punks-elfes

Voici un jeune auteur de chez nous qui mérite d'être suivi, prétend-on ici et là. Il nous propose, entre autres, ce recueil de nouvelles, édité chez Monsieur Toussaint Louverture (et repris par Pocket), et comprenant quelque chose comme dix nouvelles et demi. Très courtes, assez efficaces ; entre un musée assailli par des punks, un représentant en ronds-points, une histoire d'amour et d'adultère touchante , une rencontre avec une sirène lubrique, sans parler de la pseudo "note de l'éditeur", une histoire à part entière, le lecteur vorace en attente de fantaisie et d'originalité en aura pour son argent.

Julien Campredon ose, innove, crée des histoires-patchwork où l'humour et l'absurde jouent le rôle de trame principale, entre deux métaphores ou allusions bien senties. De mon côté, j'ai été surpris de l'étrange coïncidence entre "De l'homme idéal de ma femme, d'elle et de ma maîtresse" et les paroles de la fameuse "Pina-colada song", que nombre de nos lecteurs, cher Jean-Michel, ne peuvent manquer de connaître après s'être procuré l'indispensable B.O. des Gardiens de la galaxie ; toutefois, loin de moi l'idée d'accuser qui que ce soit de plagiat (ou de plagier quoi que ce soit). Le livre est sorti bien avant le film sus-nommé, et quand bien même la chanson date des années 80, le bon Julien pouvait très bien en ignorer l'existence et avoir simplement eu la même idée. Quoi qu'il en soit, en ce qui me concerne, je vous enjoins à découvrir les deux.

Après, pour tout avouer, pour ce qui est de mon avis, je ne suis pas complètement enthousiaste. S'il y a des idées, s'il y a de l'allant, une plume et une vraie intention d'auteur, je trouve que Campredon (qui par ailleurs, scénarise l'excellente série télévisée "La Seria", en occitan), a tout de même tendance à en faire des caisses, et que j'ai été porté à lever les yeux au plafond dès le début du livre. Sans parler de la fin. Comme si, parfois (même si, jamais ô grand jamais on ne fera de moi un apôtre du Sérieux ni non plus un ennemi du Dérisoire), il ne prenait lui-même pas suffisamment ses histoires au sérieux.

Malgré tout, ce n'est peut-être qu'une question de goût, et je crois qu'il s'agit là d'un auteur qu'on ne peut manquer à notre époque. Précipitez-vous, par conséquent ! C'est court, c'est pas cher, et on sait jamais, ça peut rapporter gros.