legionJe vous l’ai dit, cette année sera placée sous le signe Sanderson chez Orbit. Après Rêve d’Acier et en attendant ce qui semble être son « grand œuvre », Les Archives de Roshar (dont l’éditeur a décalé la date de publication de près d’un an !), on nous gratifie d’une longue nouvelle de l’auteur, au format poche, en guise d’encas. Bien sûr je suis gourmand et j’ai craqué ! Belle couverture, petit prix (sauf si je fais un ratio prix/page…), traduction de Mélanie FAZI, quatrième de couv’ qui annonce que cette nouvelle est la préférée de l’auteur, tout est fait pour m’inciter à dépenser en attendant le plat principal. Mais après digestion, ai-je vraiment apprécié ?

Stephen Leeds est un homme bien entouré. Dans son manoir vivent des spécialistes en tous genres, de la psy au Navy seal en passant par le philosophe. Ils ne le quittent pas et le conseillent dans son activité de détective (c’est que le manoir ne s’achète pas avec du vent). C’est une belle bande très hétéroclite ! Dommage que personne ne puisse les voir… car ce ne sont que des hallucinations que « Légion » (ah la créativité des psy !) crée. Un bien étrange personnage donc que ce Stephen mais qui conviendra parfaitement pour débrouiller l’affaire que cette femme lui propose : retrouver un scientifique qui photographie à rebrousse temps…

Je trouve toujours difficile de bien résumer un roman mais là, croyez-moi, ce devient vite une gageure lorsque raconter dix pages revient à dévoiler 1/10ème du livre ! S’il y a un vrai défaut à annoncer d’emblée, c’est que le roman est bien trop court ! 94 pages d’inventivité pure ne peuvent que laisser sur sa fin. Le personnage de Stephen Leeds est tellement bien pensé, ces hallucinations semblent tellement humaines, qu’on pourrait bien passer 200 pages de plus avec lui ! Comme d’habitude, Brandon Sanderson fait preuve de beaucoup d’ingéniosité et nous prouve, s’il est encore besoin, que c’est un faiseur d’univers. Il pense à tout, chaque nouvelle page approfondit le contexte, la thématique, et nourrit le scénario. L’histoire, puisqu’elle a été bien nourrie pourrait prendre plus de temps, vivre de nouvelles ramifications, présenter plus longuement son héros. Cependant voilà, la nouvelle doit être une contraction, elle va donc droit au but et le scénario se déroule vite mais n’en oublie tout de même pas d’apporter son lot de questionnements, façon belle SF.

Je fais court, de peur d’être trop prolixe : Légion est un petit bijou d’inventivité, un concentré de Brandon Sanderson à son meilleur niveau. Frais comme un dossier Dresden, avec une galerie de protagonistes charismatiques, mais penchant plus vers le genre SF, cette longue nouvelle s’englouti d’une seule bouchée, libérant ces doux aromes et nous frustrant de ne pas poursuivre avec d’autres plats du même niveau… Ah  que ce serait bien que l’auteur en fasse un roman !

StepH

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