lundi 29 juin 2009
MEIRELLES, Fernando : Blindness
Fernando Meirelles est ce que l’on peut appeler un
réalisateur engagé. Il a signé la Cité de Dieu dans lequel il nous présente de
manière réaliste la vie dans les favelas. Il a aussi adapté avec soin The Constant
gardener de John Le Carré. Blindness est sa première incursion dans le domaine
du fantastique. Il adapte un
roman de l’auteur portugais Saramago (L’Aveuglement chez Point). Cela mérite qu’on s’arrête sur le sujet…
Dans une grande ville, un homme qui conduit perd soudain la
vue. Raccompagné chez lui par un petit voleur, il demande ensuite à sa femme de
l’ammener chez l’ophtalmo. Ce dernier ne trouve aucune raison à cette cécité.
Mais le lendemain, il perd aussi la vue. C’est le début d’une pandémie
galopante que personne ne semble pouvoir arrêter. L’Etat se voit donc dans l’obligation
de mettre en quarantaine tous les cas qu’il trouve. Le « patient zéro »,
le voleur, le docteur et bien d’autres se retrouvent donc isolés et livrés à eux-mêmes
dans un vieux bâtiment. Mais comment se débrouiller lorsque l’on ne voit plus
rien ? Les taches les plus simples deviennent insurmontables. Il faut donc
organiser la vie… Heureusement pour les victimes, la femme du docteur, qui
semble immunisée, a été mise en quarantaine aussi. Elle va tenter d’aider cette
communauté et devenir le témoin privilégié de l’horreur qui peut investir cette
prison…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet est original. C’est peut-être un film catastrophe, qui parle de pandémie, mais on ne meurt pas de cette maladie, on est juste privé du sens que nous utilisons le plus et qui fonde notre société. Cette thématique permet à l’auteur d’aborder une multitude de sujets différents comme le handicap, la société… Certes on retrouve des ingrédients classiques des films catastrophe comme l’inefficacité de l’Etat face à la crise ou bien l’horreur de l’humanité en position de survie, mais c’est bien l’originalité de la maladie qui donne son intérêt au film.
On retrouve la patte du réalisateur de talent. Une belle photographie, des plans bien pensés, apportent un supplément d’âme à ce film. Décidément, Meirelles mérite d’être suivi. Les acteurs, pas forcément des stars (à part Julianne Moore et Danny Glover), nous offrent une prestation juste et parfois touchante.
Là où le bas blesse, à mon sens, c’est que le film s’embourbe
un moment dans l’horreur. Si l’on suit le cheminement de ces malades livrés à eux-mêmes,
l’escalade vers l’inhumanité finit par me poser question. Certes amoindris et
traumatisés, les victimes resteraient-elles soumises si l’horreur devenait
insoutenable ? Vous me direz que la 2ème guerre mondiale nous a
bien montré la « banalité du mal » mais j’ai eu des difficultés à
comprendre la lâcheté d’une communauté entière… Et même si j’ai frissonné et
suis resté accroché à mon écran, je ne suivais plus le message… A l’inverse, la
dernière partie du film me semble assez gentillette, pleine d’humanité… Bref,
Meirelles ne s’affranchit pas entièrement des codes du genre et se laisse un
moment entraîner par des questions assez classiques pour cette catégorie de
film.
Pour conclure, je dirais que ce film mérite d’être vu. Malgré
la petite limite que je vous ai exposé, ce long métrage est tellement bourré de
bonnes idées et si joliment réalisé qu’il restera dans vos mémoires. Injustement
boudé lors de sa sortie ciné, donnez lui l’occasion de vous surprendre et de
vous faire discuter de son sujet. Parmi les nombreuses sorties traitant de fin
du monde, de catastrophe, de maladies, d’horreur, il fait partie de ceux qui m’ont
marqué et fait réfléchir…
StepH
jeudi 2 avril 2009
KAMIYA, Makoto; SHUGA,Shorato : RESIDENT EVIL DEGENERATION :
" Survivre à l'horreur " :
Cette chronique pourrait se résumer ainsi : Raconter un genre et se poser la
question de savoir s’il mute du jeu vidéo au film d'animation (sans passer par
le cinéma, la nuance est importante) avec bonheur.
Depuis
longtemps, les échecs des expérimentations virales de l'immense multinationale
pharmaceutique " Umbrella " sont profondément enterrés sous
les ruines radioactives d'un bourg du Mid-West : Racoon City. Sans faire
l'impasse sur les péripéties ibériques de l'agent spécial Leon Kennedy,
" Degeneration " débute dans un aéroport US : Un autre
bourg du Mid-West : Harvardville, une autre firme pharmaceutique : Wilpharma,
les mêmes personnages : Leon Kennedy et Claire Redfield, déjà héros de Resident
evil deuxième du nom. Les éléments se mettent en place pour que les râles
désespérés reprennent et que les détonations de gros calibre y mettent fin.
Personnellement, j'ai été peu convaincu par cette partie car si la tension
familière est au rendez-vous, celle-ci retombe un peu rapidement, soufflé
resservi trop tiède... Une incertitude vite évanouie quand on découvre enfin
les gigantesques installations de Wilpharma, il ne manque plus que la grosse
bête mutante quasi-indestructible pour se remettre à table. Sans gâcher le
suspense – chose qui est rarement recherché dans le genre – je peux vous dire
que tous les ingrédients y sont. L'armée, les compromissions politiques, les
écolo-combattants, les ombres du 11 septembre, on tente d'introduire de
nouvelles saveurs mais elles sont bien fades et les vielles recettes n'en ont
jamais vraiment besoin car on veut le retrouver comme on les a toujours aimées.
En 1992, le
premier " Resident Evil " s'ouvrait sur la phrase :
" Enter the world of survival-horror ". Un genre créé en
France avec le premier " Alone in the Dark ", trouve là son
dogme, la bible qui fait autorité sur la question ; Déclinée dans une quinzaine
de jeux vidéos. Nés de mutations virales, la ménagerie des adversaires à
saturer de plomb est immense : Du doberman mort-vivant au géant bourré de
testostérone mutante. Le héros ou l'héroïne est une personnalité de devoir
ayant toujours avec bonheur une familiarité avec les armes à feu. L'adversaire
dispose de moyens colossaux pour entretenir des installations scientifiques
immenses et une véritable petite armée de chercheurs qui feront une acceptable
horde de zombis aussitôt que l'habituelle petite faille apparaîtra dans la
conservation des éprouvettes.
On peut se
demander si cette structure vidéo-ludique s'adapte à un film d'animation – Ce
questionnement ne se trouverait-il pas ailleurs sur ce blog ? – Je serai tenté
de dire " presque ", même si tout ceci sent le produit de
synthèse : une dose de nouveau personnage, une dose de psychologie, une
conclusion qui va un peu plus loin que la destruction du boss de fin de
niveau... " Presque ", Mais je suis un aficionado-gamer ne
comptant plus le nombre de chargeurs de calibre toujours plus gros vidés sur
des multitudes qui se déplacent benoîtement en poussant des râles de lassitude,
la tête penchée sur le côté, je manque certainement d'objectivité.
Le produit
final résiste-t-il à une analyse cinéphile ? On ne pourra pas contester le
grand spectacle et le rendu très dynamique si l'on n'était pas dans le cadre
d'un film en images de synthèse. On peut même se demander s’il a connu une
quelconque évolution depuis " Final Fantasy Les Créatures de
l'Esprit ". On pourrai même dire qu'il a plutôt régressé pour perdre
le petit supplément d'âme du film de Hirobonu Sakaguchi.
Au final et
à contre-courant du battage publicitaire qui visait le public large en sortant
des consoles de jeu. " Degeneration "est le pur produit
pour les geeks-fans de l'univers au parapluie blanc et rouge. Les chercheurs en
second et troisième degré pourront avec délectation regarder le making-of pour
admirer l'ardeur et le professionnalisme nippon à réaliser un produit tout
juste moyen. Tous les autres pourront passer sans remord leur chemin.
L'horreur
n'est pas vraiment à l'honneur. L'erreur peut-être...
Pacman.
lundi 24 novembre 2008
ASTIER, Simon : Hero Corp.
Il y a peu,
on parlait de super héros à la française, et voici que je tombe sur un article
alléchant de Comic box qui m’apprend que Simon Astier (le frère d’Alexandre qui
a créé Kaamelott) lançait sa propre série un poil parodique ayant pour sujet
les super héros… J’allume donc vite ma télé pour ne pas louper les premiers
épisodes sur Comédie. Résultat… Mitigé pour moi, désastreux pour les autres
spectateurs. Explications.
Fin fond de
la campagne française, un village isolé cache un grand mystère. Les étrangers
n’y sont pas les bienvenus. John a été appelé pour assister à la mort de sa
grand-tante Mary et débarque en Lozère pour l’enterrement. Il ne sait pas
encore qu’il est le dernier espoir du village contre The Lord, le plus grand
super vilain que la terre ait porté, que sa grand-tante est en fait une super
héroïne à la retraite et que la communauté abrite les plus vieux, les plus nuls
héros de l’univers…
L’idée est
amusante, porteuse de beaucoup d’espoir. Malheureusement, sa concrétisation
n’est pas à la hauteur. Globalement, c’est assez cheap (Simon Astier n’avait
pas beaucoup de budget), la réalisation est désastreuse au début et s’améliore
un peu au fil du temps mais sans jamais être très bonne. La série n’est pas
aussi amusante que celle de son frère même si quelques blagues sont bonnes. Je
pense qu’on retrouve le même problème (à mon sens) que dans les dernières
saisons de Kaamelott : on n’arrive plus bien à se situer entre série
parodique et volonté de créer une véritable histoire. Résultat, ce n’est ni
l’un ni l’autre… Au départ, je trouvais même les résumés des épisodes
précédents bien mieux faits que l’épisode lui-même ! Il faut dire aussi
que le format participe au fait de ne pas pouvoir se situer entre l’histoire et
le parodique. 26 minutes peuvent être longues parfois…
Bien sombre
tableau, me direz vous ? Pourquoi
un avis mitigé ? Et bien, malgré tout, je me suis attaché à cette série,
sans doute parce que je suis fan de comics. La force du projet réside dans les
trouvailles, les idées qui émaillent les épisodes. Tantôt références, tantôt
clins d’oeil, ou bien simplement bonnes idées (les super héros consignent leurs
histoires en comics par exemple), la série devient attachante. Et puis comme je
l’ai dit, les choses s’améliorent au fil du temps et on se fait à l’humour
décalé… C’est rigolo et en même temps assez tragique… Comme les dernières
saisons de Kaamelott…
Notons
aussi que les illustrations sont très jolies et l’incrustation dans les
premiers plans de certaines scènes est très bien fait. Il est prévu qu’une BD voit
le jour si tout se passe bien.
Pour conclure, j’essaye de suivre tous les épisodes même si je rencontre quelques résistances. Donc soit je suis maso, soit j’y trouve un peu de bonheur ! A vous de me le dire ! En tout cas, moi je suis content qu’il y ait des jeunes gens qui se lancent, qui tentent, alors je soutiens !
Enfin, ça ne vaut pas encore un bon Mystery men !
Pour ceux
qui n’ont pas la chaîne Comédie, la série sera rediffusée sur France 4. Dès que
je trouve des dates, je vous les communique !!!
StepH
lundi 23 juin 2008
ROMERO, George, A.: Diary of the dead
Attention, retour de la discussion sur les films de
zombies : satire sociale ou pur divertissement ?
En effet après le débat passionné qu’avait suscité la
critique de 28 semaines plus tard, (mal)traité par l’ami Steph, je vous propose
mon avis sur le dernier Romero, père fondateur du genre, sobrement intitulé
Diary of the dead.
L’agenda dont il est question dans le titre est en fait le
témoignage vidéo et au jour le jour d’une équipe de tournage d’un film
d’horreur, constituée d’étudiants et d’un professeur alcoolique (oui, c’est
important pour la suite !), qui va se retrouver témoin des premières
heures d’une des pires catastrophes que l’humanité va rencontrer : le jour où les morts se
relèveront !
Film de zombies post 11 septembre, DOTD est en un sens
certainement plus réussi que son prédécesseur dans la saga de Romero (à savoir
son mitigé Land of the dead). Le postulat de départ semblait en tout cas plus
intéressant, puisqu’il proposait un retour aux sources (les premières heures de
l’invasion), vu à travers le nouveau prisme qu’offre le tournage en Digital
Video. On s’attend donc à un film plutôt sérieux et une réflexion sur le rôle
que joue les nouveaux médias mutants que sont les vidéos amateurs, blogs et
autres Youtube. Malheureusement, Romero semble ne pas savoir choisir entre le
divertissement et le grand sermon moral. Après un début plutôt convaincant et
prometteur, le film livre rapidement ses limites : un casting
catastrophique (mais serait-ce la VF qui en est responsable ?), des scènes
difficilement crédibles (les personnages dissertent allègrement sur la raison
d’un suicide dont ils ont étés témoins à l’instant !) et des dialogues
d’une lourdeur imbattable ; je ne peux résister au plaisir de vous donner
un exemple : « Avant c’était nous contre nous. Maintenant, c’est nous
contre eux. Oui, mais eux, c’est nous. » Bien vite, on se rend compte que
le film va ainsi osciller entre le sérieux le plus pompeux et le rire au
troisième degré (le passage chez les Amiches !), ce qui est assez
déroutant. En résulte une œuvre hybride dont on ne sait plus trop si elle ne se
prend pas au sérieux ou si elle se destine à nous poser des questions qui
méritent réflexion. Romero avait par le passé parfaitement réussi son coup (le
magistral Zombies, second opus) qui alliait rigueur formelle et critique
sociale. Ici, malgré l’expérience, il nous livre un joyeux fourre-tout qui
peine à trouver une justesse de ton.
DOTD n’est donc pas totalement raté, mais il pâtit de la
présence encombrante de son format pseudo-documentaire, pourtant à l’essence
même du projet du film. Mais lorsque des choix sont faits, il faut les assumer
jusqu’au bout, et justifier jusque dans l’écriture la présence de la caméra. En
témoigne la scène où, Jason, le réalisateur, reste à côté de la caméra qu’il
recharge, pendant qu’il entend les cris de ses amis se faisant massacrer…
Difficile à avaler !
En bref, si vous cherchez un énième divertissement, DOTD apporte son lot de scènes gores marrantes, tout en délivrant un message pompeux. En revanche, si vous préférez une histoire plus vraisemblable, je vous conseille plutôt de vous tourner vers un petit bijou que je ne tarderai pas à chroniquer en ces pages : la série de comics Walking Dead.
Mr Jack
vendredi 16 mai 2008
NIGHTOW, Yasuhiro : Gungrave
Et si je vous dis que
je vais vous parler d’une série animée dont le héros est habillé en cow-boy,
armé de deux énormes flingues, qu’il porte son propre cercueil sur le dos (dans
lequel il dissimule des armes lourdes) et qu’il mitraille à tout va des hordes
de créatures s’apparentant à des zombies, vous allez fuir, non ?
Maintenant si je rajoute qu’il s’agit de l’adaptation d’un piètre jeu vidéo PS2
sans cervelle dans lequel il faut tout dégommer, vous me suivez toujours ?
Eh bien, les persévérants
seront récompensés car, contre toute attente, Gungrave est l’un des meilleurs
animés qu’il m’ait été donné de voir ! Prenant à contre-pied tout
l’univers établi par le jeu PS2, les auteurs nous livrent une histoire
poignante d’amitié, d’honneur dans la plus pure tradition des films de mafieux.
Et pourtant, ça démarrait mal, dès le premier épisode…
Un camion dans lequel se trouvent un savant et une petite
fille est assailli par un bataillon de surhommes monstrueux. La situation
devenant critique, le savant n’a pas d’autre choix que de réveiller Brandon (la
grosse mule dépeinte en début de post). La suite n’est que massacre, car
Brandon ou plutôt Gungrave ne fait pas dans la dentelle. MAIS, dès le second épisode, flash-back de 10
ou 15 ans en arrière où l’on apprend peu à peu comment nous en sommes arrivés
là…
A la manière d’un Georges Lucas bouclant la boucle de son Darth Vader, les auteurs approfondissent un personnage qui ne semblait qu’être une machine à tuer en lui apportant un passé, une vie, une histoire dans un contexte complètement inattendu : l’univers mafieux. Il en sort un début de série totalement addictif où l’on suit l’ascension de Brandon et de son ami dans les différents échelons de la Famille. Fait rarissime pour un animé, la transition à un récit plus SF s’effectue avec finesse, dans la mesure où, dès le premier épisode, on sait où l’on va mettre les pieds. C’est même une motivation supplémentaire. Surtout que tout, absolument tout est expliqué et justifié dans la série (à part peut-être le costume de cow-boy, mais bon !). Bref, à aucun moment on a la désagréable impression d’être pris pour des pigeons tant la série respire la sincérité. En ce qui concerne l’animation et le graphisme, je pense que c’est le point faible de la série : des épaules trop imposantes, des mentons pointus, des persos qui courent bizarrement… Mais d’après les « spécialistes », je suis dans le faux alors… Les gunfights sont cependant très convaincantes. Et puis surtout, Beyond the Grave (ou plutôt biyondo ze gureivu comme y disent dans la série !) renferme une incroyable galerie de personnages tous plus attachants les uns que les autres, enfonçant le clou, puisqu’on parle de cercueil, d’un animé de haute volée comme on en voit que trop peu dans nos contrées.
Mr Jack
dimanche 20 avril 2008
VERBINSKI, Gore : Pirates des Caraïbes 3 ; Jusqu’au bout du monde
Leçon de cuisine : faites un film sans saveur ;
rallongez la sauce à l’extrême et vous obtiendrez 2H48 d’un film qui ne laisse
aucun goût dans la bouche, si ce n’est le regret de l’avoir vu.
Autant vous le dire, déjà d’entrée, je n’ai pas du tout adhéré au concept « Pirates Des Caraïbes ».Faire un film à partir d’une attraction Disney ? Pourquoi pas faire le Manoir Hanté tant qu’on y est….hum hum.
Est-il besoin de résumer la saga ? Car je suis sure que vous avez tous vu au moins un des trois épisodes (et j’espère que c’était le premier).
Pour faire bref, la saga « Pirates Des Caraïbes » nous narre les aventures rocambolesques du pirate Jack Sparrow (interprété par Johnny Depp) qui recherche tour à tour, son bateau (PdC1), le coffre maudit (PdC2) et un bon scénario (PdC3) !
Le film commence et déjà, il n’y a pas que les amarres qui sont larguées ! Aucun rappel pour permettre au spectateur de se « remettre dans le bain » ; donc on passe une bonne demi-heure à se poser un tas de questions : Comment il se finit au fait le 2 ? Mais lui, c’est qui déjà ? C’est quoi ce film qu’on regarde ? Une fois ces questions posées, il reste quand même encore 2H00 de film et toujours pas une once d’intérêt. Le personnage de Jack Sparrow, qui faisait la force du premier opus, devient presque une des faiblesses principales de ce film. On en arrive à une caricature d’un Jack Sparrow qui en lui-même était déjà une caricature (mais réussie pour le 1er opus). Et bien qu’en jouant les bouffons, Johnny Depp n’arrive toujours pas à nous décrocher un sourire. Les personnages secondaires (Elizabeth Swann - Keira Knightley et Will Turner – Orlando Bloom pour ne citer qu’eux) sont quant à eux plus que fades. Mention spéciale toutefois à Keith Richards pour son apparition clin d’œil en tant que père de Jack Sparrow.
Niveau scénar, donc, rien de bien intéressant. On prend les méchants des deux premier opus, on secoue bien fort et…… et bien rien ! On attend jusqu’à la fin du film une superbe bataille navale qu’on nous promet plusieurs fois mais qui n’arrive jamais… Quant au petit jeu de trahison perpétuelle du trio de tête cela en devient presque soporifique… et je ne parle même pas de la scène du mariage improvisé entre Will et Elizabeth….
Bref, après avoir vu les trois épisodes de la saga, et bien j’ai tendance à revoir mon jugement sur le premier, qui, finalement, n’était pas si mal que ça !
Pour finir j’attirerai juste l’attention sur la performance d’acteur du personnage qui est pour moi le plus intéressant du film : le petit macaque ! A bon entendeur !
Miss J.
mercredi 2 avril 2008
FRESNADILLO, Juan Carlos : 28 semaines plus tard.
Pour
commencer, autant vous dire que j’étais fan du premier opus (28 jours plus tard
de Danny Boyle), c’était un bon film de zombies et un très bon film sur
l’humanité. Alors, j’attendais vivement la suite (que j’avais loupée au ciné).
Le DVD est sorti, je l’ai vu, est-ce que je suis emballé ? Oui mais non…
Le Film
débute quelques semaines après l’épidémie qui a touché l’Angleterre. Un groupe
de survivants attend d’être secouru mais se fait prendre d’assaut par un
(grand) groupe d’infectés. Chacun tente de fuir et le courage n’est pas
toujours à l’honneur…
28 semaines
plus tard, les infectés sont morts de faim, le moment est venu de reconstruire…
Nos amis américains ont pris le contrôle d’une partie de la ville et l’ont
sécurisée, c’est le retour au bercail des expatriés. On suit alors la réunion
d’une famille séparée et la tentative de reprendre une vie normale après les
horribles évènements narrés dans le premier opus. Malheureusement, le bonheur
de se revoir est de courte durée, un infecté survivant est retrouvé et relance
le virus. Bien sûr la situation devient rapidement incontrôlable, apportant son
lot d’hémoglobine et de réflexion…
Ce résumé est assez général à dessein, pour ne pas dévoiler une partie importante de l’histoire. Il vous suffit de savoir qu’on suit beaucoup cette famille qui détient quelques clés au sujet du virus…
Si l’on reprend le déroulement du film, la scène d’introduction est tout simplement énorme ! On retrouve à la fois du grand spectacle mais aussi les thématiques qui ont fait le succès du film de Boyle. Pas de héros, juste des hommes qui veulent survivre, à tout prix. Bien réalisée, bien jouée par un toujours bon Robert Carlyle, cette première scène promet un film de haute tenue ! Mais voilà, la suite n’est pas à la hauteur… Si l’on aborde des sujets qui (m’)apportent toujours des frissons (la survie à tout prix, l’horreur de l’humanité…) et des thèmes de réflexions, le scénario est assez téléphoné, rebat des poncifs mille fois vus (le zombie psychopathe slasher, c’est quand même un bon mixe de classiques !!). On se questionne parfois même sur la crédibilité de certaines scènes (destruction d’un groupe d’infectés à coups de pales d’hélico, des soldats robots qui ne se posent jamais de questions…). Bref le scénario aborde des bonnes questions mais les traite de façon tellement lourdes que même Roland Emmerich ne l’aurait pas tourné comme ça (non, j’exagère quand même !!).
Côté réalisation, ce n’est pas toujours ça non plus. Le jeune espagnol tombe dans des tours de caméras un peu hystériques (certes, on se sent presque dans la mêlée, mais bon c’est un peu trop pour moi), nous donne du projet blairwitch au rabais avec une lunette de sniper, enfin, se fait plus redondant que tous les films gros budget.
Au final, si 28 semaines plus tard se regarde sans peine (enfin, moi, ça m’a fait de la peine !), on perd beaucoup de l’originalité du premier pour tomber dans le film de zombie classique… Enfin, rien que pour la première scène, je vous conseille tout de même de le voir !
StepH
PS : Il est à noter qu'il existe une BD qui fait le lien entre le premier et le second film. Ne l'ayant pas encore lue, je ne peux pour le moment pas vous en dire grand chose de plus mais je réparerai cette erreur en commentaire!!! Venez y de temps en temps pour jeter un oeil !
samedi 16 février 2008
BURTON Tim : Sweeney Todd.
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Avant
toutes choses, il convient de préciser que je suis un fan invétéré du grand
Tim, ce, dès la première heure, au nom
des innombrables pépites dont il nous a fait grâce. La pommade étant passée, je
peux passer au fouet et au cuir (façon Catwoman, mais que pensiez-vous donc ?).
Sweeney
Todd est une semi-déception. Je l’annonce de but en blanc car quiconque a pu
voir la bande-annonce sait à peu près de quoi ça parle. Ok, pour les deux du
fond je reprends en accéléré : Benjamin Barker est un gentil barbier, qui
vit avec sa gentille famille dans un gentil Londres, quand tout à coup, le méchant
juge Turpin lui prend sa gentille femme et pour ce faire l’envoie au bagne.
Quinze ans plus tard, tel Monte Cristo, notre raseur dépossédé revient en ville
et jure d’assouvir sa vengeance… There’s
no place like London... Pas besoin d’en dire plus afin de ne pas gâcher les
maigres surprises d’un scénar anorexique.
En effet,
l’une des faiblesses de Sweeney Todd réside en son propos: de facture classique
et prévisible, il ne révèle son amertume qu’après vision intégrale de l’œuvre.
Car amertume il y a : c’est, à mon sens, l’œuvre la plus noire et la plus
désenchantée jamais réalisée par Burton. Des personnages tous plus tordus les
uns que les autres (excepté l’insupportable couple de rossignol qui roucoule
dans une des scènes les plus indignes de la filmo du maître…), un monde quasi dépourvu d’humour et un final,
magnifique diamant noir qui rehausse l’ensemble.
N’oublions
pas également qu’il s’agit là d’une comédie musicale d’un genre tout
particulier : le premier « musical » gothique. C’est ici que le
bât blesse : on se surprend à se crisper dès que certains personnages
s’apprêtent à pousser la chansonnette, notamment nos rossignols, encore eux !
Pourtant, je n’ai rien contre les comédies musicales et la partition de Stephen
Sondheim est parfois excellente (délicieux My Friends…), mais bien en deçà de
ce dont est capable la paire Elfman/Burton. Car immanquablement, tout au long
du film, on se répète que c’était bien mieux avant (mais avant quoi au
juste ?).
C’est tout
là le problème du réalisateur : alors que tout le monde semble s’accorder
pour saluer son génie visionnaire à coup de récompenses diverses, celui-ci nous
gratifie d’une production mineure dans sa filmo, quoique qu’en disent les
critiques « official ». Sweeney Todd, n’est certes pas un mauvais
film, mais pendant un bon tiers, on se demande ce que l’on fait là, devant tant
de méchanceté, de noirceur. Pourtant, à force d’insister, le film finit par
emporter le morceau par l’enchaînement de quelques scènes très réussies
(excellent Sacha « Borat » Cohen !). Pour l’aspect « goth
musical » révolutionnaire, on repassera, Fantôme de l’opéra et Rocky Horror étant dèjà passés par là. Visuellement,
le film est beau, mais bien en deçà de la virtuosité gothique de Sleepy Hollow…
En un mot comme en cent, la tourte (ceux qui ont vu le film comprendront) se révèle un peu tiède, bien que réchauffée, et manque cruellement de sel : point de poésie, de fantaisie, d’humour qui font pourtant la « pâte » de Tim… Mais l’arrière-goût est inédit et vaut le tournant tout de même !
Mr Jack.
mardi 29 janvier 2008
YATES David : Harry Potter et l’ordre du phénix
Pauvre, cher, tendre, traumatisé, méchant, menteur… Harry
Potter ! Et oui la vie n’est pas rose, au contraire, elle est plutôt noire
pour le jeune sorcier. Rien ne va plus, les démons attaquent dans le monde des
humains, les sorciers crient au mensonge quand on leur dit que le danger est là
et les amis de toujours semblent ne pas comprendre le jeune homme. Bref que du
bonheur !
Tout d’abord sachez que je n’en ai lu aucun, cela me tente mais pour le moment je n’ai même pas regardé la couverture d’un livre ! Ceci étant dit, j’ai vu tous les films et pour ce dernier opus j’ai vraiment adoré, pour deux raisons principales : le côté plus action, l’histoire qui avance un peu plus.
Effectivement, l’action est vraiment plus présente, sans assister à des déchaînements de pouvoirs magiques, quelques petites phases de combat ponctuent agréablement le film du début à la fin. Peut-être cela c’est-il fait au détriment de l’intrigue, du quidditch et autres mais cela me convient personnellement. Je ne peux m’empêcher de penser que de nombreux moments du film sont passés à la trappe au montage tant j’ai le sentiment que certains personnages secondaires auraient dûs être mis en avant et finalement pas tant que ça… à voir, si parmi vous certains ont lu le livre qu’il n’hésitent pas à me dire si c’était le cas, je pense notamment à Neville pour ne citer que lui.
En plus, on en apprend un peu plus sur les parents d’Harry, on nous met sur la voie de la compréhension du pourquoi Harry Potter et bien évidemment sur l’ordre du Phénix. Bref sans apporter de réelles réponses, le film nous met sur la piste du dénouement.
Plus généralement, j’ai bien aimé le fait qu’il devienne de plus en plus sombre, qu’Harry est de plus en plus torturé, le montage du film, son rythme et sa qualité visuelle. Après on peut dire ce qu’on veut, même si le petit Radcliffe (pas si petit que ça justement !) fait un peut plus vieux que ses quatorze ans du film, il n’en reste pas moins qu’il ne devrait pas y avoir de polémique : il doit rester le héros du film ! Pour finir, Gary Oldman, selon moi très bon acteur, dans son rôle de Sirius Black est vraiment top même si on ne le voit pas assez, comme d’hab !
Sorti récemment en DVD, il vaut le détour !
Fab
ZEMECKIS, Robert : Le Pole Express
Vous n'êtes
pas sans savoir que nous venons de passer les fêtes de Noël. Prétexte à
libations familiales, échange de présents, respect de traditions et de rites
religieux, elles sont aussi liées à de petites histoires, des contes qui nous
sont aujourd'hui souvent transmis par l'intermédiaire des média audiovisuels.
L'ensemble de ces éléments, réels ou fantasmés peuvent être résumés sous le
vocable « la magie de Noël ».
C'est donc
l'histoire d'un voyage initiatique, l'un de ces périples où le plus important
n'est pas la destination mais la manière d'y parvenir. Et ce voyage se fait par
le rail, dans un antique et superbe train à vapeur traversant des paysages
faits de neige et de sapins, empruntant des dénivelés dignes des plus
spectaculaires montagnes russes ou glissant tel un mastodonte d'acier sur des
étendues gelées. Figure incontournable de ces périples ferroviaires d'un autre
temps, un vagabond spectre a établi son camp sur le toit de ce train au mépris
des intempéries et de la vitesse.
Si j'ai
décidé de faire cette chronique c'est pour nous amener à nous interroger sur
notre position face à cette lancinante question qui se pose chaque année en
cette saison : Faut-il croire au Père Noël ? Cette période de l'année est-elle
propice à l'accomplissement de miracles particuliers liés à une quelconque
magie de Noël ? Enfin Compagnons, nous croyons aux fées, aux mondes parallèles,
aux enchantements voire aux galaxies lointaines il y a bien longtemps !
Pacman.


