mardi 6 septembre 2011

ABNETT, Dan : LA FONDATION.

la fondation" Au 41ème Millénaire, il n'y a que la guerre ". Sur cet axiome, la société anglo-saxonne Games Workshop a développé un jeu de stratégie avec figurine en puisant dans les canons de médiéval-fantastique et en le mâtinant de science-fiction : Le Moyen-Age Technologique où les Orcs , Elfes pardon Eldars – et Humains auraient découvert comment étendre leurs antagonismes par-delà les étoiles. Jouant un rôle majeur dans la niche des jeux de figurines fantastique, la société a diversifié ses activités en commandant à divers auteurs des romans ayant pour cadre ce belliqueux univers. A l'occasion de la réédition de sa saga la plus emblématique, permettez-moi de vous présenter ici l'un de ces auteurs les plus prolixes... et à mon humble avis le plus captivant.

Depuis prés de dix millénaires, l'Humanité porte la guerre à travers l'univers pour atteindre l'accomplissement d'un rêve : voir tous les mondes réunis sous la domination de l'Empereur-Dieu qui règne depuis sons trône d'or de Terra, maintenu vivant par des procédés technologiques aujourd'hui oubliés. La grande part de l'incalculable effort de guerre des humains est porté par la Garde Impériale. Chaque planète est tenue à une dîme précisément évaluée en impôt, matériel ou régiment. Au sein de ces régiments appelés à combattre loin de leur monde natal et bien souvent sans espoir de retour chez eux, une discipline de fer est maintenue par les Commissaires. Orphelins endoctrinés depuis leur plus jeune age et dont les prérogatives ne sont pas sans rappeler celles des officiers d'encadrement des régiments soviétiques.

Ibram Gaunt est un de ces hommes et il vient sur Tanith pour prendre le commandement de trois régiments de soldats d'infanterie légère aux talents plus que prononcés pour la reconnaissance et l'infiltration. Tanith est un monde forestier à la technologie pré-industrielle où les arbres migrent tels de placides pachydermes obligeant les habitants à développer un sens inné de l'orientation et de la survie. Malheureusement, Tanith est aussi un monde condamné. A peine arrivé, Gaunt doit prendre une décision au summum de l'impopularité. Celle d'abandonner ce monde subitement soumis à une invasion de redoutables créatures sanguinaires vouées à des puissances maléfiques. Plutôt que d'engager un combat perdu d'avance, il ordonne le retrait du plus de soldats possible, abandonnant les civils avant l'anéantissement de la planète par des bombardements titanesques.

Ainsi ne dispose-t-il plus à l'issue de cette débâcle que d'assez de soldats pour constituer un seul régiment qui ne pourra se prévaloir d'une longue lignée : Le Premier et Unique de Tanith. Un régiment constitué de soldats sans patrie : Les Fantômes de Gaunt...

Mais même impopulaire, le Commissaire saura mener ses hommes Non par la contrainte, mais par l'exemple, non par le sacrifice aveugle, mais par l'emploi à bon escient des extraordinaires capacités de discrétion de ces soldats. Peu à peu, avec Gaunt on apprend à connaître et apprécier la précision sans pareille et la folie douce du sniper Larkin ; la force de caractère et la volonté farouche du Major Rawne dont le rêve est de planter son couteau dans le dos du Commissaire ; la puissance physique et la gentillesse de Bragg ou enfin la simplicité et le dévouement du soldat de 1ère classe Caffran...

A travers ce recueil des trois premiers romans de la longue œuvre de Dan Abnett, les Fantômes commencent à écrire leur légende...

Si l'on s'affranchit de la visée éditoriale de base : à savoir soutenir la vente de soldats de plomb et de règles et de suppléments pour les faire s'affronter, il reste à mon avis un état de fait. Dan Abnet sait trouver le ton juste pour emporter son lectorat sur le terrain de la science-fiction militaire. En décrivant simplement les faits d'arme d'un régiment d'exception pris dans une succession de conflits, il ne cherche pas à dégager une morale pro ou anti-militariste. Ce sont ces hommes et ces femmes auxquels on s'attache et peu à peu à la communauté qu'ils fondent. Peut-on cependant concéder qu'ils survivent dans des conflits absurdes et gigantesques décidés par des hiérarchies supérieures largement déconnectées des réalités des zones de guerre...

Dan Abnett, c'est aussi une rythme judicieusement adapté aux événements qu'il présente. On est entraîné avec les Fantômes dans la frénésie des affrontements et on supporte avec eux les longues phases d'attente. La diversité des personnages, leurs caractères marqués fait que l'on s'attache à certain et que l'on apprécie peu d'autres. Mais jamais on ne se désintéresse de leur sort au milieu de l'action.

La Fondation ne présente que les prémices de l'extraordinaire légende du Premier et Unique de Tanith. Il est accessible à tous car peu ancré dans les dogmes de l'univers de Warhammer 40.000. Il est un parfait exemple du genre initié avant la Première Guerre Mondiale par le Colonel Driant – connu sous le nom de Danrit – La science-fiction militaire.

Il n'a, à mon humble avis, qu'un seul défaut. En reprenant sa licence de publication après l'important travail de l'éditeur français la Bibliothèque Interdite, l'éditeur anglais original Black Library s'est trompé dans la réédition sous forme de recueil et dans un format peu pratique de cette première trilogie.

Je me fends toujours d'une conclusion dans mes chroniques.

" Quelle soit nécessaire ou justifiée, n'oublier jamais que la guerre est un crime ." Ernest Hemingway.

Pacman.

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Posté par e_maginaire à 21:15 - - Commentaires [3] - Permalien [#]
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Commentaires sur ABNETT, Dan : LA FONDATION.

    Comm' le plus long : record à battre...

    Je me souviens avoir chroniqué ici les trois premiers volets de la saga de Drizzt, de R.A. Salvatore. Ce que tu dis de "La Fondation" me l'évoque, à vrai dire, et plutôt que de donner un avis sur un livre que je n'ai pas lu, je vais me permettre d'émettre des réserves en m'appuyant sur un projet que l'on peut qualifier de relativement semblable, à savoir, un livre inspiré d'un jeu, dans un univers fantastique a priori violent, écrit par un auteur - vraisemblablement - plutôt talentueux, qui possède le sens du rythme, sait dresser ses personnages correctement, tient son univers, etc...
    J'ai continué, après la "Trilogie des Origines", ma lecture de la saga de l'elfe noir ; comme l'avait précisé Steph, Milady se lançait dans une réédittion dans l'ordre chronologique, et l'occasion a fait le larron. Or, en vérité, jusqu'à peu, c'est sans regret que je l'ai fait, à chaque fois ravi de retrouver un univers familier, des personnages attachants et des histoires bien construites. Mais(ben oui, il y a un mais) depuis "Nuit Sans Etoile",la dernière parution en poche chez Milady, une crainte s'est emparée de moi, car il a confirmé une tendance entrevue dans le volume précédent, à savoir, une FORTE PREDOMINANCE DE LA BASTON, et moi, à force, ça me gonfle. Je veux dire, un peu, ça va, mais au bout d'un moment, y a qu'à plutôt regarder les films de Van Damme ou Steven Seagal (je sais pas si j'ai écrit correctement Seagal).
    Bref, j'espère que c'est juste passager et que ça va passer. Qu'il va se reprendre, le bougre.
    Mais c'est un autre sujet et je laisse mon elfe noir pour en venir à ma question, Pacman, car tout le monde l'avait deviné, il y avait bien évidemment un lien avec la choucroute : est-ce que la même chose est-elle pas à craindre du côté de "La Fondation" ?
    (si tu pouvais faire une réponse concise, ce serait top...)
    Merci,
    Zolg.

    Posté par Zolg, mardi 6 septembre 2011 à 22:53 | | Répondre
  • Rep' rap'

    Tout d'abord salut Zolg !! il y avait longtemps que nous n'avions pas échanger et franchement, sa manque...
    En plus je vais pouvoir te répondre parce-que j'ai lu les 6 ou 7 premier tomes de Drizzt...
    Abnet c'est la guerre, que de la guerre. Mais c'est surtout les faits d'armes des Fantômes. Chacun a sa sensibilité, ses qualités, ses défauts et on s'attache aux personnages plus qu'aux conflits. Certes, on comprend qu'on est dans le cadre de conflits absurdes dont les enjeux – des secteurs de la galaxie – sont spectaculaires...
    Après on a a faire à de la guerre «  variée » : guerre de position, guérilla, assaut. Des mêmes hommes face à des défis différents....
    Mais surtout chez Abnet, il y a ce que j'appelle «  un souffle » un rythme qui t'emporte et ne te lache plus.
    Dans la trilogie d'ouverture de Drizzt ce qui est bien c'est le début des chapitre où il fait le point sur lui-même. Cela crée une mise en perspective que tu retrouve souvent chez Abnett que j'apprécie particulièrement.

    Après, j'ai peut-être une sensibilité plus martiale que toi, mais je te conseille au moins de tenter les deux premier romans -surtout le deuxième paradoxalement...- Sinon je ne sais que te dire, j'espère avoir répondu. Sinon on se recontacte hein.

    Pacman...

    Posté par Pacman, mercredi 7 septembre 2011 à 17:04 | | Répondre
  • Ok. Promis, je m'y lancerai un jour (disons, dès que j'aurai atteint au moins la moitié de ma liste de "livres à lire" (listes dont j'ai ouï dire que certains considéraient le dressage comme une véritable pathologie, et jen vérité je dois dire que j'aurais dans le fond bien du mal à les contredire (bien que j'en meurre d'envie))). Mais c'est promis, et quand c'est promis c'est promis. Comme dirait l'autre.
    Toujours à propos de "La Fondation", le passage que tu évoques oussque tu dis que les humains ont le rêve de voir leur "Empereur-Dieu" régner sur tout l'univers, ça me fait penser à un autre livre, pas du tout le même genre, mais qui traite assez finement du thème de la puissance absolue en le poussant à bout : c'est "Des Milliards de Tapis de Cheveux", d'Adreas Eschbasch, et c'est pas mal. Voilà...

    Et puis sinon, c'est vrai, on débat plus assez par ici !

    Zolg.

    Posté par Zolg, mercredi 7 septembre 2011 à 17:21 | | Répondre
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