unhorizondecendres2Jean Pierre Andrevon est un auteur français prolifique (une quarantaine de livres) et un incontournable de la SF française. Auréolé de plusieurs prix, ses meilleures œuvres sont régulièrement republiées. Après la réédition de Sukran aux éditions Folio SF (Grand prix de la science fiction française), c’est Pocket qui sort en poche Un horizon de cendres (première édition en 2004 au Bélial).

Kemper, un français sans histoire, rentre chez lui. Sa vie lui semble assez belle, il a une femme et une fille qui l’aiment tendrement, un boulot au crématorium. Il croise un homme qui pue et qui semble très étrange. Plus tard il se rend compte que ce n’était pas un homme étrange mais un mort vivant et que le monde entier connaît des résurrections. Pourquoi sont ils revenus, que veulent-ils ? Ils semblent bien impotents et sans danger. Mais leur nombre ne fait que croître. Ils se baladent bien vite un peu partout, inoffensifs, croisant de leurs orbites vides les regards bienveillants ou menaçants des vivants. Certains, accueillent leurs morts avec affection, remerciant le Bon Dieu pour ce miracle. Bien sûr, la situation s’envenimera lorsque les morts seront trop nombreux… Kemper nous livre donc son témoignage de l’évolution de la situation pour que l’on sache ce qu’il s’est réellement passé…unhorizondecendres1

Pour définir le style d’Andrevon, je plagierai Ellroy (sur un tout autre sujet) en disant que cet auteur est comme un alcool fort que l’on boit cul sec : on le consomme vite et il nous laisse un goût dans le gosier. La focalisation interne nous permet de suivre les sentiments du narrateur, de s’engager sur des réflexions sérieuses. Mais, pour autant, il n’en fait pas un livre intellectuel au sens classique ; on ne s’ennuie pas, les choses avancent vite et l’on ne s’embarrasse pas de trop de psychologie, juste ce qu’il faut pour lancer la petite voix en nous. On remarque aussi assez rapidement les hommages à Roméro et à Matheson.

Au final, c’est un livre très agréable à lire et assez intelligent. Pour autant, il me semble que certaines pistes auraient pu être mieux utilisées, ce qui aurait rendu le tout un peu moins classique. Personnellement, si j’aime vraiment le style d’Andrevon, je regrette un peu certains Gimmicks de l’auteur qui laissent penser que parfois il cède un peu vite à la facilité.

En bref, les fans de Zombies apprécieront et ceux qui recherchent une bonne lecture sans prétention ne regretteront pas même si je leur conseille plutôt la lecture de Sukran qui est beaucoup plus fort.

StepH