stoner roadcouvCe ne fut pas comme une apparition. Je ne me suis pas levé avec la folle envie de lire Stoner Road. Une couverture qui n’est pas à mon goût, un pitch chelou et puis je ne sais pas ce qu’est ce putain de Stoner Rock. Donc bof. Et puis… Ça m’a eu l’air bien déglingué, façon punk rock la colline a des yeux… La couverture a commencé à me faire de l’œil, je venais de finir un livre bien prise de tête, j’ai dit bingo. Et je ne l’ai pas regretté !

Josh est un camé. Certains pourraient dire un gros loser qui ne fait que se droguer du soir au matin mais lui préfère se voir comme un maître de la défonce, le Doc défonce, qui connaît toutes les arcanes de cet art complexe. Dommage que sa copine le considère selon la première hypothèse et le plaque en conséquence pour se maquer avec son meilleur ami avant de partir à une generator party au fin fond du désert. Après une analyse digne des plus grands psy, Josh se lance à sa poursuite avec l’intention de la reconquérir, presque clean (la coco, ça ne compte pas, si ?). Las, la Dame a disparu mystérieusement. Enlevée ? Notre héros part sur ses traces et n’aura de cesse de chercher que lorsque la chica sera à nouveau dans ses bras. Commence alors une quête qui pourrait bien faire passer son pire bad trip pour un voyage chez les bisounours…

Série B (Z ?) assumée, ce roman est un joyeux fourre-tout extrêmement bien monté et plutôt jouissif. Tour à tour Buddy movie, quête romanesque, roman sous acide, rien ne nous est épargné, mais tout reste bien cohérent. On visite le trou du cul des Etats-Unis accompagné d’un red neck et d’un junkie avec pour bande son les morceaux singulier d’un sous genre métaleux (dont la play list est fournie !). On s’amuse tout du long, de l’histoire tout d’abord, au premier degré, menée tambour battant. Qui a enlevée Ofélia ? Pour quelle raison ? Pourquoi tout le monde est défoncé ? Josh devra démêler les fils de cette intrigue et fera appel à toutes ces connaissances pour cela… Josh d’ailleurs, que l’on apprend à connaître, devient vraiment un moteur affectif de la lecture. Tout est très gros mais le personnage principal reste crédible et surtout très humain dans ses défauts.

Au second degré, on ne peut qu’applaudir la maîtrise technique de l’auteur qui parvient à tenir ensemble un patchwork hétéroclite d’éléments de scénario. Comme je le disais ci-dessus (et comme Julien Heylbroeck l’analyse dans l’entretien bienvenu de fin d’ouvrage), ce roman est à la fois un Buddy movie dans les règles de l’art (regroupant un red neck bien rigide et un gros junkie), un roman fantastique qui pourrait rappeler certains Lovecraft, une quête chevaleresque psychédélique. Une sorte d’auberge espagnole qui pourrait nous perdre en chemin, mais non. Julien mène remarquablement sa barque avec l’aplomb que doivent avoir les œuvres qui ne sont pas sérieuses.

En bref et pour conclure, Stoner Road s’est révélé être une expérience ludique, prenante et assez poilante. Série Z décomplexée, ce roman maîtrisé et très référencé plaira à tous les afficionados de roman trash, de Tarantino et autres artistes bien barrés ! Une petite pépite pour se faire plaisir sur la fin de l’été !

StepH