lundi 1 octobre 2007
CLARKE, Susanna : Jonathan Strange et Mr Norrell.
Début
XIXéme, l'Angleterre fait la guerre à l'Empereur NAPOLEON sans que les membres
des clubs ne perdent leur si britannique flegme. Dans certains de ces salons
privés on parle de magie... Mais attention, si entre gentlemen on évoque les
illustres magiciens qui ont émaillés l'histoire de la Grande-Bretagne, si on
s'essaye à l'exégèse de leurs écrits et si on compose leur biographie, on ne
pratique pas. Cela ne se fait pas pour des personnes bien nées... Cela ne se
fait plus depuis 300 ans... Or un dénommé Mr Norrel s'est mis en tête de
réhabiliter la magie anglaise. Et quel meilleur moyen pour inaugurer cette
noble entreprise que de commencer par ramener à la vie la jeune et belle
promise d'un influent membre du gouvernement. Il sera ensuite temps de se faire
guider dans la bonne société londonienne, de s'occuper de la guerre et de
prendre pour élève ce si doué jeune homme qu'est Jonathan Strange...
Vous qui à cet instant lisez cette chronique je me dois dés à présent de vous mettre en garde contre les nombreux dangers de cet ouvrage...
Il me faut
d'abord vous mettre en garde contre son quatrième de couverture. Car le résumé
qui y est proposé me paraît ne pas rendre justice à la subtilité de l'oeuvre.
On est en effet à milles lieux de la classique confrontation entre un maître
bienveillant et un élève impatient de posséder de puissants pouvoirs qui se
détournerait vers des voies obscures.
Il me faut aussi vous mettre en garde contre le style de l'ouvrage. Bien que certains d'entre vous aient l'esprit assez aiguisé pour résister à cet obstacle. J'ai personnellement tendance à aimer les récits vifs et enlevés ; " légers " dans tous les sens du terme même le plus péjoratif. J'ai eu ici quelques difficultés à avancer dans le récit. Certes le style colle parfaitement à l'intrigue qu'il présente. Je le qualifierai personnellement de " sénatorial " : d'un langage des plus recherché, parfait contrepoint à la société anglaise du XIXéme qu'il dépeint, mais qui porte en son sein une tendance à la digression, à une lenteur dans l'exposition qui n'est pas sans rappeler ces vieux messieurs de notre haute assemblée.
Enfin, il me faut vous avertir contre le pire de tous les dangers de ce livre. Si vous ne pouvez résister au deux précédents écueils que je vous ai présentés vous passerez à côté d'une intrigue riche, subtile qui prend le temps qui lui est nécessaire pour se déployer, prés de 600 des 850 pages qui la compose, avant de vous mener tambour battant vers une grande et belle conclusion comme il m'a rarement été donné de lire.
Courage, résistez, cela en vaut à mon humble avis largement la peine !
Pacman.
Commentaires
J'avais trouvé le design original, et avait été déçu par la quatrième de couv. Je sens que je vais y revenir. Merci.
Quel nom étrange
Il s'appelle Strange, l'auteur, c'est marrant.
Bonjour.
Ah tiens, bonjour Ugarte. Ca faisait un moment, je croyais que t'avais disparu.
Zolg.
Quoi, il est inutile ce message?
re: quel nom étrange
Non, l'auteur s'appelle Suzanna Clarke. Il paraît que ce livre est un des meilleurs publiés cette année ! Moi je vais bientôt me le faire !
StepH
Ah oui, elle s'appelle suzannah clarke. Je m'arrange pas, avec le temps...
Zolg.
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=299405&pid=6395090
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :

