les epaves de tychoFort longtemps que je voulais chroniquer Clifford Simak ici. Saviez-vous que c'est lui, paradoxalement, qui m'a initié à la fantasy ? Non, personne ne le sait, évidemment, quelle question idiote.

Je dis « paradoxalement », parce qu'il est plus souvent perçu comme un auteur de S.F pure, et pourtant... très tôt, la Confrérie du Talisman, Le Pays du Mal, La Planète Aux Embûches (qui, il est vrai, fleurte avec les limites des genres) m'ont littéralement enchanté ; plus récemment, j'ai découvert avec grand bonheur Le Pèlerinage Enchanté. Mais on le sait, Simak, c'est surtout de la S.F – de la « sweet » S.F ai-je envie de dire –, un auteur dont les adjectifs qui reviennent le plus souvent à son propos sont, je crois (et à juste titre) « généreux » et « intelligent »; un écrivain au style souple et paisible.

Mais voilà : duquel de ses livres vais-je parler ? De l'excellent Demain Les Chiens ? Du non moins bon et original Les Fleurs Pourpres ? Les deux sont très bons, même si, personnellement, j'ai une petite préférence pour Demain Les Chiens. Mais ils sont déjà beaucoup commentés ! Par conséquent, pas la peine de dire ce qui a déjà été dit, surtout quand on est d'accord.

Alors voilà, j'ai fini par trouver : un recueil de trois longues nouvelles, déniché au fond d'un grenier où j'aurais juré qu'il avait rien à faire, et probablement introuvable aujourd'hui – d'ailleurs, dans les rayons, Simak a tendance, je sais pas si vous avez remarqué, à se faire plutôt rare de nos jours. C'est dommage.

Les Épaves de Tycho, donc. Trois historiettes dans lesquelles on plonge sans s'en rendre compte et qui se terminent aussi vite ; trois petits bains de jouvence agrémentés de points de vues originaux tout autant que d'insouciance et de légèreté, trois véritables bijoux, cocasses et surprenants.

Un prospecteur lunaire s'en va chercher fortune au fond d'un cratère maudit en compagnie d'une charmante aventurière...

Un collectionneur de timbre galactiques voit son quotidien et l'ensemble de la destinée de la planète changer suite à une correspondance épistolaire avec un extra-terrestre.

Sur une Terre peuplée exclusivement « d'écrivains » fonctionnant avec des machines à programmer des histoires, un jeune auteur confronté à un problème mécanique va se trouver plonger dans des aventures grotesques pour finir par découvrir des secrets vieux comme le monde...

Voilà pour les résumés ; des univers riches et foisonnant, des personnages d'une simplicité désarmante et qui n'en sont que plus réels, beaucoup d'humour. Simak explore les aspects les plus humains de la SF avec ces trois « contes » au cours desquels il n'hésite pas à virer à 180 degrés pour mieux surprendre son lecteur, sortant des sentiers battus pour offrir des développement pour le moins inattendus. Un régal, donc ; en tant que lecteur, je me suis fait à plusieurs reprises la réflexion que cela faisait plaisir de voir un tel « ponte » s'amuser autant avec ses personnages, y prenant un plaisir enfantin et sans jamais s'appesantir.

Vous l'aurez compris, j'adore Clifford Simak, un auteur que je trouve assez proche de Bradbury, dans ses idées et pas mal des thèmes qu'il développe, avec la nostalgie en moins (ce qui me va bien, personnellement), et je ne peux que vous le conseiller. Après, que ce soit Les Épaves de Tycho ou bien autre chose, sincèrement, peu importe, mais c'est à lire ! Pour revenir à sa présence de plus en plus discrète dans les rayons des libraires, même parfois spécialisées, je suis justement en train de lire Hank Shapiro... , et au-delà du fait que, pour ce que j'en ai lu, il pourrait très bien s'agir d'une histoire de Simak, je trouve que c'est justement un auteur qui est à ne pas effacer ! Il sait jongler entre littérature récréative et réflexion sur l'ordre du monde avec un talent de prestidigitateur, le secret étant, je crois, qu'il ne se pose pas ce genre question. Pour ma part, je ne m'en lasse pas, et j'avoue que j'y reviens régulièrement. Je crois d'ailleurs savoir que je ne suis pas le seul ici à l'apprécier ; est-ce que je me trompe ?

Pour tout vous avouer, je me suis procuré d'autres ouvrages de lui récemment, assez prometteurs en vérité, et je m'engage dès à présent à revenir vous en donner des nouvelles dès que j'en serai venu à bout. Cochon qui s'en dédit !

Zolg.