Dès que j'ai entendu parlé de ce film, j'ai voulu le voir. Un film d'horreur produit par Joss Whedon (ceux qui suivent ce blog savent que j'en suis fan) et réalisé par son compère de toujours, ça ne peut être qu'une franche réussite. Mais voilà qu'il n'est pas disponible en VOD. Et puis le temps passe, une nouveauté chasse l'autre et l'on oublie, reléguant la video à la prochaine soirée « on n'a pas osé aller le voir au ciné ». Mais lorsque Sof me propose sa critique, je n'en reviens pas ! Une pure daube ? Impossible ! Pas depuis Bichette la tueuse de vampires (désolé mais le titre Québécois retranscrit tellement la qualité du film dont est issue la série que je ne peux lui donner son titre français!). Il fallait que j'en aie le cœur net ! Le résultat, c'est la première double chronique en mode Versus ! A vous de choisir votre camp !

 

cabane boisQuel est le film d’horreur que vous qualifieriez de navet intégral ? Allez, c’est certain, vous en avez tous un en tête…..Et bien désolée, mais celui-ci risque fort d’ébranler votre Panthéon de la Daube !

Rien que le titre, « la cabane dans les bois », est une promesse en soi, j’aurais du me méfier !

Quant au scénario :

« Cinq étudiants partent passer un week-end dans une cabane perdue au fond des bois. Ils n’ont aucune idée du cauchemar qui les y attend, ni de ce que cache vraiment la cabane dans les bois…. »

Eux non…. mais nous oui.

A la manière d’une émission de télé réalité, une mystérieuse organisation tire les ficelles, a le contrôle de la zone, et oriente les réactions des personnages à coup de gaz chimiques. Je ne veux point trop en révéler mais des zombies seront impliqués dans l’affaire.

Le scénario tient sur un post-it mais c’est la loi du genre n’est-ce pas ? Et puis, la jaquette nous promet un film « imprévisible, jubilatoire et totalement original » (Mad Movies) et même qu’«on en redemande » (l’Ecran Fantastique). Ouaip….

Et si on est pas convaincu, y a qu’à retourner le DVD :

« Imprévisible et jubilatoire, la cabane dans les bois réinvente toutes les conventions du genre. Si vous croyez connaître l’histoire, si vous pensez déjà connaître la fin, vous avez tort.»

J’étais déjà bien appâtée, alors quand j’ai lu « produit par Joss Whedon » (Buffy, Angel, Firefly…), j’en ai presque tremblé d’émotion.

Là j’espère logiquement un film intelligent et non conventionnel, qui se moque des clichés en les détournant, une pointe d’humour, de la violence et un peu de n’importe quoi.

Sur l’humour, la violence et le grand n’importe quoi, on est bon. Et encore, l’humour réside plutôt dans le fait que le film est ridicule que dans les dialogues…. Bref, il reste la violence et le grand n’importe quoi. Dommage, c’est pas les ingrédients que j’aurais gardé.

Les personnages sont exactement tels que l’on s’y attend dans ce genre cinématographique : le musculeux décérébré, la bimbo blonde, l’intello, l’original et la vierge un peu coincée. Que des clichés. Mais une fois le décor planté, on attend le fameux détournement des clichés, celui promis en gras sur la jaquette ! Ben j’attends encore…

Je vous passe l’apparition minute de Sigourney Weaver en fin de film…. Elle devait certainement être en délicatesse avec le fisc parce je ne vois pas d’autre raison sensée à sa présence dans le casting.

Je pense sincèrement que scénariste et réalisateur ont essayé d’innover. Le problème est qu’ils n’ont pas réussi à faire passer le second degré qu’ils avaient imaginé, ou l’ont perdu en route.

S’en suit un film cousu de fil blanc, aux effets très attendus et ridicules.

Enfin, j’ai bien rigolé quand même….

Sof

logo vs                                                  

Une bande de copain projettent de passer le week-end dans la vieille baraque du grand-père de l'un d'eux, au fin fond de la campagne Etats-unienne. Il vont bien se marrer, boire beaucoup, peut-être baiser... Une vrai fête d'étudiants américains quoi... Il y a la cheerleader, le sportif, le geek, le beau boursier et la gentille petite vierge (on ne parle pas du signe astrologique, bien sûr). Mais que font ces hommes en noir à surveiller la petite équipe dans ses préparatifs ? Qu'à cela ne tienne, les voilà partis pour le trou du cul du monde dans le camping car, façon scooby gang. Le taudis qui leur tient lieu de villégiature est à la hauteur de tout ce qu'on peut imaginer, un fourre tout à peine isolé munis de chambres pour voyeurs. Ca va être bon ! Et tous ces vieux trésors à découvrir ! Ils auraient bien pu se marrer s'ils n'étaient pas tombés dans un piège infâme qui pourrait voir toutes ces bonnes graines périr dans d'atroces souffrances. Mais qui tire les ficelles et dans quel but

cabane bois 2

A première vue, La Cabane dans les bois est un bon film d'horreur teenage, comme on les aime. Un groupe isolé, construit de manière archétypale, va mourir lors de scènes incroyables. Revoyez Scream et vous en connaîtrez tous les secrets. Sauf qu'en vérité,ça ne se passe pas du tout comme ça... Enfin si, mais pas comme on le croit. Car les auteurs jouent avec les références qu'elles soient au sujet du slasher ou sur celui du film d'horreur. Evil Dead, La nuit des mort-vivants,... tout y passe. Le scénario ainsi que l'organisation secrète qui tire les ficelles poussent l'intrigue de ce côté là. Avec brio, à mon avis. On s'amuse beaucoup des scènes originales et des clins d’œils qui y sont associés. De plus, le scénariste joue avec les genres, nous plante un décor pour ensuite faire basculer l'histoire vers autre chose. Étonnement garanti.

Mais plus qu'une histoire absolument pêchue et jouissive (comme tout bon film d'horreur teenage), ce film s'ouvre à quelques lectures un peu plus savantes (toutes proportions gardées, soyons sérieux) et chères aux auteurs. Ainsi, on entrevoit des thématiques telles que le libre arbitre, la constance du mal dans les organisations...

La première originalité est de justifier la débilité profonde des protagonistes. C'est une constance dans les films de ce genre mais Joss a le bon goût de le justifier. Il en profite aussi pour aborder une des thématiques de son film et plus généralement de ses œuvres : le libre arbitre et le chemin vers le mal. Ici les gamins sont guidés, influencés mais reste libre de leur actions. C'est leurs défauts, exacerbés, qui les mènera à la mort. Tout du long, des choix leurs seront proposés et ce sont leurs décisions qui engendrera le final carrément fou ! Ce sujet est bien sûr traité de manière légère, avec humour et donne ce ton si particulier au film. Ainsi, on s'attend à certaines scènes, héroïques, et puis flop, Whedon part ailleurs. Déstabilisant pour certains. Moi j'adore.

L'autre thématique récurrente des auteurs présente dans ce film est le crime administratif et scientifique. Dollhouse, Angel, Firefly, connaissent leurs organisations humaines déshumanisées. Le mal vient bien plus souvent de simples hommes qui ont perdus leurs repères, dilués dans une masse confuse, que des nombreux monstres auxquels ils font face. Ces organisations peuvent avoir un bon objectif, mais leur coalition corrompt souvent leur desseins. D'autre part, la science dépasse souvent le cadre éthique pour aboutir à des horreurs.

En résumé, la Cabane dans les bois est un film de genre réjouissant, plutôt teenage, ultra référencé et jouant avec les codes. On ne s'ennuie pas, on s'amuse, on s'étonne des trouvailles des scénaristes jusqu'au final complètement dément. On retrouve aussi toutes les thématiques qui font qu'on adore le Whedonverse. Une vrai surprise, un petit O.V.N.I. qu'il faut à tout prix regarder !!!!

StepH