le canyon hanté

Louis L'Amour, pour ceux qui ne le connaissent pas, est LE grand auteur de western américain ; un type qui a fait quelque chose comme 100 romans, je crois. Ce qui est beaucoup. Quand il s'attaque au fantastique, et sans quitter son rayon de prédilction, je me jette dessus !

Dans le même genre fut évoqué ici-même le très bon Blood Silver de Wayne Barrow ; une autre référence, le fameux Dead Lands, jeu de rôles assez terrible, auquel j'ai d'ailleurs pas assez joué, quand j'y pense. Quoi qu'il en soit, tout ça nous met l'eau à la bouche, non ?

Mike Raglan est journaliste spécialisé dans le démasquage de faux scoops paranormaux. Le triangle des Bermudes, les pyramides d'Egypte et tous ces machin-choses, sectes et phénomènes pseudo ésotériques n'ont plus de secret pour lui. Et quand un vieil ami l'appelle à la rescousse, il se précipite, jamais peur de rien, pour lui venir en aide !

Débarquant au pays des Mesas et des plaines arides, dans le Sud-Ouest des States, Mike va toutefois s'apercevoir que, cette fois, il y a peut-être rien à démasquer, en fait...

Je m'arrête là pour ce qui est de l'histoire. Il est question de mondes souterrains, de dimensions parallèles, de kivas, de pueblos, de revenants... Il est question surtout de l'histoire d'un yankee, un vrai ; un bon vieil américain costaud et sûr de son droit. Le type à qui on la fait pas.

Le roman est malheureusement bourré (mais peut-être que c'est tellement intégré qu'ils le font sans s'en apercevoir, à force ?) d'allusions plus ou moins grossières à la GUERRE FROIDE et à la MENACE CACHEE, avec force éclaircissements et justification sur le concept (pourtant peu complexe...) d'attaque préventive. De plus, difficile de ne pas relever certains incohérences ou absurdités (qui s'expliquent, peut-être,par le coupage du texte par l'éditeur français ? mais dans ce cas, que ce serait mal fait !) : le héros, pour exemple, tombe à la page 175 amoureux d'un personnage dont il nous avait rien dit jusque là, ou presque ; un autre, représentant pourtant une piste sérieuse aux yeux du lecteur, est carrément oublié...

En revanche, qu'est-ce que ça trépide ! Malgré toutes ces réserves, on reste accroché à l'histoire et on tourne les pages en haletant (pas trop fort non plus histoire de pas réveiller les voisins), même s'il nous tarde d'en être débarrassé. Pas un bien grand compliment que je fais là,mais bon... C'est pas pire, en fait. Et l'univers reste bon. C'est ce qui m'a poussé, personnellement, à ne pas poser le livre avant la fin – ce que j'ai horreur de faire, mais qui m'arrive parfois, je dois le reconnaître.

On appréciera, donc, surtout l'ambiance et les connaissances détaillées que nous livre l'auteur sur la culture, l'histoire et les mythes les indiens Hopis et Anazasis ; elles sont au coeur du roman et c'est fascinant ;de mon côté, la lecture achevée, je me suis jeté sur les livres et sites spécialisés, histoire d'en savoir un peu plus. Pour le reste... Il paraît que L'Amour était un pote à Reagan... sans vouloir tomber dans le rejet politique bête et méchant, il faut avouer qu'il véhicule, tout de même, une certaine vision du monde ; sans doute pas la plus large qui soit. Mais ça n'engage que moi.

Zolg.

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