dimanche 31 août 2008
AVELLONE, Chris : Planescape : Torment
Chose promise, chose due : une critique d'un jeu de rôle,
que dis-je, d'un formidable jeu de rôle – l'immémorial Planescape : Torment de
chez les regrettés Black Isle (Baldur's Gate, Fallout, Icewind Dale...).
Dans l'étrange cité de Sigil, ville des portes, le joueur
incarne Sans-nom, un homme au corps balafré qui a réussi à vaincre la mort...
et se réveille à la morgue. Un crâne flottant l'accompagne, bavard faire-valoir
qui lui permettra de se mettre en quête de sa mémoire, de son passé. Et c'est
parti pour une plongée onirique dans un jeu dont la force tient pour
l'essentiel à son un univers à la fois sombre, éclaté et cohérent, où il est
souvent question de réfléchir, de discuter (les dialogues sont impressionnants
de variété et de richesse, dans un vocable tout-à-fait particulier, mention
spéciale à la traduction au passage) avant de frapper. Les originalités du jeu
sont nombreuses, entre les tatouages faisant office de protection vous évitent
de partir à la recherche d'armes et d'armures toujours plus puissantes, et
c'est déjà un gain sur le sens du jeu ; l'histoire et les décors sont
extraordinaires, et surtout, les compagnons possibles se révèlent
scénaristiquement très riches, les nombreuses factions auxquelles on se
retrouve confronté ; une plongée fascinante et rafraîchissante dans un monde
unique, venu d'on-ne-sait-où. On y rencontre une vieille méchante sorcière avec
laquelle on a passé un contrat morbide, de sordides marchands de cadavres, la
tenancière d'une « maison des plaisirs intellectuels », un robot
avide de liberté et d'une personnalité à lui, quelques zombies pas si sordides,
un sorcier fou changé en torche humaine et un autre, plus lubrique, changé en
armoire dans une maison de tolérance...
Les quêtes secondaires sont très
intéressantes, mais que dire de la principale, qui vous mènera de ville en
ville, de plans en plans jusqu'au néant final. Les objets mystiques aiguisent
réellement notre curiosité (on a parfois l'envie d'entrer dans le jeu pour
pouvoir les retourner dans tous les sens et comprendre où ils vont nous mener),
les messages laissés à vous-mêmes s'éclairent au fil de l'intrigue... Bref, un
chef-d'oeuvre, servi par des graphismes sympathiques, ni trop modernes ni trop
désuets. Y a qu'à y jouer, vous comprendrez. Plus qu'un jeu, c'est tout un
univers à découvrir, et à une époque où on a plutôt tendance, il faut
l'admettre, à se voir servir du réchauffé, ça fait du bien. Comme l'impression
de passer une centaine d'heures (un peu plus, un peu moins, je compte pas
vraiment) devant un écran de cinéma ou plongé dans un livre à rallonge... On en
regrette évidemment qu'il n'y ait pas de suite ni d'add-on disponibles.
Pour revenir sur une réflexion engagée ici-même, je tiens d'abord à préciser que j'ai longtemps été un non-gamer – concernant les rpg, s'entend. Avant tout adepte des dés et des bonnes vieilles fiches de perso qu'on trimballe dans sa chemise cartonnée, certaines années m'ont connu sceptique vis-à-vis de la pratique informatique. C'est Baldur's Gate qui m'a fait changé d'avis, en me permettant de découvrir un univers formidable, celui de Dongeons et Dragons mis en images (autrement que sur vidéo-cassette, heureusement...), et je dois avouer qu'aujourd'hui, après quelques années de pratique, je rejoins l'avis de Pacman et de Mr. Jack (j'ai cru comprendre qu'ils étaient plus ou moins d'accord) : le jeu vidéo est bel et bien une forme d'art en expansion. C'est tout un plaisir, parfois, d'être un vieux traditionaliste et de s'apercevoir qu'on a tort.
Seul problème : il est paraît-il difficile à trouver. Mais en cherchant bien...
Zolg
lundi 30 juin 2008
MOLYNEUX, Peter : Fable : the lost chapters.
Un jeune
garçon insouciant coule des jours heureux avec son père et sa sœur dans un
petit village. Un groupe de brigands rase et extermine l’intégralité de la
bourgade. Seul le jeune homme reste sauvé par un Héros.
Votre
aventure débute sur ces faits et déjà les choix commencent. Les choix ?
Oui car toute l’architecture du jeu repose sur vos choix qui détermineront une
grande partie de l’histoire. Orphelin, vous devrez choisir entre vengeance,
normalité ou violence. Tout ceci déterminera les groupes que vous pourrez
aborder, la façon dont les gens vous parleront et vous percevront.
Les ambitions du soft étaient grandes et, au final, pas si impressionnantes (rappelons que la première version Xbox sortit en 2004). Je m’explique : le créateur Peter Molyneux, connu pour ses jeux un peu mégalo (populous, theme hospital ou Black and white), voulait un soft où chaque action entraînerait une réaction qui influencerait radicalement l’histoire. Hélas pour lui en 2004 les moyens techniques dont il disposait ne suffirent pas. Ainsi le jeu est mi-figue, mi-raisin. Incontestablement bon au niveau de la réalisation (bien que quelques bugs ternissent le tableau en version PC), l’histoire est assez banale, et le concept de l’alignement bon ou mauvais ne s’avère pas si indispensable ou brillant. Le seul atout majeur de ce système réside dans l’apparence de votre héros. Ainsi cela n’a aucune influence sur les pouvoirs que vous obtenez ou les armes que vous pouvez acquérir.
Là vous vous dites que le jeu ne vaut peut-être pas la peine ! Au contraire pour la première fois de mémoire de joueur, on incarne un personnage que l’on voit grandir puis vieillir. On peut se marier (les enfants ?), on peut prendre le temps de pêcher, on peut rendre service aux villageois etc… Bref on peut prendre son temps. Le monde est super sympa et très vivant. On peut interagir avec quasiment n’importe qui avec un système d’expressions simple et pas mal pensé (roter, péter, prendre une pause de héros, prendre une air méchant etc…). Le gameplay est lui aussi très bien pensé et parfaitement adapté au PC (la version à laquelle j’ai joué), avec une mention spéciale pour la magie. La narration est également super sympa, même si parfois elle permet des galipettes scénaristiques assez bizarres.
Un jeu qui fait passer un très bon moment, comptez une cinquantaine d’heures, correct ! Un bon investissement d’autant plus que son prix est désormais mini !
Fab
vendredi 23 mai 2008
ANCEL, Michel : BEYOND GOOD & EVIL.
Les jeux
vidéos n'ont pas la persistance des livres. Toujours plus beaux, plus
ergonomiques, plus immersifs, plus longs, l'évolution technique et
l'incompatibilité de certains systèmes font que les jeux les plus récents
chassent les plus anciens. On relit de vieux livres mais on rejoue rarement de
vieux jeux. On peut citer de " grands classiques " de la
littérature, même fantastique, le terme ne s'emploie pas pour les jeux vidéos.
Je vais tout de même vous parler d'un de ces jeux, sorti en 2003 que j'ai pu
reprendre avec énormément de plaisir.
La planète Hyllis vit sous la menace des attaques menées par les extraterrestres DomZ qui enlèvent ses habitants. Un système de boucliers est le premier rempart contre ces attaques et sinon les soldats d'élite des Sections Alpha sont là pour défendre les citoyens. Tout du moins c'est ce que martèlent les médias officiels. Car après avoir repoussé une attaque suite à la défaillance du bouclier de son île, Jade, l'héroïne, en voit tout le mérite revenir aux Sections Alpha. Nous cacherait-on quelque chose ? Contactée par le groupe de résistants du Réseau IRIS, Jade va user de sa carte de journaliste pour mener son enquête et faire éclater la vérité.
Derrière ce
court résumé se cachent milles bonnes idées. Graphiquement, ce jeu au look de
cartoon (Mention spéciale aux Hippo-rasta du garage Mamago...) ne semble jamais
accuser son âge et donne à voir des paysages insulaires de carte postale des
tropiques superbement rendus. Scénaristiquement; " Beyond Good &
Evil " est un jeu où l'on passe allégrement du combat à
l'infiltration, de l'aventure à la résolution de petites énigmes, de la course
d'hovercraft à la photographie animalière (Jade est avant tout reporter et
gagne ses sous en prenant des clichés des bêbêtes d'Hyllis aux noms
scientifiques des plus farfelus). On s'attache à l'héroïne et à ses compagnons
de voyage dans les phases coopératives. C'est enfin musicalement que ce jeu
capture définitivement l'attention du joueur.
Ce jeu est
inclassable : fable poétique, critique des sociétés ultra-sécuritaires
emballées dans un jolie paquet médiatique, film d'animation pour les petits
comme pour les grands. Pour toutes ces raisons " Beyond Good &
Evil " est un jeu que l'on rejoue et que l'on prête à d'autres. Son
ancienneté faisant que la quasi-totalité des machines actuelles l'acceptent, sa
qualité faisant que la quasi-totalité des joueurs l'apprécieront.
Michel ANCEL, qui a aussi créé le personnage de Rayman, a passé avec son équipe trois ans à développer ce jeu, alors certes en 2008 ce point peut prêter à sourire pour les plus hardcores des gamers, mais il n'a pas perdu son temps et ne vous fera pas perdre le votre, je vous le garanti. Ses seuls défauts : Une prise en main un petit peu laborieuse et une titre " Beyond Good & Evil ", " Par-delà le Bien et le Mal " que je trouve austère et peu attirant ; Mais que dire de mieux...
Pacman.
mardi 18 décembre 2007
ROBIN, Regis : CHAOS LEAGUE – MORT SUBITE.
" -
Mesdames et messieurs bonsoir, bonsoir et bienvenu sur le blog e-maginaire où
Jean-Mimi et moi-même allons vous commenter, que dis-je critiquer le jeu Chaos
League - Mort Subite.
-
Critiquer, critiquer, comme vous y allez Thierry. Nous allons essayer de nous
montrer objectifs et faire consciencieusement notre travail de journaliste.
- Ecoutez
Jean-Mimi, on va travailler comme d'habitude : Je vais envoyer et c'est vous
qui rattraperez mes bourdes.
- Oui,
donc... Chaos League est un jeu de sport dans lequel deux équipes de onze
joueurs se disputent un ballon pour l'amener dans la zone d'en-but adverse afin
d’y inscrire des " touchdowns ".
- C'est
surtout l'occasion pour Vingt-deux types avec un sale caractère de se mettre
joyeusement sur la g...
- Oulala
Thierry, l'affrontement physique n'est que la partie visible de la finesse de
ce sport : passes, courses, usage de la magie, rien n'enchante plus qu'un beau
match où les actions et les feintes sont toutes spectaculaires et spécifiques à
chaque peuple.
- C'est
surtout l’occasion de voir un gros orque choper un elfe en collant par les
oreilles et lui enfoncer ses crampons dans le c…
- Thierry,
Thierry, c'est en effet une façon... particulière d’expliquer à nos lecteurs
que la particularité majeure de ce jeu est de voir évoluer les races de
l'heroïc-fantasy : elfes donc (sylvains ou noirs), nains, humains, orques,
gobelins...
- Ah oui,
un beau ramassis de fiers guerriers, mais il a aussi fallu qu'ils nous collent
leur animaux de compagnie : les galopins, des gnomes qui utilisent des machines
à vapeur ou les ciguës, des hommes-lézard à la peau venimeuse ou les prétoriens
des hommes-chat qui courent vite mais qui ne sont pas, mais alors pas du tout
solides ! J'espère qu'au moins ils sont assez solides en fin de match pour
pouvoir se réconforter entre eux sous la d...
- Enfin
Thierry, restons concentrés sur le jeu ! Regardons évoluer deux équipes dans
une confrontation qui semble à priori jouée d'avance et constater que les plus
vindicatifs ne sortent pas toujours vainqueurs.
- Ah mais
parlons-en, Jean-Mimi ! Un coup de fumigène pour se planquer et après y'a plus
qu'à essuyer ses crampons sur un adversaire à terre ! Pas vindicatif pour deux
sous, mais y'en a beaucoup que ça va faire b...
- Mais
arrêtez de monter en épingle l'action pour laquelle les arbitres sont des plus vigilants...
- Ceux-là
depuis qu'ils ont compris le sens des mots " pot-de-vin ",
ça leur fait de l'argent de poche pour finir aux p... "
(...)
Un double rêve de réalisé. Celui d'imiter le duo de commentateurs sportifs le plus célèbre et dont la répartie été parfois bien plus navrante que celle tenue ici. Et celle de vous parler de Chaos League - Mort Subite.
En lisant les propos quelques peu décousus de nos amis vous avez compris que Chaos League est une sorte de football américain joué par des elfes, des nains et autres. Evidemment très inspiré du vénérable Blood Bowl de Games Workshop - L'éditeur du jeu vidéo et du jeu de plateau se sont d'ailleurs associés pour nous offrir bientôt un Blood Bowl sur PC - On crée son équipe, on la fait jouer et évoluer : les joueurs prennent de l'expérience et gagnent des nouvelles compétences et des nouveaux pouvoirs. Les caisses de votre équipe se remplissent et vous permettent de recruter de nouveaux joueurs, des champions ou des "Big Foot" des gros monstres castagneurs.
Le jeu est
assez bien équilibré pour que chacun y trouve son bonheur, en fonction de sa
race de prédilection. Chaque équipe s'adapte assez bien au style de jeu de
chaque joueur, je connais un individu qui fait jouer une équipe de nains en
passe…
Chaos League est loin d'être une référence au niveau graphique… Mais bon il est rarement demandé à un jeu de foot de rassembler les dernières évolutions de la motion capture… Et oui comme ça si vous avez une machine qui date un peu vous pourrez y jouer quand même. Préférez Chaos League - Mort Subite (le rouge) au vieux Chais League (le marron), il est mieux fini, contient plus d'équipes et corrige certains bugs d'animation du premier. Il est d'ailleurs sorti dans tous les bons magasins en jeu à bas prix.
N'hésitez
pas, bons matches et comme pourraient le dire certains bonne b…
Pacman.
mardi 19 juin 2007
CAGE David : FAHRENHEIT.
Dans un New York contemporain dont un hiver particulièrement
rude redessine les rues, vous êtes Lucas Kane. Après vous être
consciencieusement scarifié les avant-bras, assailli de visions étranges, vous
allez tuer un homme... Devenu un fugitif recherché, vous serez poursuivi par
deux inspecteurs: Carla Valenti et Tyler Miles. Vous incarnerez tour à tour ces
trois personnages.
Vous n'en tirerez pas plus de ma part sur l'intrigue. Car c'est son mystère qui fait la force de ce jeu. Alors plutôt que de vous dire ce qu'est Fahrenheit parlons de ce qu'il n'est pas.
C'est véritablement, et sans ambages un film d'animation interactif où les instructions de jeu, qui parfois occupent le centre de l'écran, ne nuisent en aucun cas à la lisibilité de l'action et à l'immersion dans son superbe scénario.
vendredi 18 mai 2007
Square Enix : Final Fantasy 12
Magnifique,
merveilleux, extraordinaire… mais !
Ahhhh, Final Fantasy, le rêve pour des milliers de rpgistes console… de belles histoires, de belles images, un bon son, que du bonheur ! Ce dernier FF ne fait pas exception à la règle et se paie en plus le luxe d’innover. L’histoire y est beaucoup plus profonde que dans la plupart de ses aînés, les graphismes sont grandioses, le nouveau système de jeu parfait…
Oui mais,
Final Fantasy a toujours été une série assez grand public, jamais insurmontable
et pas très difficile à prendre en main. Et bien cela a changé ! Bien que
formidablement bien pensé le nouveau système de jeu est plus complexe que dans
les autres volets, déroutant au début, très dense à la fin, la progression est
laborieuse surtout au début, à moins de passer du temps à faire des niveaux, ce
qui ne gênera pas les puristes mais qui contrariera les joueurs occasionnels.
Bon, en matière de FF je me classe parmi les puristes et donc j’arrête là les critiques car ça me fait très mal ! Ce jeu est tout bonnement exceptionnel et c’est peu de le dire ! J’ai tout particulièrement accroché aux musiques qui sont d’une qualité incomparable. Les environnements sont vastes et les quêtes nombreuses, le guide de jeu est d’ailleurs presque indispensable selon moi si l’on veut arriver à tout faire dans de bonnes conditions.
L’histoire vous baladera de combats en révélations, d’amitiés en trahisons et sacrifices… La narration est parfaite, le monde d’Ivalice dense, vivant et magnifique. Les personnages sont soignés tant dans leurs caractères que dans leurs apparences (on pourrait d’ailleurs dire qu’il s’agit d’un FF chevelu ^_^). Il est vrai que par certains côtés il ressemble à Star Wars. Qu’importe tant la qualité est au rendez-vous !
Ai-je besoin d’en dire plus ?
Fab


