E-maginaire

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samedi 16 février 2008

BURTON Tim : Sweeney Todd.

sweeney_todd_bigAvant toutes choses, il convient de préciser que je suis un fan invétéré du grand Tim, ce, dès la première heure, au nom des innombrables pépites dont il nous a fait grâce. La pommade étant passée, je peux passer au fouet et au cuir (façon Catwoman, mais que pensiez-vous donc ?).

Sweeney Todd est une semi-déception. Je l’annonce de but en blanc car quiconque a pu voir la bande-annonce sait à peu près de quoi ça parle. Ok, pour les deux du fond je reprends en accéléré : Benjamin Barker est un gentil barbier, qui vit avec sa gentille famille dans un gentil Londres, quand tout à coup, le méchant juge Turpin lui prend sa gentille femme et pour ce faire l’envoie au bagne. Quinze ans plus tard, tel Monte Cristo, notre raseur dépossédé revient en ville et jure d’assouvir sa vengeance… There’s no place like London... Pas besoin d’en dire plus afin de ne pas gâcher les maigres surprises d’un scénar anorexique.

En effet, l’une des faiblesses de Sweeney Todd réside en son propos: de facture classique et prévisible, il ne révèle son amertume qu’après vision intégrale de l’œuvre. Car amertume il y a : c’est, à mon sens, l’œuvre la plus noire et la plus désenchantée jamais réalisée par Burton. Des personnages tous plus tordus les uns que les autres (excepté l’insupportable couple de rossignol qui roucoule dans une des scènes les plus indignes de la filmo du maître…), un monde quasi dépourvu d’humour et un final, magnifique diamant noir qui rehausse l’ensemble.

N’oublions pas également qu’il s’agit là d’une comédie musicale d’un genre tout particulier : le premier « musical » gothique. C’est ici que le bât blesse : on se surprend à se crisper dès que certains personnages s’apprêtent à pousser la chansonnette, notamment nos rossignols, encore eux ! Pourtant, je n’ai rien contre les comédies musicales et la partition de Stephen Sondheim est parfois excellente (délicieux My Friends…), mais bien en deçà de ce dont est capable la paire Elfman/Burton. Car immanquablement, tout au long du film, on se répète que c’était bien mieux avant (mais avant quoi au juste ?).

C’est tout là le problème du réalisateur : alors que tout le monde semble s’accorder pour saluer son génie visionnaire à coup de récompenses diverses, celui-ci nous gratifie d’une production mineure dans sa filmo, quoique qu’en disent les critiques « official ». Sweeney Todd, n’est certes pas un mauvais film, mais pendant un bon tiers, on se demande ce que l’on fait là, devant tant de méchanceté, de noirceur. Pourtant, à force d’insister, le film finit par emporter le morceau par l’enchaînement de quelques scènes très réussies (excellent Sacha « Borat » Cohen !). Pour l’aspect « goth musical » révolutionnaire, on repassera, Fantôme de l’opéra et Rocky Horror étant dèjà passés par là. Visuellement, le film est beau, mais bien en deçà de la virtuosité gothique de Sleepy Hollow…

En un mot comme en cent, la tourte (ceux qui ont vu le film comprendront) se révèle un peu tiède, bien que réchauffée, et manque cruellement de sel : point de poésie, de fantaisie, d’humour qui font pourtant la « pâte » de Tim… Mais l’arrière-goût est inédit et vaut le tournant tout de même !

Mr Jack.

Posté par e_maginaire à 09:09 - petit et grand écran - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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