masterton_manitouCet été, je vous avais présenté le glaçant Démon des morts. Plus que satisfait de sa lecture, je me suis dit qu'il serait opportun de continuer mon exploration du travail de cet auteur. Et puisque Bragelonne nous proposait, au format numérique, une de ses œuvres les plus connues, je m'y suis mis ! Manitou est le premier roman de l'auteur qui n'écrivait jusqu'alors que des guides pratiques sur la sexualité. Pour se détendre, il a commit ce roman qui a été traduit en de nombreuses langues, a été adapté au cinéma et a finalement lancé l'importante carrière qu'on lui connaît.

Harry Erskine est un filou. Voyant de pacotille, il passe le plus clair de son temps entourlouper les petites vieilles. Pourtant, lorsque Karen Tandy passe le pas de sa porte, il se rend bien vite compte que l'occultisme n'est peut-être pas qu'une blague. Atteinte d'une étrange tumeur au cou qui grossit chaque jour, elle fait tous les soirs le même rêve étrange et effrayant d'une plage et d'un bateau... Qu'est-ce que cela signifie ? L’escroc essaiera d'apporter son aide à cette jeune femme qui l'attire visiblement. Mais ses hormones auraient bien fait de lui ficher la paix car l'horreur qu'il connaîtra pourrait bien lui couper l'envie de galipettes...

Masterton ne s'embarrasse pas d'une longue introduction. A peine quelques pages et nous savons tout de l'intrigue. Reste l'action, les scènes d'horreur, la lutte pour la survie et certainement le sauvetage de toute l'humanité. Un peu court, peut-être...

Les personnages sont brossés à grands traits, parfois plutôt incompréhensibles dans leurs comportements (notons deux exemples : un guignol du mystique qui croit finalement au surnaturel, un médecin émérite qui sacrifie volontiers une de ses mains pour ses copains...). L'histoire se déroule sans véritable suspense, à part celui de savoir qui va mourir. On sait qui est le méchant, on sait qu'il va être fort et incontrôlable. On a bien quelques idées pour le tuer, dès le départ, mais on va attendre qu'il soit vraiment là...

Pour ce qui est de l'action, on ne s'ennuie pas, tout s'enchaîne très vite, sans temps mort. Mais en ce qui concerne l'horreur, ce me semble globalement un peu grand guignol, très marqué série B 80'. A mon sens, l'auteur brade la tension et l'angoisse au profit du gore. Si quelques scène sortent véritablement du lot, ce n'est malheureusement pas la règle.

Enfin, sommet de l'intrigue, la lutte pour sauver le monde.! Ici, ça se complique et ça devient amusant ! En effet, Graham Masterton a écrit deux conclusions à ce roman car la première ne convenait pas aux éditeurs américains. Dans la présente édition (comme dans les précédentes, d'ailleurs) l'éditeur a choisi de nous proposer les deux. L'une vaut-elle mieux que l'autre ? Ce qui est sûr, c'est que la version américaine (la première proposée) frôle réellement le ridicule ! Plus chargée d'adrénaline, plus longue, elle nous propose presque littéralement une bataille à la bioman, on a du mal à ne pas rire aux éclats. La seconde (et fin originale), semble pour le coup beaucoup plus intelligente. Pour autant, nous n'en pleurerons pas de joie ! Hommage ou clin d’œil à la guerre des mondes, elle a le mérite de tenter de questionner les responsabilités de nos aïeuls dans l'extermination des indiens d’Amérique. Dommage que les américains n'aient pas pu en profiter...

Une grosse daube donc ? N'exagérons rien. Il y a quelques petites choses à sauver et l'auteur a le mérite de ne pas raconter plus que ce qu'il a à dire. Il me semble surtout que ce roman a très mal vieilli et ce qui aurait pu être d'actualité à l'époque prête aujourd'hui à sourire. En tout cas, ce ne sera pas celui que je conseillerai de cet auteur même si, je n'ose le dire, ce peut être un plaisir coupable, de la même manière qu'une série z de type SyFy (je vous conseille à ce sujet Méga Shark VS Giant Octopus !)

StepH

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