jeudi 7 juin 2007
PRIEST, Christopher : Le Prestige.
Andy
Westley, journaliste au Chronicle à Londres, reçoit un livre expédié par son
père : Les secrets de la magie,
d’un certain Alfred Borden. Il doit par ailleurs enquêter pour son journal sur
une secte installée dans un manoir de Caldlow et plus particulièrement sur les agissements du père Franklin. Au cours
de son enquête, il va rencontrer Kate Angier qui semble connaître beaucoup de
choses sur son passé… Andy, lui, sait seulement qu’il est né Borden, qu’il a
été adopté très jeune et que depuis toujours il ressent la présence et le
manque d’un frère jumeau. Cette rencontre va bouleverser Andy. Les documents
que possèdent Kate vont tous deux les plonger dans l’histoire de deux illusionnistes
rivaux du début du XXème siècle : Le Grand Danton (Rupert Angier) et Alfred
Borden, leurs arrières grands-pères respectifs.
Roman époustouflant… A dévorer avec avidité… Petit bijou de la littérature de l’imaginaire… Rien que ça !
Christopher Priest nous bluffe du début à la fin du livre. L’histoire est passionnante, extrêmement prenante et très bien écrite. Les personnages sont d’une humanité débordante. La lutte acharnée entre les deux illusionnistes en quête de la gloire suprême est d’une finesse incroyable : tous deux emportés dans un combat qui les dépasse, qui débute et se poursuit sur des quiproquos et qui nous rappelle à quel point on ne se comprend pas si l’on ne communique pas. Et pourtant, comme ces deux hommes se ressemblent et comme leurs vies et leurs fins sont pareillement solitaires !
De plus, la présentation du roman porte en elle-même l’originalité et la subtile richesse de cette histoire. Ainsi, on suit successivement 4 narrateurs : Andrew Westley, Alfred Borden, Kate Angier puis Rupert Angier. Ces focalisations subjectives et successives nous permettent de découvrir, à partir de points de vue qui se distinguent nettement, des évènements communs. Au-delà de la qualité incontestable de l’écriture et de l’histoire, c’est là que réside à mon sens la force de cette œuvre.
EVa
O'BANNON, Rockne S. : Farscape.
Ah! Farscape, John Crichton, Aeryn Sun,
Zhaan, D’Argo et Chiana… Des personnages haut en couleur qui m’ont
fait rire et pleurer… mais surtout rire pendant quatre, trop courtes, saisons,
88 épisodes et 2 téléfilms.
« Je m'appelle John Crichton ... Je suis astronaute ... Une vague d'ondes électromagnétiques est passée... J'ai été aspiré par un vortex... Maintenant je suis perdu dans un coin reculé de l'univers à bord d'un vaisseau vivant habité par toutes sortes de créatures extraterrestres bizarres... Aidez-moi !... Au secours !... Vous m'entendez ? Il y a sûrement quelqu'un quelque part qui m'entend... Je suis poursuivi par un commandant militaire psychopathe qui sait tout ce que je ne sais pas... Je cherche juste un moyen de rentrer chez moi. » accroche du générique des saisons une et deux qui résume assez bien la situation.
Parfois politiquement incorrecte, parfois parodique, bourrée de clin d’œil à d’autres séries, pour son ton, pour le caractère de ses héros, pour son inventivité et globalement pour son originalité, Farscape est LA série space-op qu’il faut absolument voir, ou revoir. D’une esthétique peu commune mais vraiment réussie, avec deux personnages principaux en latex, pures marionnettes, et pourtant hyper expressifs et des effets spéciaux sensationnels voilà pour l’aspect visuel.
mardi 5 juin 2007
CHAMBERS, Jamie : Serenity RPG.
Si Serenity
RPG peut sembler être un produit dérivé qui n’a pour seule fin que d’inciter
les fans de la série (et du film dont il tire son titre) à vider une fois de
plus leur porte-monnaie, il n’en est rien et, même sans avoir vu la série, ce
jeu de rôle a un intérêt en lui même.
Pour une description du monde, regardez l’article publié sur notre rubrique « petit et grand écran ». Je vous dirai simplement que c’est un jeu de rôle du style science fiction/western, qui vous permet de jouer un équipage de bras cassés qui tentent de survivre dans un monde en lequel ils ne croient pas forcément.
Le livre de base est joli, tout en quadrichromie, avec des photos du film (problèmes de droits sur la série). Il est aussi bien écrit et pose bien l’ambiance. Il faut bien sûr être assez bon en anglais puisqu’il n’est pas traduit en français et utilise pas mal d’argot. Un beau livre donc, dont la lecture est très agréable. Par contre, pas de fiche de personnage et pas d’index ! En attendant une nouvelle édition, il vous faut la télécharger gratuitement sur Internet.
La mécanique du jeu est limpide. Out les caractéristiques chiffrées, ce sont les types de dés que l’on lance qui reflètent les capacités du personnage (je suis une brèle en tir, j’ai d2 pour cette carac’, je suis très intelligent, j’ai d12…). Ensuite, réussir une action demande simplement de lancer son dé de carac’ et son dé de compétence, de les ajouter et de comparer son résultat à une difficulté. Pas compliqué et pas super original, mais ça tourne bien. Là où ça devient intéressant, c’est qu’on peut ajouter des « plot points » pour infléchir le scénario dans son sens. Sorte de points d’héroïsme, ils permettent de modifier les actions de plusieurs façons différentes : lancer des dés en plus, augmenter le résultat, rester en vie, manipuler le scénario. Ils sont complètement intégrés dans le jeu est sont la règle. Ainsi, on en perd et on en gagne pendant le jeu.
Le vrai point fort de ce jeu réside dans l’ambiance et dans les thématiques : les personnages sont différents, prioritairement définis par leurs qualités et leurs défauts. La question la plus importante est pour eux : comment vivre ensemble dans un vaisseau exigu, en plus ou moins mauvais état ? Le vaisseau spatial est d’ailleurs crée comme un personnage à part entière. La question finit par être d’autant plus importante que les héros sont des losers qui manquent toujours de quelques choses. On est très loin du beau héros sans peur et sans reproche, ici, les décisions doivent être dures à prendre et pas toujours bonnes. Les aventures consistent plus souvent à accepter des sales besognes qu’à devenir les héros acclamés d’une planète en détresse. Bien sûr, jeu de rôle américain oblige, il y a des moments héroïques, mais cela signifie aussi la mort… Une autre thématique essentielle est : comment rester libre ? Le monde est dur, plein de personnes qui cherchent à vous coincer.
En guise de conclusion, je dirais que Serenity est un jeu de rôle d’une très grande qualité, qui peut plaire aux MJ les plus pointilleux comme à ceux qui veulent se marrer un bon coup. Les règles sont adaptées à l’ambiance géniale de ce jeu. Et si quelques points sont un peu obscurs ou manquent à l’appel dans le livre de base, faite une recherche Google et vous verrez que ce jeu attire plus d’un afficionado qui pallient au manque ! Par contre, celui qui maîtrise doit être très réactif car les joueurs prennent vite goût à la liberté et risquent de vouloir que leur équipage ne suive pas les sentiers battus du scénario (personnellement, AUCUN scénar’ n’a été suivi, pour mon plus grand bonheur, les joueurs étant sans doute plus malins que moi !!!) !
Keep Flyin’ !
StepH
dimanche 3 juin 2007
KRING, Tim : Heroes.
Si vous n’avez pas encore entendu parler du phénomène Heroes
et que vous n’habitez pas sur Mars, ben vous n’avez aucune excuse ! Tout
d’abord parce que les records d’audience de la série sur NBC ont créé un buzz
colossal sur le net sur lequel vous pourrez d’ailleurs trouver nombres
d’extraits vidéo, photos… Et puis parce qu’on en parle aussi à la TV française
notamment dans + Clair sur Canal.
Des gens ordinaires avec des pouvoirs extraordinaires… tel est le thème fondateur de la série. Comment ces gens vont-ils vivre avec leur pouvoir, que vont-ils en faire, comment les gens normaux vont appréhender ces pouvoirs hors du commun ? Voilà dans quoi Heroes vous embarque, vous retient et vous enivre.
La série vous propose de suivre différents personnages, d’horizons différents, avec des buts différents mais ayant tous en commun le fait d’être différents : d’avoir un pouvoir surnaturel (hormis deux protagonistes qui connaissent la vérité mais qui n’ont pas l’once d’un pouvoir… pour le moment ! ). Un mix entre les Experts, Lost et Smallville en quelque sorte, plusieurs personnages, donc pas de héros à proprement parler, des pouvoirs mais pas trop, 23 épisodes pour raconter une histoire en se focalisant sur un ou deux personnages ou groupe de personnages à la fois.
Ne vous attendez pas à en prendre plein les mirettes, les pouvoirs sont discrets et seuls deux épisodes en fin de saison présentent ce qui se rapproche le plus d’un combat de super-héros. Non, l’intérêt de Heroes réside dans les rapports humains et dans l’enquête qui s’étale sur l’intégralité de la saison. Avec plus de dix récurrents vous trouverez forcément celui qui vous convient et qui vous fera patienter une semaine durant pour le retrouver…
Sachez en plus qu’NBC a eu la brillante idée de proposer des e-nouvelles illustrées disponibles gratuitement partout sur la toile et traduite en français en plus !!! Que du bon ! Ne loupez donc pas la série le Samedi soir sur TF1 pendant l’été (Lost est, selon toutes vraisemblances, relégué en deuxième partie de soirée.) Une série comme on les aime à e-maginaire ? (A vous de le dire !) … Enjoy !
Fab
vendredi 1 juin 2007
RESNICK, Mike : Santiago.
Il y a bien
longtemps dans un galaxie lointaine, très lointaine un gouvernement galactique
tente de maintenir l'ordre sur la frontière extérieure, le rebord
interstellaire le plus éloigné du pouvoir central. Non on ne peut pas commencer
cette histoire comme ceci...
Il faut
évoquer un monde où les malentendus se règlent l'arme au poing dans la grande
rue, où des fortunes changent de mains sur un bluff dans des saloons enfumés où
on dilapide son argent en whisky ou en fille. Mais ici encore on ne peut
raccourcir ce livre ainsi.
SANTIAGO
est à équidistance
de ces deux genres Space-Opera et Far-West ; Space-West ? Far-Opera ?
SANTIAGO
n'est
paradoxalement pas l'histoire de Santiago, mais celle de ceux qui le
poursuivent lui, le plus célèbre hors-la-loi, celui à qui on attribue les vols
les plus audacieux, les massacres les plus sanglants. Celui dont la récompense
est la plus élevée, dont l'avis de recherche est resté le plus longtemps
affiché dans les relais et dont personne ne connaît le visage.
C'est
l'histoire d'un chasseur de prime, ancien révolutionnaire mais dont les combats
ont toujours servi à remplacer un dictateur par un autre ; Alors entre deux
coups il décide de se lancer à la recherche de la baleine blanche de tous les
chasseurs de prime : Santiago. Second personnage principal de cette intrigue,
une journaliste un peu portée sur la boisson qui rêve d'être celle qui interviewera
la première la légende.
Deux
personnages principaux dont on suit les pérégrinations mais quelle galerie de
personnages secondaires ! Par un procédé narratif, l'auteur entame chaque
chapitre par des extraits d'une comptine qui décrit en quatre vers le personnage
que l'on va croiser ici : Le prêtre de western capable de dégainer aussi vite
une citation biblique que son pistolet sonique pour une prime, le trappeur vindicatif
tellement immense qu'on le surnomme Homme-Montagne, le chasseur de prime le
plus craint de la frontière appelé simplement l'Ange ou la tueuse impitoyable
au doux nom d'Altaïr d'Altaïr...
SANTIAGO
est un de mes
ouvrages préférés. Le mélange des genres semble tellement évident qu'on se
demande pourquoi on ne trouve pas plus d'oeuvres qui s'en inspirent. La qualité
dans l'écriture et dans les tranches de vie d'une si grande quantité de
personnages et enfin le mystère qui entoure Santiago...
Je ne serai
pas étonné que ce fut en parti dans cet ouvrage que Joss WHEDON ait trouvé
l'inspiration pour créer Firefly et Serenity...
Si vous êtes pugnaces je ne saurais trop vous conseiller de chercher l'ancienne édition de Présence du Futur, en deux tomes dont les couvertures qui illustrent cet article mettent directement dans l'ambiance ! Je trouve personnellement la nouvelle couv' particulièrement moche...
Pacman.
WHEDON, Joss : Firefly.
Loin dans
le futur, la Terre a terminé sa mondialisation. Les cultures américaines et
chinoises dominent. Faute de place, de ressources, les hommes entament la conquête
de l’espace. Après avoir terraformé
plusieurs planètes, les colonies finissent par s’entredéchirer entre partisans
de l’Unification et indépendantistes.
L’histoire
commence quelques années après la guerre d’Unification (remportée par
l’alliance). Malcolm Reynolds est le capitaine du Serenity. Ex indépendantiste
ayant perdu toutes ses illusions, il vit dans un rafiot en compagnie de son
équipage et écume l’espace à la recherche de boulots plus ou moins légaux. Son
but : rester libre, continuer de voler. Cette vie n’est pas toujours
facile mais se complique lorsqu’il embarque un jeune médecin et sa folle de
sœur sans savoir qu’ils sont activement recherchés par l’Alliance…
Série à la fois space opera et western, Firefly ne cesse d’étonner. Centrée sur les personnages et leurs relations, elle explore chaque facette du groupe et de leurs interactions. En ce sens, elle me semble vraiment très intelligente et fine. Mais elle est aussi très drôle et les effets spéciaux sont bons. Elle traite enfin de la liberté et de son prix…
En deux mots : petit bijou. Même les étranges personnes qui détestent Buffy et Angel (série du même auteur) devraient adorer ! Malheureusement, malgré un très gros investissement du public, la série s’arrête après 14 épisodes. Heureusement, un Film clôt la série de manière à peu près satisfaisante (on aurait préféré qu’elle continue !). Regardez, procurez le vous de la manière qu’il vous plaira mais comme disent les fans : don’t stop the signal !
StepH
mercredi 30 mai 2007
DIAZ CANALES, Juan, QUARDINO, Juanjo : BLACKSAD.
Ed; DARGAUD -Trois tomes parus.
John BLACKSAD est un privé qui erre " Quelque part entre les ombres " comme le dit le titre du premier tome de cette excellente BD. C'est l'archétype même du détective de la littérature et du cinéma dit "Noir", désabusé, revenu de toutes ses illusions, hanté par son passé, qui parfois boit raide mais qui mène toujours à bien ses enquêtes.
Qu'il cherche le meurtrier d'une actrice dont il a été
l'amant (Quelque part entre les ombres - Tome 1), qu'il tente de retrouver une petite
fille enlevée (Arctic-Nation -
Tome 2), ou bien qu'il vienne en aide à un de ses anciens professeurs
d'université (Ame Rouge - Tome 3), BLACKSAD est obligé de flirter avec
les zones obscures de l'âme humaine version années Cinquante : les banlieues
chics des grandes villes U.S. gangrenées par le K.K.K. (Tome 2) ou les compromissions
du Maccarthisme et les désillusions de l'énergie atomique (Tome 3). Du Noir pur
arabica...
Mais il y a bien d'autres choses qui font l'originalité de cette BD. John BLACKSAD n'est pas un homme comme les autres, c'est un chat anthropomorphe, tout comme la totalité des personnages de cette série. On peut donc croiser un garde du corps gorille (Un gorille... gorille !), un chef de la police berger allemand ou un orang-outang qui joue le blues. Le dessin est d'une qualité que je trouve rare et les scénarii dans le plus pur style du Faucon Maltais, du Dahlia Noir. Enfin, autre curiosité, les auteurs sont espagnols et le premier tome est préfacé par LOISEL (La Quête de l' Oiseau du Temps, Peter Pan) qui les a découverts. Cette BD a remporté le prix du public et du meilleur dessin à Angoulême en 2004 et le prix de la meilleure série en 2006.
Que du bon, du très bon je vous dis !
Pacman.
dimanche 27 mai 2007
BIBLIOSURF : librairie en ligne à suivre.
Bernard STRAINCHAMPS ouvre une librairie en ligne. Il me semblait important d’en rapporter la création afin de soutenir une démarche originale et ambitieuse.
Bibliosurf est une SARL qui a pour vocation notamment de vendre des livres en ligne dont un fonds important de SF et de polar. La spécificité de cette librairie est que les critiques sont faites par les internautes et qu’à terme le fonds correspondra aux avis des critiques.
Cette présentation est assez sommaire mais vous pouvez vous reporter à l’entretien publié chez actusf (voir les liens) pour avoir une idée précise du projet.
Finalement, son concept est proche de ce que je voudrais faire de ce blog (la vente en moins) et je pense que je vais poster des critiques sur son site. Je vous invite à en faire de même pour que son projet se développe ! Et si vous achetez en ligne, pourquoi ne pas préférer un vrai libraire qu’un mastodonte qui n’a pas besoin de vous ?
StepH
STRACZYNSKI, Joe, Michael : Jeremiah.
France 4 a
commencé la diffusion de cette série il y a quelques semaines. Il me semblait
intéressant d’en faire une petite critique pour que vous y jetiez un coup d’œil !
Il y a quinze ans que la Grande Mort a balayé toutes les personnes qui avaient dépassé la puberté. Les enfants ont grandi sans repère et tentent de survivre tant bien que mal. Jeremiah voyage dans ce monde, à la recherche du secteur Valhalla que son père voulait rejoindre avant de mourir. En chemin, il rencontre Kurdi et se lie d’amitié avec lui. Leurs pérégrinations les amènent à découvrir la Montagne du tonnerre où un groupe tente de recréer une société plus juste. Nos deux aventuriers se joignent à eux…
Reconstruire le monde. Mais comment ? L’intérêt de cette série humaniste réside dans la réponse à cette question. Les opinions se confrontent, même au sein de la Montagne du Tonnerre et les réponses ne sont pas toutes faites. Si l’on sent la série américaine, elle ne tombe presque jamais dans la facilité et le sentimentalisme chrétien. L’utilisation de la religion est des croyances est même très originale dans la deuxième saison.
J’ai pas mal accroché à cette série. Si la réalisation est très classique, le scénario est très bon ; le monde se dévoile au fur et à mesure que l’intrigue se développe, globalement, je la trouve assez fine (merci Monsieur Straczynski de sortir des sentiers battus américains). Le monde est original aussi pour un post-apo. Malheureusement, la série s’arrête en fin de saison 2 (merci les américains de ne penser qu’à l’audimat !), nous laissant en attente… Et ne tentez pas de lire la BD éponyme de Hermann Huppen, elle n’a aucun rapport !
Essayez la quelques soirs et vous verrez que vous serez charmés !
StepH
vendredi 25 mai 2007
BISSON, Terry : Hank Shapiro au pays de la récup.
Après deux critiques estivales, il faut aligner du lourd
pour ne pas passer pour des guignols. Alors je me dirige vers ma petite
bibliothèque… Gaiman, Simmons… Non, je le garde pour plus tard… Bon, voyons,
chez Denoël « Lunes d’encre », ils ont du lourd. Et je tombe sur ce
livre de Terry BISSON. Moins de Trois cent pages au compteur, il passerait
presque inaperçu. Je le sors de l’étagère. Magnifique couverture, comme
toujours avec l’éditeur. Un flot d’images me revient. Ce livre était génial !
Faut que je vous en parle !
Hank Shapiro est un fonctionnaire gouvernemental exemplaire : pas de question, pas de réflexion. Son job consiste à confisquer les œuvres d’art périmées pour laisser la place aux nouveaux artistes. Pourtant, un jour, il va désirer écouter un vynile et foutre sa vie sans histoire en l’air. C’est le début d’un voyage qui le mènera de New York à Las Vegas…
Imaginez Fahrenheit 451 écrit à 4 mains par Chuck Palanhiuk et John Cleese et vous aurez une idée, fausse certes mais se rapprochant, du style du livre. A la fois hilarant, surréaliste, intelligent, Terry Bisson réussit le pari d’allier dérision et contenu avec un style qui, pour moi, est brillant. J’en loupais mon arrêt de métro, c’est vous dire !
Bien sûr, comme d’habitude chez Denoël, la traduction me paraît impeccable.
Pour conclure, je dirais : si vous aimez le style un peu déjanté, courrez l’acheter avant de ne plus pouvoir le trouver !
StepH


