mardi 20 novembre 2007
CROWLEY, John : L’été-machine.
L’été-machine,
publié à l’origine en France par les Moutons électriques, est sorti récemment
dans la collection Point fantasy. C’est l’occasion pour moi de rattraper le
temps perdu et de vous en faire ma critique. Autant vous dire que ma série de
très bons avis est terminée !
Crowley m’avait fait rêver durant deux tomes avec Le parlement des fées. Sa plume sensible, l’atmosphère qui se dégageait de son roman, m’émeut encore quand j’y pense. C’est donc avec envie que je me suis jeté sur cette nouvelle publication.

Ajoutons à
cela que l’édition des moutons électriques si elle est belle visuellement (et même
très belle), est bourrée de fautes typographiques. Les coquilles sont
omniprésentes. Au début, je me demandais si j’avais loupé quelques choses et si
c’était une partie de l’œuvre, mais non, c’est une grosse erreur de relecture. Pour
avoir fait ce boulot (de correction), je sais que c’est dur mais bon, quand
même, là, on aurait dit que personne n’avait relu !
Je serais
tenté de vous dire de passer votre chemin, pourtant, comme à chaque fois avec
Crowley, des images restent gravées dans ma mémoire et je ne peux me résoudre à
ne pas vous dire de tenter votre chance avec cet auteur très spécial mais qui
mérite reconnaissance…
mardi 13 novembre 2007
BRUSSOLO, Serge : La nuit du bombardier.
Serge
Brussolo est un auteur incontournable de la littérature fantastique et
policière française. Prolifique, chaque nouvelle œuvre est attendue avec
impatience par ses fans. Il fallait donc bien s’y pencher pour voir si sa
réputation n’était pas usurpée. Je m’attaque donc à une réédition sortie en
juin de cette année par folio SF. Bilan : un auteur à part, à l’identité
bien marquée. Moi j’aime.
David a
treize ans. Sa mère vient d’être internée après avoir été violée. L’enfant a
assisté, impuissant, au crime et n’en est pas sorti indemne psychologiquement. Le
livre s’ouvre sur son arrivée à Triviana-sur-mer, petite ville côtière des Etats-Unis,
où sa grand-mère l’a envoyé en pension. L’atmosphère est étrange. Mais ce n’est
que le début. L’Ecole qu’il intègre suit des règles très dures, imposées par l’encadrement
mais aussi par les élèves eux même qui se regroupent en castes. David va devoir
lutter à la fois pour s’intégrer et pour surmonter le traumatisme qui le hante.
Il va, pour cela, devoir démêler les secrets que cachent Triviana-sur-mer,
ville défigurée trente ans plus tôt par le crash d’un bombardier dont on a
jamais trouvé la moindre trace…
Imaginez
Harry Potter ou bien Alice au pays des merveilles mais version cauchemardesque
et vous aurez une bonne vision de ce que j’ai ressenti à la lecture d’au moins
les deux tiers de ce livre. L’ambiance étrange, lourde, s’installe dès les
premières pages pour ne plus nous quitter. On suit de manière tendue la vie de
ce petit bonhomme, souvent à travers ses yeux, ne sachant pas s’il fantasme ce
qu’il voit, s’il est effectivement fou, ou si tout cela est bien réel. D’ailleurs,
cette focalisation interne (si mes souvenirs de terminale sont bons !) renforce
cette impression de suivre Alice de l’autre côté du miroir mais version
horrible. Loin de faire de l’âge de son héros un prétexte à la fragilité, l’auteur
s’attache à jouer vraiment avec ce que voit un jeune enfant et la réponse d’enfant
qu’il y donne. Sans frissonner à chaque page, on se sent mal à l’aise, on se
demande si ce qu’on lit est réel et le risque de folie de David se transmet. Ajoutons
à cette ambiance particulière un style, à mon sens, maîtrisé, ni trop lourd, ni
trop direct qui sert l’oeuvre de manière remarquable.
Puis vient
la deuxième partie du livre. Si le style et le malaise restent, le sujet change.
Et c’est plus une révolution qu’un virage. C’est le moment de l’action. Des
réponses sont données. Si énormes que l’on doute franchement que cela soit la
réalité. D’un cauchemar d’Alice, on passe à un vieux film d’horreur en noir et
blanc. Bizarre, me direz vous ? Et bien, on se laisse avoir ! On est
tellement dedans qu’on suit le héros (dans sa folie ?). Et puis l’auteur
écrit si bien qu’on ne peut rien dire. Pour moi, seule la conclusion n’est pas
tout à fait à la hauteur.
Selon moi
(après seulement un livre, je suis un peu téméraire, mais bon…), la réputation
de Brussolo n’est pas usurpée. Son style est merveilleux, son histoire est
prenante, pleine de références, intelligente. Finalement, ce livre me rappelle
un peu des films comme L’échine du diable ou Le labyrinthe de pan et d’autres
que je ne vous communiquerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise de la
deuxième partie du livre… A vous de le lire pour savoir ! Par contre, âmes
sensibles, s’abstenir…
StepH
mardi 6 novembre 2007
KIRKMAN, Robert, PHILLIPS, Sean : Marvel Zombies.
Décidemment,
Marvel n’en finit pas de nous surprendre ! House of M, Civil
War, … L’univers de nos
héros est chamboulé ; la qualité des histoires et leur originalité est
impressionnante. Ici, Kirkman, scénariste dont la réputation n’est plus à faire (il est
l’auteur de Invincible et de Walking Dead) s’attaque aux super héros Marvel
mais façon Zombies !
Tout a
commencé de manière anodine dans un épisode d’Ultimate Fantastic Four avec Reed
Richard qui prend contact avec son double mort vivant d’une autre dimension. S’en
suit une aventure rigolote dans laquelle les fantastiques luttent pour que le
Virus n’envahisse pas leur monde. On aurait pu en finir là avec un scénario amusant,
mais voilà, le rédacteur Ralph Macchio sent le bon filon et veut remettre le
couvert. Résultat, il appelle le spécialiste des revenants, Robert Kirkman et
lui demande de mettre en image le monde moribond des marvel zombies. Kirkman
accepte mais à condition d’avoir carte blanche sur le scénario. Ralph cede et l’auteur
s’en donne à cœur joie ! Bilan, ça va loin, très loin !!!
Une météorite s’écrase sur le monde. Elle est porteuse d’un virus qui rend mort vivant. Forcément, les super héros finissent par bouffer tout le monde vu leurs pouvoirs. Du coup, presque plus de repas. Que faire ? L’histoire commence à ce moment là, après avoir étripé Magneto qui était un des derniers survivants. On suivra par la suite, les questionnements de nos anciennes stars qui subissent la malédiction de pouvoir réfléchir qu’après avoir ingurgité, de manière horrible, ceux qu’ils avaient juré de protéger…
Kirkman y
va à fond : membres arrachés, cervelle qui vole, Hulk qui mange une jambe
entière et qui a le bide qui explose lorsqu’il redevient Bruce Banner… Nos
héros sont de sales raclures qui ne veulent pas partager leurs repas avec les
potes. Bref, c’est une grosse gifle au monde bien lisse des super héros d’avant
2001.
On se marre comme avec un bon film de Romero, mais Kirkman n’en reste pas à un simple défouloir, il ajoute un scénario qui se suit et qui n’est pas si bête. Personnellement, j’y vois aussi une mise en abyme du monde Marvel. Certes le scénariste aurait pu approfondir la réflexion mais finalement, il n’oublie pas que c’est pour de rire !
Extrêmement violent, un peu choquant, servit par un dessin à la hauteur, Marvel Zombies prend le contre-pied de la vision américaine du super héros. On a l’impression qu’avec ce titre, La maison des idées Marvel veut en finir avec le premier degré propagandiste (je sais j’exagère mais c’est pour faire court !). Pour moi, c’est presque une conclusion à ce qui a été entamé dans des séries comme Authority, ultimate… Le héros est toujours une métaphore de la société américaine, mais réfléchie.
Enfin, je vous laisse juge en lisant Marvel Zombies !!
StepH
dimanche 4 novembre 2007
Kripke, Eric, McG : Supernatural.
Le destin
des deux frères Winchester, Sam et Dean, n’est pas des plus heureux :
enfants, ils voient leur mère mourir brûlée vive par ce qui paraît être un
démon. Leur père se lance alors à la poursuite de ce monstre, entrant par la
même occasion dans le milieu des chasseurs de démons. Il emmène avec lui Dean,
le grand frère, et le forme alors que Sam rejette bien vite cette vie pour se
consacrer à ses études. Mais la destinée du petit frère le rattrape lorsque sa
petite amie meurt de la même façon que sa mère. Au même moment, le père
Winchester disparaît et demande à ses enfants de continuer son travail… La
série peut commencer avec les deux frères qui se retrouvent et se lancent à la
fois à la recherche de leur père, à la poursuite du démon qui a certainement
tué deux femmes chères aux yeux des Winchester et en profitent pour débarrasser
le monde de quelques monstres dangereux…
Supernatural,
sous des airs très classiques, est une belle réussite. Outre-manche, la série
marche bien mais en France, elle a connu des débuts légers. Il faut rectifier
cette erreur ! Pourquoi ? Voici les raisons qui me poussent à la mettre
dans mon top 5 des meilleures séries de ces dernières années :
-Les
scénarios reprennent des intrigues classiques de la pop culture : légendes
urbaines, vieux films d’horreurs… On a tous déjà entendu parler des monstres
qui peuplent Supernatural. Mais loin d’une resucée, chaque épisode est à la
fois un hommage et une nouvelle vision de ces mythes. On se trouve souvent
surpris d’une nouvelle approche de thèmes presque éculés.
-Enfin, les
héros ne sont pas tout puissant : ils sont forts et doués mais il leur
arrive souvent de "merder". Ce ne sont pas des érudits en occultisme et ils tâtonnent
donc souvent pour venir à bout des "bad guys".
Bref, de bons acteurs (beaux dirons les filles !), une bonne réalisation, des scénarios originaux pourraient faire de cette série un moment agréable quand on a rien de plus à faire… Cependant, d’autres qualités en font une série phare pour moi :
En conclusion, laissez vous piéger ! La saison 1 est passée sur M6 et, connaissant la chaîne, repassera sans doute. La saison 2 est en cours sur TF6 avant de passer, je l’espère sur la 6 !
StepH

