lundi 7 septembre 2009
BROOKS, Max : World War Z
L’actualité de Max Brooks (le fils jusque là inconnu de Mel
Brooks) a été chargée en mai. En effet, deux livres sont parus dans la
collection interstice. Pourquoi ? Les deux sont liés par leur
thématique : les zombies ! Le premier est un guide de survie en
territoire zombie et le second, un rapport d’une sorte
d’ « ONU » sur l’invasion de ces non morts. Alors que l’un
semble assez amusant (je ne l’ai pas lu et me base donc sur une intuition…),
celui dont nous allons parler est plutôt sérieux. Dans la profusion des
parutions zombiesques, il me semble que cette œuvre mérite le détour et je vais
tenter de vous expliquer pourquoi…
World War Z est un recueil de témoignages. Un homme a été
chargé par la Commission Post Traumatique des Nations Unies (CPTNU) de pondre
un rapport sur la plus grande pandémie, la plus grande guerre que le monde ait
connu, la lutte mondiale contre les zombies. Malheureusement, ce rapport n’a
pas été accepté et l’auteur a décidé d’en publier le contenu afin de permettre
aux générations futures de comprendre ce qui a détruit le monde de leurs
parents… Au travers de divers témoignages de par le monde, nous découvrons le
déroulement de cette catastrophe : Scepticisme, panique, survie, contre
attaque…
Si le thème du zombie est rebattu sur tous les medias
possibles, cette œuvre fait pour moi figure d’ovni littéraire. Pas vraiment une
histoire avec un début, un développement et une fin ; pas de héros mais
une collection d’entretiens sur divers sujets et dans diverses parties du
monde. Cela peut paraître déroutant mais on peut dégager une histoire au fil
des chapitres, celle de notre monde. Classés dans un ordre chronologique, les
témoignages permettent de construire le déroulement de l’invasion zombie et les
réactions humaines à l’échelle mondiale.
Souvent, les histoires de zombies suivent un petit groupe de
survivants, qui se débattent pour survivre, créant une microsociété pour le
meilleur et pour le pire. On y retrouve les luttes de pouvoirs, les travers
humains ou les nobles sacrifices. Bref, on se focalise sur l’individu. Ici, la
focale s’élargit pour embrasser le monde entier. Que feraient nos Etats si
cette catastrophe arrivait ? La raison d’état justifie-t-elle le sacrifice
de millions de citoyens ? Doit-on tout révéler ou bien cacher ce que l’on
sait ? C’est là, pour moi le tour de force de Max Brooks : par des
témoignages individuels, l’auteur nous montre comment le Monde dans son
ensemble réagirait. Mais Brooks est américain me direz-vous ? Sa vision de
la géopolitique n’est-elle pas un peu biaisée ? A mon sens, Il évite
l’écueil d’une analyse fermée et aborde bien les différents points de vues des
Etats. Certes, on retrouve ici et là quelques penchants occidentaux mais rien
qui trouble vraiment la lecture. Le lecteur un poil chauvin que je dois être à
regretté le traitement de la crise française, mais bon, on ne peut pas être
génial partout…
Au final, World War Z est une réussite. On le lit d’une
traite, se posant sans cesse la question du réalisme des réponses
gouvernementales à cette grave crise. Pour moi, cette œuvre fait office, comme
la plupart des histoires de zombies, de parabole. Car qu’est ce qui est en jeu
sinon la gestion mondiale d’une pandémie ? Je trouve qu’à la veille de
l’automne, avec l’actualité qui nous submerge, on devrait tous lire ce livre…
Et quelques réponses qu’on y trouve pourraient nous faire froid dans le
dos !
StepH
PS : J’ai oublié de préciser que la Paramount avait racheté les droits pour l’adapter en film. A Priori, ce devrait être Straczynski (un excellent auteur de comics et le créateur de Babylon 5) qui scénarise. Vous pouvez déjà regarder de fausse bandes annonces très bien faites sur Youtube.
lundi 29 juin 2009
MEIRELLES, Fernando : Blindness
Fernando Meirelles est ce que l’on peut appeler un
réalisateur engagé. Il a signé la Cité de Dieu dans lequel il nous présente de
manière réaliste la vie dans les favelas. Il a aussi adapté avec soin The Constant
gardener de John Le Carré. Blindness est sa première incursion dans le domaine
du fantastique. Il adapte un
roman de l’auteur portugais Saramago (L’Aveuglement chez Point). Cela mérite qu’on s’arrête sur le sujet…
Dans une grande ville, un homme qui conduit perd soudain la
vue. Raccompagné chez lui par un petit voleur, il demande ensuite à sa femme de
l’ammener chez l’ophtalmo. Ce dernier ne trouve aucune raison à cette cécité.
Mais le lendemain, il perd aussi la vue. C’est le début d’une pandémie
galopante que personne ne semble pouvoir arrêter. L’Etat se voit donc dans l’obligation
de mettre en quarantaine tous les cas qu’il trouve. Le « patient zéro »,
le voleur, le docteur et bien d’autres se retrouvent donc isolés et livrés à eux-mêmes
dans un vieux bâtiment. Mais comment se débrouiller lorsque l’on ne voit plus
rien ? Les taches les plus simples deviennent insurmontables. Il faut donc
organiser la vie… Heureusement pour les victimes, la femme du docteur, qui
semble immunisée, a été mise en quarantaine aussi. Elle va tenter d’aider cette
communauté et devenir le témoin privilégié de l’horreur qui peut investir cette
prison…
Le moins que l’on puisse dire, c’est que le sujet est original. C’est peut-être un film catastrophe, qui parle de pandémie, mais on ne meurt pas de cette maladie, on est juste privé du sens que nous utilisons le plus et qui fonde notre société. Cette thématique permet à l’auteur d’aborder une multitude de sujets différents comme le handicap, la société… Certes on retrouve des ingrédients classiques des films catastrophe comme l’inefficacité de l’Etat face à la crise ou bien l’horreur de l’humanité en position de survie, mais c’est bien l’originalité de la maladie qui donne son intérêt au film.
On retrouve la patte du réalisateur de talent. Une belle photographie, des plans bien pensés, apportent un supplément d’âme à ce film. Décidément, Meirelles mérite d’être suivi. Les acteurs, pas forcément des stars (à part Julianne Moore et Danny Glover), nous offrent une prestation juste et parfois touchante.
Là où le bas blesse, à mon sens, c’est que le film s’embourbe
un moment dans l’horreur. Si l’on suit le cheminement de ces malades livrés à eux-mêmes,
l’escalade vers l’inhumanité finit par me poser question. Certes amoindris et
traumatisés, les victimes resteraient-elles soumises si l’horreur devenait
insoutenable ? Vous me direz que la 2ème guerre mondiale nous a
bien montré la « banalité du mal » mais j’ai eu des difficultés à
comprendre la lâcheté d’une communauté entière… Et même si j’ai frissonné et
suis resté accroché à mon écran, je ne suivais plus le message… A l’inverse, la
dernière partie du film me semble assez gentillette, pleine d’humanité… Bref,
Meirelles ne s’affranchit pas entièrement des codes du genre et se laisse un
moment entraîner par des questions assez classiques pour cette catégorie de
film.
Pour conclure, je dirais que ce film mérite d’être vu. Malgré
la petite limite que je vous ai exposé, ce long métrage est tellement bourré de
bonnes idées et si joliment réalisé qu’il restera dans vos mémoires. Injustement
boudé lors de sa sortie ciné, donnez lui l’occasion de vous surprendre et de
vous faire discuter de son sujet. Parmi les nombreuses sorties traitant de fin
du monde, de catastrophe, de maladies, d’horreur, il fait partie de ceux qui m’ont
marqué et fait réfléchir…
StepH
lundi 9 mars 2009
ADLARD, KIRKMAN, MOORE : WALKING DEAD
Comme le
temps passe vite: ma dernière critique remonte à huit mois déjà et je vous y
faisais part de mon intention de chroniquer un monument du comics actuel, le
susmentionné Walking dead.
Les morts marchent en effet. On ne sait toujours pas pourquoi, mais leurs intentions sont quant à elles bien claires : Brrraiiinnnns ! L’histoire débute avec le point de vue de Rick (les patronymes ne sont guère plus d’usage à présent), un policier d’une petite ville des Etats-Unis, marié et ayant un fils. A la suite d’une intervention qui tourne mal, celui-ci perd connaissance. Lorsqu’il se réveille quelques jours plus tard (28 ?), c’est pour découvrir un hôpital, une ville puis un monde où la mort a pris la place de la vie. Dès lors, il n’a qu’une obsession : retrouver sa chère famille.
Encore des zombies, me diront certains ? Pas vraiment non.
Tout d’abord le ton de l’histoire : amateurs de gore rigolard, passez votre route. En détaillant le quotidien d’un groupe de survivants et des rapports qui les unissent les uns aux autres, Kirkman frappe juste. Les zombies ne sont finalement qu’une toile de fond, un prétexte comme bien souvent, pour nous parler de l’évolution d’hommes et de femmes en période de troubles. Les personnages parlent, réagissent et se comportent avec justesse et vraisemblance, terme trop souvent oublié dans les oeuvres relevant de l’imaginaire. Les rebondissements sont nombreux et très inattendus : dans les premières pages, la mort frappe soudainement, là où l’on s’y attend le moins, emportant des personnages auxquels on était attachés. Le rythme est soutenu, enlevé, surtout dans les premiers tomes, où aucun moment de répit n’est ménagé, au point que l’on n’en peut plus d’attendre la suite… C’est un peu différent pour les derniers volumes, à mon sens, où l’histoire semble s’essouffler un peu. A la décharge du scénariste, on ne voit pas comment ils auraient pu poursuivre sur ce tempo. Au contraire, cette cassure dans la trame permet aux auteurs de nous emmener sur des terrains surprenants, posant des questions pertinentes sur l’humanité : que devient la loi en l’absence de société, qu’est-ce qui définit un crime… Dès lors que le modèle de la société vole en éclat, plus rien ne peut rester comme avant. C’est un monde que Rick et ses congénères se doivent de réinventer. En plus de survivre.
Walking dead est donc une œuvre poignante, prenante, autant philosophique que divertissante, intelligente et violente. Certains passages sont (très) durs : quelques planches peuvent être très gores, mais surtout c’est de violence psychologique dont je veux parler. « Monstrueux » (volume 5) est d’une noirceur telle qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Lorsque vous le lirez, imaginez le calvaire des lecteurs de la première heure qui ont dû patienter plus de 3 mois pour en connaître la suite.
Pour finir, quelques mots sur le graphisme car on oublierait presque que l’on parle d’un comic. J’ai nettement préféré le premier dessinateur de la série, Tony Moore, au coup de patte précis et fin, et qui restituait à merveille les émotions des protagonistes, avec des encrages plus doux et nuancé. A un tel point que lorsque le relais est passé aux mains de Charlie Adlard, il m’a fallu une période pour m’habituer : le trait est plus nerveux, tremblant, on a du mal à reconnaître certains personnages. Mais cela va de pair avec leur perte de repères : c’est une volonté des auteurs de rendre leurs héros méconnaissables.
Un dicton de cinéphile promet qu’à chaque période de crise est associé un grand film de zombie. La crise est là, alors précipitez-vous sur Walking Dead…
Mr Jack
lundi 12 janvier 2009
SIMMONS, Dan : Terreur
Après la déception qu’a été Olympos, il me fallait voir si
ce grand auteur était sur le déclin ou si ce n’avait été qu’une erreur de
parcours. Un nouveau pavé de 700 pages, j’espérais que c’était du bon ! Je
n’ai pas été déçu.
Terreur reprend la véritable histoire de l’expédition de Sir John Franklin à la recherche du passage nord ouest de l’antarctique. Parti en 1845 avec deux vaisseaux (le Terror et l’Erebus), le Capitaine et son équipage ne revirent jamais les côtes d’Angleterre… Cette histoire passionna en son temps les citoyens britanniques. Dan Simmons la revisite à sa façon.
A cette époque (milieu du XIXème), la recherche d’un passage au nord ouest est une sorte d’El Dorado pour la marine anglaise qui pourrait alors commercer avec le pacifique de manière performante et prendre ainsi un large avantage sur les mers. Qu’importe la difficulté, il faut envoyer des explorateurs et trouver le chemin…
Et voici comment tout commence avec un Francis Rawdon Moira
Crozier arpentant son bateau, constatant l’enfer polaire dans lequel il se
trouve coincé. Il est loin d’imaginer (ou sans doute que si) ce qui l’attend…
Si Simmons avait sorti les gros sabots pour Olympos, il n’en est rien ici. Incroyablement documenté, toujours érudit, bien écrit, l’auteur joue avec nos nerfs avec du réaliste. On est ici en milieu hostile, pas besoin de créer des génies du mal, des posthumains fous, des trous de ver, la nature est suffisamment hostile en elle même (surtout à cette époque où la technologie était encore balbutiante...). La nature humaine fait aussi le reste… Pourtant, l’auteur ajoute un aspect fantastique pour tout rendre encore plus difficile pour nos explorateurs, mais là encore, tout est finement mené, dans le plus horrible des styles : la retenue.
Le résultat est un roman à la fois d’aventure et d’horreur, mêlant
habilement Jules Vernes et Carpenter. On
a froid, on veut qu’ils s’en sortent. On imagine leur état psychique. Que
peuvent-ils faire ? Sont-ils maudits ? Tout part toujours de travers
et rend la fuite de cet enfer blanc plus difficile encore. Une explication
carrément fantastique rassurerait quelque peu mais Simmons ne nous en fait pas
cadeau, c’est l’horrible réalisme de la vie polaire, des hommes qui nous fait
le plus froid dans le dos. On espère voir intervenir une Chose, un Alien, qui
nous détendrait, mais souvent il s’en abstient, faisant appel au fantastique de
manière très diffuse.
En bref, c’est une indéniable réussite, bien loin de son
style habituel même si on reconnaît sa patte et ses références (il revient
souvent sur Homère et Shakespeare). En ce moment de grand froid, vous devriez courir
l’acheter ou l’emprunter, vous ne serez pas déçus !
StepH
dimanche 26 octobre 2008
ANDREVON, Jean-Pierre : un horizon de cendres.
Jean Pierre
Andrevon est un auteur français prolifique (une quarantaine de livres) et un incontournable
de la SF française. Auréolé de plusieurs prix, ses meilleures œuvres sont
régulièrement republiées. Après la réédition de Sukran aux éditions Folio SF (Grand
prix de la science fiction française), c’est Pocket qui sort en poche Un
horizon de cendres (première édition en 2004 au Bélial).
Kemper, un français
sans histoire, rentre chez lui. Sa vie lui semble assez belle, il a une femme
et une fille qui l’aiment tendrement, un boulot au crématorium. Il croise un
homme qui pue et qui semble très étrange. Plus tard il se rend compte que ce n’était
pas un homme étrange mais un mort vivant et que le monde entier connaît des résurrections.
Pourquoi sont ils revenus, que veulent-ils ? Ils semblent bien impotents
et sans danger. Mais leur nombre ne fait que croître. Ils se baladent bien vite
un peu partout, inoffensifs, croisant de leurs orbites vides les regards bienveillants
ou menaçants des vivants. Certains, accueillent leurs morts avec affection,
remerciant le Bon Dieu pour ce miracle. Bien sûr, la situation s’envenimera
lorsque les morts seront trop nombreux… Kemper nous livre donc son témoignage
de l’évolution de la situation pour que l’on sache ce qu’il s’est réellement
passé…
Au final, c’est un livre très agréable à lire et assez intelligent. Pour autant, il me semble que certaines pistes auraient pu être mieux utilisées, ce qui aurait rendu le tout un peu moins classique. Personnellement, si j’aime vraiment le style d’Andrevon, je regrette un peu certains Gimmicks de l’auteur qui laissent penser que parfois il cède un peu vite à la facilité.
En bref, les
fans de Zombies apprécieront et ceux qui recherchent une bonne lecture sans
prétention ne regretteront pas même si je leur conseille plutôt la lecture de
Sukran qui est beaucoup plus fort.
StepH
lundi 23 juin 2008
ROMERO, George, A.: Diary of the dead
Attention, retour de la discussion sur les films de
zombies : satire sociale ou pur divertissement ?
En effet après le débat passionné qu’avait suscité la
critique de 28 semaines plus tard, (mal)traité par l’ami Steph, je vous propose
mon avis sur le dernier Romero, père fondateur du genre, sobrement intitulé
Diary of the dead.
L’agenda dont il est question dans le titre est en fait le
témoignage vidéo et au jour le jour d’une équipe de tournage d’un film
d’horreur, constituée d’étudiants et d’un professeur alcoolique (oui, c’est
important pour la suite !), qui va se retrouver témoin des premières
heures d’une des pires catastrophes que l’humanité va rencontrer : le jour où les morts se
relèveront !
Film de zombies post 11 septembre, DOTD est en un sens
certainement plus réussi que son prédécesseur dans la saga de Romero (à savoir
son mitigé Land of the dead). Le postulat de départ semblait en tout cas plus
intéressant, puisqu’il proposait un retour aux sources (les premières heures de
l’invasion), vu à travers le nouveau prisme qu’offre le tournage en Digital
Video. On s’attend donc à un film plutôt sérieux et une réflexion sur le rôle
que joue les nouveaux médias mutants que sont les vidéos amateurs, blogs et
autres Youtube. Malheureusement, Romero semble ne pas savoir choisir entre le
divertissement et le grand sermon moral. Après un début plutôt convaincant et
prometteur, le film livre rapidement ses limites : un casting
catastrophique (mais serait-ce la VF qui en est responsable ?), des scènes
difficilement crédibles (les personnages dissertent allègrement sur la raison
d’un suicide dont ils ont étés témoins à l’instant !) et des dialogues
d’une lourdeur imbattable ; je ne peux résister au plaisir de vous donner
un exemple : « Avant c’était nous contre nous. Maintenant, c’est nous
contre eux. Oui, mais eux, c’est nous. » Bien vite, on se rend compte que
le film va ainsi osciller entre le sérieux le plus pompeux et le rire au
troisième degré (le passage chez les Amiches !), ce qui est assez
déroutant. En résulte une œuvre hybride dont on ne sait plus trop si elle ne se
prend pas au sérieux ou si elle se destine à nous poser des questions qui
méritent réflexion. Romero avait par le passé parfaitement réussi son coup (le
magistral Zombies, second opus) qui alliait rigueur formelle et critique
sociale. Ici, malgré l’expérience, il nous livre un joyeux fourre-tout qui
peine à trouver une justesse de ton.
DOTD n’est donc pas totalement raté, mais il pâtit de la
présence encombrante de son format pseudo-documentaire, pourtant à l’essence
même du projet du film. Mais lorsque des choix sont faits, il faut les assumer
jusqu’au bout, et justifier jusque dans l’écriture la présence de la caméra. En
témoigne la scène où, Jason, le réalisateur, reste à côté de la caméra qu’il
recharge, pendant qu’il entend les cris de ses amis se faisant massacrer…
Difficile à avaler !
En bref, si vous cherchez un énième divertissement, DOTD apporte son lot de scènes gores marrantes, tout en délivrant un message pompeux. En revanche, si vous préférez une histoire plus vraisemblable, je vous conseille plutôt de vous tourner vers un petit bijou que je ne tarderai pas à chroniquer en ces pages : la série de comics Walking Dead.
Mr Jack
mardi 6 mai 2008
TEMPLESMITH, Ben & NILES, Steve : 30 days of night VS SLADE, David : 30 days of night
TEMPLESMITH, Ben & NILES, Steve : 30 days of night
Voilà 6 ans
sortait chez nos libraires préférés un petit bijou de noirceur glacé
énigmatiquement intitulé « 30 jours de nuit ». Après avoir feuilleté
ledit volume, s’être plongé quelques secondes dans les illustrations
délicieusement sombres de Steve Niles, le lecteur non avisé tombait sur
« L’idée » qui faisait l’originalité de l’ouvrage. Secret qui n’en
est plus un aujourd’hui après le passage du film adapté, du même nom.
Barrow, Alaska. Commune la plus au nord des Usa, il y règne une température moyenne en dessous de zéro. Mais les particularités de Barrow ne s’arrêtent pas là : une fois par an, pour 30 jours, la ville est plongée dans une obscurité totale. Des conditions difficiles pour y mener une existence « normale », ce que tente cependant de faire Ebanezer Olebaum, shérif de son état, et sa future ex-épouse Stella Olebaum, en pleine séparation. Tandis que les ténèbres descendent, un vague d’actes de vandalisme frappe la petite ville d’ordinaire si paisible...
Pas besoin d’en savoir plus si vous comptez lire la BD ; la couverture est éloquente sur la suite. Arrêtez-vous maintenant.
Toujours
là ? C’est donc que vous l’avez lu ou que vous voulez voir le film :
dans ce cas, vous savez déjà de quoi il s’agit : l’une des variations les
plus brillantes sur le thème du vampirisme. Une bande organisée de vampires
décide de s’offrir un petit festin en s’emparant de la ville pendant cette nuit
interminable. Mais c’est sans compter sur notre shérif local, bien décidé à ne
pas servir de casse-croûte.
J’ai déjà
dit tout le bien que je pensais de l’œuvre de Niles et Templesmith :
noirceur de l’univers, efficacité du propos, originalité alliée à un respect du
genre. Comme souvent, ce sont les histoires les plus simples qui sont les
meilleures. Il n’empêche que le volume renferme une tonne d’idées
intéressantes. Le dessin de Templesmith, que certains trouveront parfois trop
confus, sert à merveille l’atmosphère glacée et morbide de l’ensemble. Bref une
réussite sur tous les plans.
VS
SLADE, David: 30 days of night
Regardez-moi
cette belle tête de vainqueur !
Il n’y aurait que cela, on pourrait encore défendre le film : mais là où tout empire c’est quand on veut s’intéresser aux personnages. On ne parvient pas à s’y attacher, on ne les montre presque jamais en train d’attendre, inquiets, plongés dans l’obscurité angoissante ou en train de lutter contre la faim, le froid.... Lorsque les survivants « sortent », curieusement, les vampires perdent leurs facultés de déplacement et de perception, et bondissent mollement en faisant semblant de ne pas les voir. Pathétique. Enfin dernier point (il y en a bien d’autres, mais je n’ai plus la place et j’espère vous avoir suffisamment averti), la lourdeur qui émane de certaines scènes, et notamment la scène finale. Elliptique, aussi macabre que poignante dans la BD, elle est transformée par Slade en gros plan qui en rajoute dans le gore et l’inutile, souligné par une musique maladroite, le tout clôturant ce chef d’œuvre de l’industrie cinématographique. Impardonnable.
Mr Jack
mardi 29 avril 2008
CALVEZ, Florent, LOVECRAFT : Réanimator.
Qui ne connaît
pas le film culte des années 80 (1985) qui mettait en scène un savant (fou ?)
voulant redonner la vie aux morts ? Il y a quelques mois, Delcourt
redonnait vie à cette nouvelle de Lovecraft de 1922. Un succès ? Pour moi
oui !
1910, Herbert West est un étudiant passionné, fils d’un médecin reconnu, mort bien trop tôt. Ambitieux et obstiné, il décide de s’attaquer à une maladie à laquelle personne n’échappe : la mort. En effet, sa théorie prouverait que l’âme n’existe pas et qu’il est donc possible de relancer la machine qui n’est qu’une association complexe de procédés chimiques. Accompagné par son ami Philip (qui est le témoin et le narrateur de cette histoire), ils vont aller au delà du raisonnable pour arriver à leur fin. Bien sûr, l’expérimentation tournera mal et l’on connaît plus ou moins la fin de l’histoire…
Si l’histoire
est de facture classique (on en connaît déjà le dénouement), la mise en page et
le graphisme servent cette BD à merveille. Florent Calvez, signe ici ce qui est
pour moi sa meilleure œuvre. Je n’ai pas lu la nouvelle qui a inspiré cette BD,
mais je trouve que l’ambiance qu’il instille au fil des pages se rapproche d’une
manière générale de l’univers de Lovecraft. Des tons uniformes (plutôt verdâtres),
un dessin hachuré, des cadrages statiques, nous plongent dans l’univers étrange
et effrayant de Lovecraft. Une fois ouverte, il est dur d’abandonner cette
histoire macabre.
Certes le rythme peut sembler un peu mou au bout d’un moment, mais il est tellement rempli de détails, montre si bien la plongée dans la folie du Docteur qu’on ne peut abandonner. On retrouve aussi des clins d’œil à une autre histoire classique : Frankenstein.
Bref, je n’avais pas trop apprécié de parcourir les pages de Nelson Lobster (une autre série en cours de l’auteur) mais là, je suis sous le charme ! Je conseille la lecture de Réanimator à tous ceux qui aiment les histoires macabres, les fans de Lovecraft et les nombreux fans de Zombie qui peuplent ce blog ! Merci Monsieur Calvez !
StepH
Le site de la BD : http://www.reanimator.fr/
Le site de
l’auteur : http://www.florentcalvez.com/
mercredi 2 avril 2008
FRESNADILLO, Juan Carlos : 28 semaines plus tard.
Pour
commencer, autant vous dire que j’étais fan du premier opus (28 jours plus tard
de Danny Boyle), c’était un bon film de zombies et un très bon film sur
l’humanité. Alors, j’attendais vivement la suite (que j’avais loupée au ciné).
Le DVD est sorti, je l’ai vu, est-ce que je suis emballé ? Oui mais non…
Le Film
débute quelques semaines après l’épidémie qui a touché l’Angleterre. Un groupe
de survivants attend d’être secouru mais se fait prendre d’assaut par un
(grand) groupe d’infectés. Chacun tente de fuir et le courage n’est pas
toujours à l’honneur…
28 semaines
plus tard, les infectés sont morts de faim, le moment est venu de reconstruire…
Nos amis américains ont pris le contrôle d’une partie de la ville et l’ont
sécurisée, c’est le retour au bercail des expatriés. On suit alors la réunion
d’une famille séparée et la tentative de reprendre une vie normale après les
horribles évènements narrés dans le premier opus. Malheureusement, le bonheur
de se revoir est de courte durée, un infecté survivant est retrouvé et relance
le virus. Bien sûr la situation devient rapidement incontrôlable, apportant son
lot d’hémoglobine et de réflexion…
Ce résumé est assez général à dessein, pour ne pas dévoiler une partie importante de l’histoire. Il vous suffit de savoir qu’on suit beaucoup cette famille qui détient quelques clés au sujet du virus…
Si l’on reprend le déroulement du film, la scène d’introduction est tout simplement énorme ! On retrouve à la fois du grand spectacle mais aussi les thématiques qui ont fait le succès du film de Boyle. Pas de héros, juste des hommes qui veulent survivre, à tout prix. Bien réalisée, bien jouée par un toujours bon Robert Carlyle, cette première scène promet un film de haute tenue ! Mais voilà, la suite n’est pas à la hauteur… Si l’on aborde des sujets qui (m’)apportent toujours des frissons (la survie à tout prix, l’horreur de l’humanité…) et des thèmes de réflexions, le scénario est assez téléphoné, rebat des poncifs mille fois vus (le zombie psychopathe slasher, c’est quand même un bon mixe de classiques !!). On se questionne parfois même sur la crédibilité de certaines scènes (destruction d’un groupe d’infectés à coups de pales d’hélico, des soldats robots qui ne se posent jamais de questions…). Bref le scénario aborde des bonnes questions mais les traite de façon tellement lourdes que même Roland Emmerich ne l’aurait pas tourné comme ça (non, j’exagère quand même !!).
Côté réalisation, ce n’est pas toujours ça non plus. Le jeune espagnol tombe dans des tours de caméras un peu hystériques (certes, on se sent presque dans la mêlée, mais bon c’est un peu trop pour moi), nous donne du projet blairwitch au rabais avec une lunette de sniper, enfin, se fait plus redondant que tous les films gros budget.
Au final, si 28 semaines plus tard se regarde sans peine (enfin, moi, ça m’a fait de la peine !), on perd beaucoup de l’originalité du premier pour tomber dans le film de zombie classique… Enfin, rien que pour la première scène, je vous conseille tout de même de le voir !
StepH
PS : Il est à noter qu'il existe une BD qui fait le lien entre le premier et le second film. Ne l'ayant pas encore lue, je ne peux pour le moment pas vous en dire grand chose de plus mais je réparerai cette erreur en commentaire!!! Venez y de temps en temps pour jeter un oeil !
mardi 4 décembre 2007
BOYLE, Danny : Sunshine.
2057, le
soleil se meurt et avec lui tout espoir de survie pour l’humanité. Une solution
doit donc être trouvée… Envoyer une bombe gigantesque et expérimentale en plein
cœur du soleil afin de relancer son vieux cœur usé. Le film commence sur le
vaisseau chargé de tenter une deuxième fois le miracle (le premier vaisseau a
disparu sans donner de nouvelles…). L’équipage fera tout pour réussir.
Malheureusement, ce ne sera pas aussi facile que prévu…
Le film démarre directement, pas de contextualisation, de préparation, le voyage a déjà commencé lorsque nous rejoignons les héros. On assiste à leur vie sur le vaisseau et on les découvre petit à petit. L’ambiance est plus proche de Solaris que d’Alien mais on est vraiment intrigué par cette équipe qui doit vivre ensemble malgré des caractères très différents. Centré sur la psychologie des personnages, on se demande si on agirait pareil et on réfléchit beaucoup à la situation. Cette partie est très réussie. Puis les ennuis commencent et l’action aussi ! Extrêmement bien filmé, on reste collé à l’écran. Enfin, la dernière partie part en sucette et le scénariste ajoute des éléments qui selon moi nuisent au film.
Alors, un bon film ou une pure daube ? Je ne saurais pas le dire. J’adore presque tous les films de Danny Boyle (sauf La Plage, bien sûr !) et je trouve que celui-ci est très bien filmé avec des idées originales. J’aime aussi beaucoup l’intensité des relations entre les personnages qui ne sont pas de simples victimes, la tendance à se demander si le plus dangereux des monstres n’est pas l’humain. En un mot, la première partie est vraiment belle et bien faite. Pour la seconde partie, c’est une autre paire de manches… Le scénario continue à être bon, sauf une chose qui me paraît presque ridicule ! Sans vous dévoiler la fin, transformer un film presque psychologique en un vieux slasher, sans raison apparente (ou bien il y a quelque chose qui m’a échappé…), réduit la crédibilité du film et l’intensité dramatique… Pourtant, il y a toujours des aspects qui me plaisent, même à la fin.
Au bilan,
je vous dirais de le tenter sans en attendre un nouveau 2001… Il vient de
sortir en DVD, dans quelques mois, il sera à 9€90…
StepH


