mardi 13 novembre 2007
BRUSSOLO, Serge : La nuit du bombardier.
Serge
Brussolo est un auteur incontournable de la littérature fantastique et
policière française. Prolifique, chaque nouvelle œuvre est attendue avec
impatience par ses fans. Il fallait donc bien s’y pencher pour voir si sa
réputation n’était pas usurpée. Je m’attaque donc à une réédition sortie en
juin de cette année par folio SF. Bilan : un auteur à part, à l’identité
bien marquée. Moi j’aime.
David a
treize ans. Sa mère vient d’être internée après avoir été violée. L’enfant a
assisté, impuissant, au crime et n’en est pas sorti indemne psychologiquement. Le
livre s’ouvre sur son arrivée à Triviana-sur-mer, petite ville côtière des Etats-Unis,
où sa grand-mère l’a envoyé en pension. L’atmosphère est étrange. Mais ce n’est
que le début. L’Ecole qu’il intègre suit des règles très dures, imposées par l’encadrement
mais aussi par les élèves eux même qui se regroupent en castes. David va devoir
lutter à la fois pour s’intégrer et pour surmonter le traumatisme qui le hante.
Il va, pour cela, devoir démêler les secrets que cachent Triviana-sur-mer,
ville défigurée trente ans plus tôt par le crash d’un bombardier dont on a
jamais trouvé la moindre trace…
Imaginez
Harry Potter ou bien Alice au pays des merveilles mais version cauchemardesque
et vous aurez une bonne vision de ce que j’ai ressenti à la lecture d’au moins
les deux tiers de ce livre. L’ambiance étrange, lourde, s’installe dès les
premières pages pour ne plus nous quitter. On suit de manière tendue la vie de
ce petit bonhomme, souvent à travers ses yeux, ne sachant pas s’il fantasme ce
qu’il voit, s’il est effectivement fou, ou si tout cela est bien réel. D’ailleurs,
cette focalisation interne (si mes souvenirs de terminale sont bons !) renforce
cette impression de suivre Alice de l’autre côté du miroir mais version
horrible. Loin de faire de l’âge de son héros un prétexte à la fragilité, l’auteur
s’attache à jouer vraiment avec ce que voit un jeune enfant et la réponse d’enfant
qu’il y donne. Sans frissonner à chaque page, on se sent mal à l’aise, on se
demande si ce qu’on lit est réel et le risque de folie de David se transmet. Ajoutons
à cette ambiance particulière un style, à mon sens, maîtrisé, ni trop lourd, ni
trop direct qui sert l’oeuvre de manière remarquable.
Puis vient
la deuxième partie du livre. Si le style et le malaise restent, le sujet change.
Et c’est plus une révolution qu’un virage. C’est le moment de l’action. Des
réponses sont données. Si énormes que l’on doute franchement que cela soit la
réalité. D’un cauchemar d’Alice, on passe à un vieux film d’horreur en noir et
blanc. Bizarre, me direz vous ? Et bien, on se laisse avoir ! On est
tellement dedans qu’on suit le héros (dans sa folie ?). Et puis l’auteur
écrit si bien qu’on ne peut rien dire. Pour moi, seule la conclusion n’est pas
tout à fait à la hauteur.
Selon moi
(après seulement un livre, je suis un peu téméraire, mais bon…), la réputation
de Brussolo n’est pas usurpée. Son style est merveilleux, son histoire est
prenante, pleine de références, intelligente. Finalement, ce livre me rappelle
un peu des films comme L’échine du diable ou Le labyrinthe de pan et d’autres
que je ne vous communiquerai pas pour ne pas vous gâcher la surprise de la
deuxième partie du livre… A vous de le lire pour savoir ! Par contre, âmes
sensibles, s’abstenir…
StepH
jeudi 18 octobre 2007
PEVEL, Michel : WIELSTADT.
1620 :
Catholiques et Protestants se disputent le Saint Empire Romain Germanique :
C'est la Guerre de Trente Ans. Dans ce pays ravagé par le conflit, une ville
est miraculeusement préservée : Wielstadt. Cela provient vraisemblablement du
fait que depuis toujours l'opulente cité est protégée par le dernier grand
dragon d’Occident aussi bien des attaques extérieures que des débordements
intérieurs.
Le héros de cette série est le Chevalier Kantz, homme au passé plus que mystérieux. Son adversaire est l’Ombre, manifestation maléfique ou démoniaque sous toutes ses formes. Ses armes sont l'étrange rapière qui pend à son côté et le pentagramme qu'il porte gravé dans sa main gauche.
Une célèbre
malédiction énonce : puissiez-vous vivre une époque intéressante; c'est le cas
pour notre héros : On s'y bat de quarte et de sixte contre des bretteurs pas
toujours humains et on y déjoue de sombres complots. Outre un dragon, on peut y
croiser une fée-demoiselle aux ailes de papillon, un satyre tenant une auberge,
un nain travaillant dans une imprimerie et la Dame Rouge sorte de Pythie
Wielstadter. L'époque est aussi à la Cabbale, l'alchimie, elle est celle où
apparaît une célèbre société secrète : Les Roses-Croix. Quand on sait que les
Templiers sont réapparus avec les invasions ottomanes et que les démons foulent
cette terre, on a les ingrédients nécessaires à un intéressant menu.
Alors pour filer la métaphore culinaire, la sauce prend-t-elle ? L'auteur réussit avec des ingrédients simples mais souvent utilisés. Les condamnés reviennent toujours d'entre les morts pour ce venger de leurs bourreaux (Tome 1 : Les Ombres de Wielstadt.), les démons invoquent toujours des trinités de spadassins masqués (Tome 2 : Les Masques de Wielstadt.) et les nuits sont toujours emplies d'assassins qui découpent les visages de leurs victimes pour s'en affubler (Tome 3 : Le Chevalier de Wielstadt. ) ; Un classicisme scénaristique qui trouve son originalité dans les personnages qu'il présente et les péripéties qu'il fait vivre au héros. Malgré ces ingrédients, l'auteur évite de tomber dans les préparations lourdes où l'on se retrouve à déguster des pavés indigestes mêlant méandres politiques des sociétés secrètes et recherches érudites dans de vieux opuscules poussiéreux. Les plats sont léger et digestes qui se dégustent parfaitement en période estivale. On y trouve avec bonheur intrigues " à la Dumas " comme le dit l'auteur et ésotérisme simple mais intéressant.
On peut cependant regretter que Plevel use aussi souvent du " Copier / Coller " qui font que certaines descriptions sont identiques d'un tome à l'autre. Il vaut donc mieux ne pas déguster ces plats l'un derrière l'autre pour éviter un étrange goût de déjà vu. Respectez quand même l'ordre...
Pacman.
lundi 1 octobre 2007
CLARKE, Susanna : Jonathan Strange et Mr Norrell.
Début
XIXéme, l'Angleterre fait la guerre à l'Empereur NAPOLEON sans que les membres
des clubs ne perdent leur si britannique flegme. Dans certains de ces salons
privés on parle de magie... Mais attention, si entre gentlemen on évoque les
illustres magiciens qui ont émaillés l'histoire de la Grande-Bretagne, si on
s'essaye à l'exégèse de leurs écrits et si on compose leur biographie, on ne
pratique pas. Cela ne se fait pas pour des personnes bien nées... Cela ne se
fait plus depuis 300 ans... Or un dénommé Mr Norrel s'est mis en tête de
réhabiliter la magie anglaise. Et quel meilleur moyen pour inaugurer cette
noble entreprise que de commencer par ramener à la vie la jeune et belle
promise d'un influent membre du gouvernement. Il sera ensuite temps de se faire
guider dans la bonne société londonienne, de s'occuper de la guerre et de
prendre pour élève ce si doué jeune homme qu'est Jonathan Strange...
Vous qui à cet instant lisez cette chronique je me dois dés à présent de vous mettre en garde contre les nombreux dangers de cet ouvrage...
Il me faut
d'abord vous mettre en garde contre son quatrième de couverture. Car le résumé
qui y est proposé me paraît ne pas rendre justice à la subtilité de l'oeuvre.
On est en effet à milles lieux de la classique confrontation entre un maître
bienveillant et un élève impatient de posséder de puissants pouvoirs qui se
détournerait vers des voies obscures.
Il me faut aussi vous mettre en garde contre le style de l'ouvrage. Bien que certains d'entre vous aient l'esprit assez aiguisé pour résister à cet obstacle. J'ai personnellement tendance à aimer les récits vifs et enlevés ; " légers " dans tous les sens du terme même le plus péjoratif. J'ai eu ici quelques difficultés à avancer dans le récit. Certes le style colle parfaitement à l'intrigue qu'il présente. Je le qualifierai personnellement de " sénatorial " : d'un langage des plus recherché, parfait contrepoint à la société anglaise du XIXéme qu'il dépeint, mais qui porte en son sein une tendance à la digression, à une lenteur dans l'exposition qui n'est pas sans rappeler ces vieux messieurs de notre haute assemblée.
Enfin, il me faut vous avertir contre le pire de tous les dangers de ce livre. Si vous ne pouvez résister au deux précédents écueils que je vous ai présentés vous passerez à côté d'une intrigue riche, subtile qui prend le temps qui lui est nécessaire pour se déployer, prés de 600 des 850 pages qui la compose, avant de vous mener tambour battant vers une grande et belle conclusion comme il m'a rarement été donné de lire.
Courage, résistez, cela en vaut à mon humble avis largement la peine !
Pacman.
GAIMAN, Neil : American Gods
Ombre, détenu modèle, est
remis en liberté, après avoir purgé trois ans de prison (soit la moitié de sa
peine). Mais le sort s’acharne sur lui et deux jours avant sa sortie il apprend
que sa femme et son meilleur ami son morts dans un accident de voiture. Il
prend donc dès sa sortie l’avion pour Eagle Point qui est finalement détourné
par un violent orage vers Saint Louis. De là il arrive finalement à trouver une
place pour arriver à destination. Au cours de ce second vol il rencontre
Monsieur Voyageur qui semble connaître beaucoup de choses sur Ombre et qui va
lui proposer de travailler pour lui. Ombre finira par accepter la proposition,
ce qui va faire prendre un tournant décisif à sa vie.
Road movie américain alliant
mythes théologiques anciens et modernité consumériste, ce roman tout à fait original
est extrêmement prenant. On suit les péripéties d’Ombre et l’on découvre en
même temps que lui une autre réalité du monde dans lequel il vit. On est ainsi
petit à petit initié aux règles d’un monde où cohabitent les individus et la
personnification de leurs croyances qui ont évoluées avec les sociétés. 
Ce roman est un petit bijou et l’histoire est à la fois surprenante et extrêmement bien écrite. J’aurais pourtant aimé que Gaiman développe de manière un peu plus approfondie et plus critique les anciennes et les nouvelles croyances qu’il évoque et l’aspect parfois paradoxal du passage de l’une à l’autre, voire de leur coexistence. Je sais que cette remarque relève peut-être un peu du détail… mais c’est aussi parce que lorsque je m’attaque à un Gaiman je mets forcément la barre très très haut et du coup je suis beaucoup plus exigeante et plus facilement frustrée…
Petit bémol également en ce qui concerne le rythme adopté par l’auteur avec une belle longueur au milieu de l’ouvrage qui nous laisse piétiner avec rage… Cependant la fin de l’ouvrage qui est remarquable nous fait oublier ce petit passage à vide.
Donc à lire d’urgence si ce n’est déjà fait.
EVa
jeudi 5 juillet 2007
GREEN, Simon, R. : Traquemort : la guerre.
Quatre chapitres, quatre moments de guerre atroce, rapide,
sanglante. Owen et Hazel sur Brumonde, Gilles, Finley, Evangeline et Julien sue
Haceldama, Kit et David sur Virimonde et enfin tout le monde sur Golgotha. Je
ne vous en dirai pas plus sur l’histoire, rien ne ressemble plus à une guerre
qu’une autre guerre… Bref oubliées les intrigues, ici on parle de boucherie, de
mort par tous les moyens possibles et imaginables.
Assez rapide en définitive, parfois même expéditif, la guerre, c’est la guerre ! Alors on regarde les personnages stresser au début des chapitres, tournant en rond parfois et puis on les voit se battre dans un déchaînement de violence, de sang et de rage. Là tout est plus rapide et parfois l’intensité des combats en pâtit. C’est d’autant plus vrai que certains gros vilains, que l’on nous avait présentés comme presque invincibles, se font méchamment dérouiller en deux pages chrono voire moins.
Je voudrais aussi profiter de cette critique pour rebondir sur le commentaire de Steph concernant les répétitions. Green en effet se répète énormément tant au niveau de l’histoire, des personnages ou du monde qu’au niveau de certaines expressions (traduction à mettre en cause peut-être ?) : « … un tout supérieur à la somme de ses parties… » pour ne citer qu’elle. Alors parfois c’est particulièrement ennuyeux et énervant, mais souvent ça aide bien à se resituer dans le temps et l’espace. Il faut ajouter que c’est particulièrement vrai dans le deuxième volume et un peu moins dans le troisième.
D’autre part, je voulais vous parler des femmes dans Traquemort (toujours rapport à un commentaire !) Ne vous attendez pas à de magnifiques potiches qui font tapisserie, non ici, les femmes sont des bourrins invétérés, foncent dans le tas et réfléchissent après, elles tuent et massacrent à tours de bras… bref elles sont psychopathes et troublantes parfois. Ce sont les hommes qui font preuve de sentimentalisme, qui tombent amoureux, qui se posent des questions. Je généralise, il y a bien quelques exceptions dans les deux camps mais globalement ça reste vrai. Amateurs de femmes dominatrices…
Ce troisième volet de la saga Traquemort aurait pu constituer le dernier volume. Oui mais voilà la fin très ouverte remet sur le tapis tout ce qui a été laissé en suspens dans ce tome. A la fin on se demande même ce qui peut désormais arriver, nos héros sont-ils toujours des mortels, ont-ils vraiment fait les bons choix ? Un semblant de réponse dans le suivant : « l’honneur ».
Fab
lundi 2 juillet 2007
ZELAZNY, Roger : L’enfant de nulle part (édition intégrale) – L’enfant tombé de nulle part suivi de Franc-sorcier.
Voici le résumé de la
quatrième de couverture :
« La bataille fut totale, le clan Detson annihilé par la magie du vieux Mor et ses armées de centaures. Tous ont péri à l’exception du dernier-né, Pol, que personne n’a pu se résoudre à égorger. Le voilà banni dans un univers parallèle : le nôtre. En contrepartie, Mark, un bébé de la Terre, lui est substitué afin de conserver l’équilibre. Bien des années s’écoulent avant que Mor ne comprenne son erreur : Mark, rejeté par le monde médiéval, menace de devenir un danger avec ses inventions toujours plus sophistiquées. Mais le vieux magicien se meurt, aussi rappelle-t-il à lui Pol, l’enfant magique élevé sur Terre. Lui seul est en mesure de contrer son « jumeau ». S’engage alors un combat sans merci entre les deux hommes, celui de la magie contre la technologie, des dragons contre des avions de chasse
Pour la première fois réuni en un seul volume, le cycle de l’Enfant de nulle part est une réussite majeure de l’auteur des Prince d’Ambre. »
J’ai bien aimé l’idée de départ du roman, opposer la technologie à la magie. Mark et Pol sont différents et indissociables… Ils ont choisi des chemins différents pour appréhender le monde qui les entoure. La science pour l’un et la magie pour l’autre. Impossible pari de cohabitation ! Comme faire coexister deux puissances si grandes dans un même univers… Et c’est la guerre. La destruction de l’un, renforce le pouvoir de l’autre. C’est l’hymne éternel des Dieux !!
Enfin le premier tome est très enlevé et les batailles vibrantes et prodigieuses entre les dragons et les avions, entre les monstres légendaires et les mutants issus de la haute technologie… Je ne me suis pas ennuyée une minute et j’ai dévoré ce tome avec délice.
Mais, car il y a souvent un mais, qui vient affadir les premiers propos, le deuxième tome est plus lent et moins riche en émotion pure …Bien que les combats entre sorciers soient excellents, j’ai eu du mal à ne pas sauter plusieurs pages pour aller au fait de l’intrigue. Bon ! je me suis peut-être un peu perdue dans le réseau de fils de tous ces sorciers !!!
En écrivant ceci, je me dis, que peut-être, Zelzany n’est pas un auteur pour moi ? (J’ai l’impression de commettre un sacrilège…). Car je me contrains quelque peu dans la lecture de ses romans, que je me fais violence pour arriver jusqu’au bout… comme le « sérum de la déesse bleue », « Seigneur de lumière ». C’est assez paradoxal car j’adore ses thèmes, la divinité, la mythologie, l’immortalité…
En conclusion, roman à lire l’hiver au coin du feu et en solitaire.
ILLo
vendredi 29 juin 2007
GREEN, Simon, R. : Traquemort, la rébellion.
Pour leur retour, Hazel et Owen commencent fort en
s’attaquant à l’administration centrale des impôts. Mais dans Traquemort, rien
ne se passe jamais comme prévu et le Capitaine Silence et l’Investigatrice
Givre vont avoir fort à faire pour dénouer la situation. Les rebelles
s’organisent et choisissent des cibles stratégiques, les véritables ennemis
montrent leurs vrais visages… la rébellion commence et la guerre pointe le bout
de son nez.
Le premier tome marquait par sa diversité et un bon compromis entre le rythme et la description, il plantait le décor et présentait les héros. Ce nouvel opus s’attarde plus sur les personnages entrevus ou secondaire du premier, en introduit de nouveaux et laisse un peu de côté les vrais héros. L’intrigue a la part belle, les complots se précisent, les alliances se forment… Les combats sont toujours présents mais avec une place et une intensité moindre que dans le premier. On en profite pour entrevoir les réels talents de nos héros.
Les relations sont toujours aussi soignées entre les divers protagonistes et on entre même plus en profondeur dans la psychologie de certains personnages, dans leur intimité parfois. On s’attendrit, on rigole beaucoup et on prend son temps. Oui le rythme est cette fois-ci – j’en suis certain – plus lent que dans le premier. On parle énormément, on entre largement dans la tête des personnages, on suit avec précision les intrigues à tous les niveaux. La scène finale va au contraire crescendo tout à la fois hilarante et morbide… du Traquemort quoi !
Impossible pourtant de s’arrêter, on voit les changements se profiler dans l’empire et les menaces qui se précisent entretiennent le suspens. Un peu frustré cependant de ne pas avoir suffisamment vu Owen, Hazel et quelques autres, on comprend facilement qu’ils auront le beau rôle dans le prochain volume : la Guerre.
Sincèrement, je me suis un peu plus ennuyé à partir de la deuxième moitié du bouquin : le dernier chapitre paraît parfois interminable mais les dernières parties remontent bien le niveau. Sinon le Capitaine Silence et l’Investigatrice Givre sont des personnages qui prennent toute leur ampleur et ils sont vraiment supers. On s’aperçoit aussi que les menaces qui pèsent sur l’empire sont réelles et on ne sait plus qui des rebelles ou de l’Impératrice à raison, ce qui tend à (me) prouver que l’intrigue est bonne. Bref, je ne regrette toujours pas de m’être remis à lire cette série et je passe au troisième avec l’envie furieuse de redécouvrir la suite.
Fab
dimanche 17 juin 2007
GREEN, Simon, R : Traquemort : le Proscrit.
« Le Green est light ! » avons-nous dit lors de précédentes critiques oui mais voilà, il y a aussi du Green « fat » et c’est pour notre plus grand bonheur ! Quelle joie de retrouver Owen Traquemort, le proscrit, Hazel d’Ark, pirate et trafiquante de clones, Jack Hasard, la légende vivante, Tobias Lune, l’homme ajusté, Rubis Voyage, la chasseuse de prime, Lionepierre, l’impératrice, Finlay Campbel, Evangéline Shrek et bien sur mon préféré Valentin Wolfe. Pour e-maginaire, je me suis replongé dans l’univers fascinant de la série des Traquemort (5 tomes jusqu’à présent) et je vous livre mes impressions de deuxième lecture, cinq après la première !
Owen se remet tranquillement de sa nuit avec sa maîtresse quand il apprend de la pire des manières que l’impératrice Lionepierre XIV l’a déclaré hors la loi. Il réussit à s’enfuir de son château avec l’aide d’Ozymandias et rencontre dans sa fuite Hazel d’Ark tout juste remise d’une attaque de croiseurs interstellaires. Ainsi se rencontrent les deux héros que rien ne rapproche sinon leur situation inconfortable. De planète en planète, vont se rallier à eux une véritable petite équipe qui va devoir remettre de l’ordre dans l’Empire ! De leur côté, sur Golgotha, Finley Campbel et Valentin Wolfe papillonnent entre secrets, intrigues et machinations alors que la résistance des clones et des espsis s’organise contre le pouvoir oppresseur.
Dans un univers à la croisée des mondes, sorte de melting-pot de tout ce que la SF a pu produire, Green nous plonge dans un univers assez noir où tous les coups sont permis. La loi du plus fort règne, l’esclavage fait partie des institutions, on tue pour le plaisir et on prend plaisir à tuer dans des feux d’artifices d’hémoglobine ou tout autre liquide un peu visqueux qui s’en rapproche. Impossible de décrire en quelques lignes un Empire très complexe auquel est consacré se premier tome. On entrevoit les rouages grinçants d’un monde où rien ne va plus à travers les différentes intrigues et les réflexions personnelles des personnages. Malgré la longueur des descriptions on en redemande tant on a l’impression d’y être.
Les atmosphères dépeintes sont souvent très lourdes mais les réparties humoristiques des personnages réussissent parfaitement à nous arracher des sourires en pleine boucherie. Justement, leur caractère est absolument bien pensé, de chapitre en chapitre, ils sont tous fidèles à eux-mêmes et c’est vraiment un régal que de les suivre de bout en bout. De plus Green réussit le tour de maître de leur faire rencontrer des situations toujours différentes, toujours plus dangereuses et toujours plus incroyables. Une variété des plus appréciables dans un livre de cette longueur.
Je ne saurais vraiment dire si le rythme est plutôt lent ou rapide, pour ma part il est parfait : on prend le temps de connaître l’univers, les personnages et quand on arrive aux combats, tout se précipite et part dans tous les sens et la plupart du temps en vrille totale… le juste milieu peut-être ! J’admire aussi la cohérence des personnages et leur parfaite intégration dans le monde aussi complexe et bien pensé soit-il.
Bref, faites attention avant de vous lancer dans cette série car vous risquez de dilapider tout votre stock de congés afin d’en arriver au bout tant elle est prenante. Pour moi ce premier tome est vraiment exceptionnel, même en deuxième lecture, il pause les bases de l’univers et vous fait connaître les personnages. Il se lit très facilement mais il demande un certain effort de mémoire à cause de la foultitude de détails qu’il énonce. De plus la variété est très appréciable, tant dans l’action que dans les planètes visitées ou les caractères. Avec Traquemort, on oublie facilement qu’il existe un monde réel qui nous entoure !
La suite pour le tome deux : «la Rébellion ».
Fab
jeudi 14 juin 2007
STROUD, Jonathan : L'amulette de Samarcande (La trilogie de Bartiméus).
J'errais
dans les rayons de ma librairie, en mal de lecture. Vu le rayon francais (Hugo
et autres Verlaine), je me dirige vers le rayon anglais. Faute de grives... Je
tombe sur une couverture sympa, un livre épais donc qui tiendra longtemps.
J'achète. Une semaine plus tard, j'embêtais une employée de la même librairie
pour qu'elle me trouve la suite... Pourquoi?
Londres,
aujourd'hui. Nathaniel est un petit garçon adopté. Son maître est un magicien.
Les magiciens, pour éviter les luttes de lignées, ont interdit d'eux même la
parenté parmi les leurs. Ils sont d'ailleurs ceux qui dirigent la Grande
Bretagne actuellement, leur gouvernement contrôlant tout, et laissant très peu
de liberté aux gens du peuple non pratiquant de l'art.
Nathaniel est très
doué. Encore enfant, il arrive tout de même à invoquer un Djiin, Bartimeus. Il
lui ordonne de voler un objet de pouvoir chez un magicien du gouvernement. Les
ennuis commencent, et l'intrigue se noue.
Que dire de plus
que : passionnant? J'ai acheté ce livre en anglais, et je l'ai dévoré en une
semaine. Les pouvoirs des magiciens provenant des "démons" qui ne
sont autres que des Djiins ou assimilés, le système politique du pays, la société
opprimée mais contrôlée et supportant son gouvernement, tout cela est très bien
amené, et surtout dévoilé petit a petit, comme Nathaniel le découvre.
Mais le vrai intérêt
du livre, ce sont les personnages. Nathaniel est ambitieux, arrogant, mais il a
un certain charme de pureté et de naïveté dans ses actions. On se prend même à
s'attacher a lui. Le deuxième personnage, Bartimaeus, est une bouffée d'oxygène.
Cynique, mauvais, hautain, il est quand même celui que l'on attend sur ses
actions, et surtout ses commentaires. Toujours à se mettre en avant, toujours à
se dire le plus fort. Ses explications en bas de page sont légion, et à chaque
fois ou presque, c'est pour dire à quel point il est fort ou à quel point ses
adversaires sont faibles. Les parties sur lui sont d'ailleurs écrites à la
première personne, alors que celles sur Nathaniel le sont à la troisième.
Un joyau, première
pierre d'une série de trois. Il vous tiendra en haleine jusqu'aux dernières
pages.
Paquito del Japon
mardi 12 juin 2007
MIEVILLE, China : Le roi des Rats.
Mieville est un de ces auteurs fashions : il faut l’avoir lu et en parler en soirée. Ces deux autres romans, Perdido street station (grand prix de l’imaginaire) et Les scarifiés, ont eu un bon succès critique. Autant vous dire que ce n’est pas ce qui me donne envie de le lire. Pourtant, je dois avouer que je suis assez d’accord avec l’intelligentsia de l’imaginaire, Mieville est un auteur habile et prometteur. Le Roi des Rats est le premier roman qu’il a écrit.
Saul rentre chez lui, à Londres. Enfin, plutôt chez son père avec qui il ne s’entend pas forcément très bien. Il s’endort et se réveille le matin, entouré par les flics qui l’inculpent pour le meurtre de son père. Sa vie s’effondre… Mais c’est sans compter la visite d’un homme étrange qui se prétend son oncle et qui l’aide à s’évader par des moyens peu orthodoxes. Saul ne contrôle plus rien… Il serait, selon son nouvel oncle, de sang royal, sa mère appartenant à la famille souveraine des rats !
China Mieville adore Londres et ça se voit ! La ville est presque un personnage mais l’auteur s’amuse avec, la travestit pour nous en montrer les coins les plus sombres. Saul y évolue accompagné de personnages hauts en couleurs et l’on se sent hypnotisé par les mésaventures de notre héros. Mieville y ajoute de la musique, qui finit par rythmer la lecture.
Le roman reprend un conte allemand célèbre, et joue avec, utilisant comme Neil Gaiman les ficelles du conte de fée en les détournant. Le Roi des Rats se rapproche d’ailleurs de Neverwhere (il va falloir que j’en fasse une critique à force d’en parler !) même s’il n’en a pas toutes les qualités. Il se lit sans problème, aborde des thèmes intéressants et fait rêver mais il manque un petit quelque chose qui le mettrait au même niveau que Neverwhere… Néanmoins, l’originalité de l’histoire, les qualités littéraires du roman, me font dire que Mieville est un très bon, à surveiller. Pour moi, il fait partie du top 10 des romans 2006 !
StepH




