mardi 4 mars 2008
CORBEYRAN, CHABERT : Uchronie(s) New Byzance.
Après un
bon nombre de séries reconnues (le chant des Stryge, le maître du jeu, le clan
des chimères…) qui lui ont donné sa réputation, Corbeyran (scénariste) tente
un nouveau pari qui me semble original et alléchant : construire trois
séries SF parallèles de trois tomes qui auront un seul et même volume de
conclusion. En tout donc dix numéros pour construire un monde et une histoire. La
particularité de ces trois séries est que ce sera toujours le même héros mais
pas dans la même réalité (si j’ai bien compris ce que m’a dit le représentant
qui me vendait le bouquin !). Zack est un prescient. Il est capable de
voir d’autres réalités et même d’y vivre. Des réalités qui sont différentes
selon les petits grains qui passent dans les rouages du destin… C’est pas
alléchant ça pour les amateurs de SF ? Mais bon, qu’en est-il de la
réalité de la BD ? Pour le moment il n’y a que le premier tome de New
Byzance qui est paru, viendront ensuite New Harlem et New York. Voyons ce qu’il
en est du premier tir de semonce…
Donc, Zack
est un prescient. Il voit d’autres réalités et projette ses visions pour
remettre sur le droit chemin le pécheur qui commet le crime par la pensée. Il
faut dire que le monde dans lequel vit notre héros n’est pas des plus libres. Après
le 11 septembre, le capitalisme a été anéanti et remplacé par les théories
fondamentalistes. Les femmes ne valent guère plus que des meubles et la liberté
de pensée n’est plus à l’honneur. Zack reconditionne les mauvais penseurs afin
de maintenir la société telle qu’elle est. Mais notre homme rêve. Il voit une
femme. Toujours la même. Il se lance sur sa piste. Au même moment, un mandat d’arrêt
est lancé contre lui et il entre en clandestinité. C’est le début d’une longue
route…
Le résultat ? Pour moi il est bon. L’histoire est prenante même si ce premier tome reste convenu : on trouve un peu de Farenheit 451, d’Equilibrium… Un maillon d’une société injuste qui lâche pour prendre le chemin de la vérité. L’utilisation de la société fondamentaliste n’est pas grossier et passe bien. Les différentes intrigues s’imbriquent aisément et donnent envie de savoir la suite. Côté graphisme, on est dans le registre du standard : du bon et du moins bon. La vision d’une société occidentale mais orientalisée est très bien rendue, on sent les épices à Manhattan ! Par contre le graphisme des personnages reste très classique.
Finalement, j’ai très envie de lire la suite et surtout de voir comment va jongler le scénariste avec les autres séries… Vont-elles se répondre, apporter des visions différentes ? Vont-elles créer une nouvelle dimension à l’intrigue, apportant de la pure SF à l’uchronie ? Je suis enthousiaste !!!
StepH

