le récit de sa vie et sa soif de
connaître et de comprendre le monde qui l’entoure ainsi que son histoire.
Récit post
apocalyptique d’un monde qui ne se souvient plus de son passé et déforme donc
toute son histoire par des légendes, L’été-machine est bien loin d’un Mad Max. On
entre dans le livre avec étonnement tant la finesse de l’écriture et le ton
employé nous surprennent. Le monde tel qu’on le connaît n’est plus et on a
presque l’impression d’être sur une autre planète. Les noms sont étranges, les coutumes
aussi. Pourtant chaque chose fait écho à des concepts bien connus de notre
société. C’est beau, très beau. On se questionne, on veut en savoir plus. L’histoire
s’égrène par petites touches puis on arrive à la fin… Et on ne sait pas grand
chose de plus. Alors, oui, toutes les critiques qu’on peut lire sur ce roman
exalte la poésie de l’œuvre, la finesse de l’auteur et je suis d’accord. Mais
finalement, à la fin, on (ou du moins je) n’a rien compris de plus. Et autant
dire qu’après tant de questions soulevées et d’attentes tellement l’univers paraît
originalement traité, on reste sur sa fin. On se demande aussi quel est le but
de tout ça…
Ajoutons à
cela que l’édition des moutons électriques si elle est belle visuellement (et même
très belle), est bourrée de fautes typographiques. Les coquilles sont
omniprésentes. Au début, je me demandais si j’avais loupé quelques choses et si
c’était une partie de l’œuvre, mais non, c’est une grosse erreur de relecture. Pour
avoir fait ce boulot (de correction), je sais que c’est dur mais bon, quand
même, là, on aurait dit que personne n’avait relu !
Bilan, ce
livre aurait pu être une perle à mettre dans les 100 meilleurs livres de SF (ce
que les Etats-Unis ont fait) mais quelques défauts le rendent au final un peu
désagréable sauf à aimer beaucoup la poésie. Il faut dire que la version des
Moutons électriques n’arrange rien, préférez donc celle de Point fantasy.
Je serais
tenté de vous dire de passer votre chemin, pourtant, comme à chaque fois avec
Crowley, des images restent gravées dans ma mémoire et je ne peux me résoudre à
ne pas vous dire de tenter votre chance avec cet auteur très spécial mais qui
mérite reconnaissance…
StepH