Frien que des sorcièreslash aujourd'hui sur un auteur – une auteure, pardon – qui fut un temps assez en vogue dans le fantastique français, avant de se tourner (avec bonheur, si j'en crois que ce que je lis ici et là), vers le rayon Jeunesse. J'ai nommé Katherine Quenot.

Rien que pour s'appeler comme ma grand-mère, elle méritait ça.

Rien que des sorcières constitue son second roman, après Blanc comme la nuit ; il s'articule autour de trois nouvelles, chacune parlant d'une sorcière différente, mais qui sont évidemment reliées les unes aux autres, comprend-on (à la fin seulement, mais on s'en doute un peu avant, en fait).

Mais vous pensez bien que je vous dirai pas comment.

Parmi les trois nouvelles, la première, traitant d'une sorcière cachée dans un miroir caché au fond d'un couloir caché dans une maison d'un village caché au fin fond des Ardennes, reste celle qui m'aura le plus surpris : presque désagréable à la lecture, ses personnages caricaturaux et guère attachants m'ont arraché force mimiques et soupirs d'exaspération... et pourtant, une fois tournée la dernière page, on en redemande.

On passe donc à la seconde nouvelle, au moins aussi surprenante. Le personnage principal est une fillette, Miette, aux prises avec une sorcière (son esprit, disons) qui n'est autre que sa grand-mère adorée. Dérangeant, glauque, mais on prend.

Je ne suis pas particulièrement friand des textes nauséabonds ou morbides ; et si le deuxième appartient indéniablement à cette catégorie, que dire du troisième, qui m'aura presque arraché des nausées ? Daphné, parisienne accomplie, revient dans sa région d'enfance, le Berry, où elle est accueuillie par de vieux amis. La première étape d'un parcours initiatique que je vous raconterai pas non plus, non mais, faut pas déconner, z'avez qu'à vous procurer le livre.

Quoi qu'il en soit, là encore, le résultat est détonnant. Un récit maîtrisé, renseigné, qui nous prend par surprise à plus d'une reprise ; un récit que je vous recommande fortement, d'autant que je crois qu'il a gagné, quoi ? Le Grand Prix du Fantastique 1994. Bravo à elle.

Zolg

CITRIQ