mardi 6 mai 2008
TEMPLESMITH, Ben & NILES, Steve : 30 days of night VS SLADE, David : 30 days of night
TEMPLESMITH, Ben & NILES, Steve : 30 days of night
Voilà 6 ans
sortait chez nos libraires préférés un petit bijou de noirceur glacé
énigmatiquement intitulé « 30 jours de nuit ». Après avoir feuilleté
ledit volume, s’être plongé quelques secondes dans les illustrations
délicieusement sombres de Steve Niles, le lecteur non avisé tombait sur
« L’idée » qui faisait l’originalité de l’ouvrage. Secret qui n’en
est plus un aujourd’hui après le passage du film adapté, du même nom.
Barrow, Alaska. Commune la plus au nord des Usa, il y règne une température moyenne en dessous de zéro. Mais les particularités de Barrow ne s’arrêtent pas là : une fois par an, pour 30 jours, la ville est plongée dans une obscurité totale. Des conditions difficiles pour y mener une existence « normale », ce que tente cependant de faire Ebanezer Olebaum, shérif de son état, et sa future ex-épouse Stella Olebaum, en pleine séparation. Tandis que les ténèbres descendent, un vague d’actes de vandalisme frappe la petite ville d’ordinaire si paisible...
Pas besoin d’en savoir plus si vous comptez lire la BD ; la couverture est éloquente sur la suite. Arrêtez-vous maintenant.
Toujours
là ? C’est donc que vous l’avez lu ou que vous voulez voir le film :
dans ce cas, vous savez déjà de quoi il s’agit : l’une des variations les
plus brillantes sur le thème du vampirisme. Une bande organisée de vampires
décide de s’offrir un petit festin en s’emparant de la ville pendant cette nuit
interminable. Mais c’est sans compter sur notre shérif local, bien décidé à ne
pas servir de casse-croûte.
J’ai déjà
dit tout le bien que je pensais de l’œuvre de Niles et Templesmith :
noirceur de l’univers, efficacité du propos, originalité alliée à un respect du
genre. Comme souvent, ce sont les histoires les plus simples qui sont les
meilleures. Il n’empêche que le volume renferme une tonne d’idées
intéressantes. Le dessin de Templesmith, que certains trouveront parfois trop
confus, sert à merveille l’atmosphère glacée et morbide de l’ensemble. Bref une
réussite sur tous les plans.
VS
SLADE, David: 30 days of night
Regardez-moi
cette belle tête de vainqueur !
Il n’y aurait que cela, on pourrait encore défendre le film : mais là où tout empire c’est quand on veut s’intéresser aux personnages. On ne parvient pas à s’y attacher, on ne les montre presque jamais en train d’attendre, inquiets, plongés dans l’obscurité angoissante ou en train de lutter contre la faim, le froid.... Lorsque les survivants « sortent », curieusement, les vampires perdent leurs facultés de déplacement et de perception, et bondissent mollement en faisant semblant de ne pas les voir. Pathétique. Enfin dernier point (il y en a bien d’autres, mais je n’ai plus la place et j’espère vous avoir suffisamment averti), la lourdeur qui émane de certaines scènes, et notamment la scène finale. Elliptique, aussi macabre que poignante dans la BD, elle est transformée par Slade en gros plan qui en rajoute dans le gore et l’inutile, souligné par une musique maladroite, le tout clôturant ce chef d’œuvre de l’industrie cinématographique. Impardonnable.
Mr Jack
jeudi 1 mai 2008
AUSTEN, Chuck, FINCH, David, ZEZELJ, Daniel : L'appel du devoir.
A regarder
l'illustration qui accompagne cette chronique vous avez inévitablement compris
que nous allions évoquer ici ces « héros ordinaires » (oxymore
consacré) que sont les pompiers et plus précisément ceux de New-York.
J'aime à
essayer de combattre les poncifs, et encore plus quand je me les inflige à
moi-même ; ces sinistres présupposés limitatifs de l'imagination et de cynisme
qui préparent le cortex à recevoir une histoire que l'on s'est (sait ?) déjà
(mal) raconté.
Je fais
semble-t-il partie de ces béotiens de la culture graphique Nord-américaine qui
ont toujours pensé que pour le dessinateur d'outre-atlantique le héros ne
pouvait être qualifié que de « super », porter fièrement le collant
moulant et sauver la veuve et l'orphelin à cinq reprises entre le repas du soir
et le petit déjeuner (Créature nocturne donc).
Certes je
ne suis cependant pas sans savoir que de tragiques événements se sont produits
un certain 11 septembre et que de nombreux membres du N.Y. Fire Department ont
fait ce jour-là le sacrifice de leur vie. Mais patriotisme et hommage font
souvent bon ménage chez l'Oncle Sam et c'est avec quelques appréhensions que
j'ouvrais ce comic qualifié en quatrième de couverture « d'hommage
poignant à ces soldats de devoir, ces hommes et ces femmes qui méritent
amplement le titre de héros ».
Alors à quoi m'attendais-je que je n'ai pas trouvé ?
Il existe
un « one-shot » publié après le 11 septembre où l'on voit les
pompiers de N.Y. et des super héros comme Spiderman déblayer les décombres du
World Trade Center. J'avais peur de tomber sur quelque chose de convenu avec
nos amateurs de lycra près du corps donnant un coup de main à des pompiers faire-valoir.
J'espérais aussi éviter le manuel de recrutement du NYFD en BD, même si j'ai le
plus grand respect pour le sacerdoce de ces femmes et hommes. J'avais peur de
ne trouver que camaraderie, sacrifice et
grand feu ; une « banale » histoire de pompiers comme le cinéma et
les séries TV US nous servent souvent...
Ce que j'ai découvert, c'est un récit subtil dispensant progressivement sa dose de fantastique...
Le Lieutenant James McDonald est pompier à New-York. Au cours d'un incendie il est amené à sauver une petite fille blonde, mais le plancher en flamme cède sous ses pieds. Quand ses hommes le retrouvent, il est vivant mais la petite fille a disparu. Jen est secouriste à bord d'une de ces célèbres ambulances rouge et blanche de N.Y.. Elle intervient sur un carambolage qui a fait plusieurs victimes graves. Au milieu du chaos, une petite fille blonde est miraculeusement indemne. Quand Jen décide de s'en occuper elle a disparu. Qui est-elle ? Pourquoi tient-elle ces étranges propos : « Il va y avoir la guerre »...
Alors qui peut lire ce récit ? Les fans de comics car ils trouveront un récit différent, subtil, presque simple où ils rencontreront ce fantastique plus littéraire auquel on accole pas le chiffre « 4 ». Ceux qui ne connaissent pas les comics découvriront une autre manière de faire de la BD loin du franco-belge ou du manga, peut-être surpris de confronter deux styles graphiques très différents au profit de la même histoire sans en gâcher le plaisir.
Je finirais ici par une citation. Le docteur Albert Schweitzer a dit « Il n'y a pas de héros de l'action. Il n'y a de héros que dans le renoncement et la souffrance ». Je voulais commencer cette chronique par cette phrase, mais cela m’aurait mené trop loin...
Quiconque aura lu « L'Appel du Devoir » comprendra pourquoi j'ai conclu ainsi.
Pacman.
mardi 29 avril 2008
CALVEZ, Florent, LOVECRAFT : Réanimator.
Qui ne connaît
pas le film culte des années 80 (1985) qui mettait en scène un savant (fou ?)
voulant redonner la vie aux morts ? Il y a quelques mois, Delcourt
redonnait vie à cette nouvelle de Lovecraft de 1922. Un succès ? Pour moi
oui !
1910, Herbert West est un étudiant passionné, fils d’un médecin reconnu, mort bien trop tôt. Ambitieux et obstiné, il décide de s’attaquer à une maladie à laquelle personne n’échappe : la mort. En effet, sa théorie prouverait que l’âme n’existe pas et qu’il est donc possible de relancer la machine qui n’est qu’une association complexe de procédés chimiques. Accompagné par son ami Philip (qui est le témoin et le narrateur de cette histoire), ils vont aller au delà du raisonnable pour arriver à leur fin. Bien sûr, l’expérimentation tournera mal et l’on connaît plus ou moins la fin de l’histoire…
Si l’histoire
est de facture classique (on en connaît déjà le dénouement), la mise en page et
le graphisme servent cette BD à merveille. Florent Calvez, signe ici ce qui est
pour moi sa meilleure œuvre. Je n’ai pas lu la nouvelle qui a inspiré cette BD,
mais je trouve que l’ambiance qu’il instille au fil des pages se rapproche d’une
manière générale de l’univers de Lovecraft. Des tons uniformes (plutôt verdâtres),
un dessin hachuré, des cadrages statiques, nous plongent dans l’univers étrange
et effrayant de Lovecraft. Une fois ouverte, il est dur d’abandonner cette
histoire macabre.
Certes le rythme peut sembler un peu mou au bout d’un moment, mais il est tellement rempli de détails, montre si bien la plongée dans la folie du Docteur qu’on ne peut abandonner. On retrouve aussi des clins d’œil à une autre histoire classique : Frankenstein.
Bref, je n’avais pas trop apprécié de parcourir les pages de Nelson Lobster (une autre série en cours de l’auteur) mais là, je suis sous le charme ! Je conseille la lecture de Réanimator à tous ceux qui aiment les histoires macabres, les fans de Lovecraft et les nombreux fans de Zombie qui peuplent ce blog ! Merci Monsieur Calvez !
StepH
Le site de la BD : http://www.reanimator.fr/
Le site de
l’auteur : http://www.florentcalvez.com/
mercredi 23 avril 2008
POWERS, Tim : Les voies d'Anubis
Certaines personnes
qui me connaissent savent que je suis du genre à rabâcher régulièrement les
mêmes choses. Parmi celles-ci, un exemple : IL FAUT ABSOLUMENT LIRE
« LES VOIES D’ANUBIS » DE TIM POWERS !!!
Un avantage, c’est que je ne l’ai pas encore dit ici. Je vais donc me contenter d’asséner une évidence, sans me soucier de ce qu’en pensent d’éventuels contradicteurs, puisqu’après tout j’ai raison : ce roman est un ouvrage majeur de la Science-Fiction. Prix Philip K. Dick et Sceince-Fiction Chronicle Award 1984, prix Apollo 1987 ; autant de références qui me donnent l’avantage de ne pas être le seul à penser cela. Mais assez de blablature : parlons-en.
Brendan Doyle, professeur de littérature anglaise, accepte un beau jour de participer à une expérience inédite proposée par un scientifique rencontré lors d’une conférence : remonter pour quelques jours le cours du temps pour atterrir au XIX° siècle. C’est pour lui l’occasion de se plonger dans l’ambiance d’un siècle qui le fascine et peut-être de rencontrer les poètes qui le fascinent : Lord Byron, John Keats, Percy Shelley… Las ! Que ne manque-t-il le voyage retour et reste coincé là, à fuir d’étranges bohémiens, ainsi qu’un clown rebondissant (littéralement), sans parler de ces mages égyptiens qui souhaitent faire revenir à la vie leurs dieux à eux et sont persuadés qu’ils n’y parviendront qu’en lui faisant la peau. Au cœur de ces aventures rocambolesques, le professeur se retrouvera sur la piste d’un poète romantique des plus mystérieux, et son favori : William Ashbless, cela lui donne au moins l’occasion de travailler à sa thèse… en espérant ne pas changer le cours de l’Histoire. Il manquera également se noyer, découvrira un fascinant monde souterrain et…
Je m’arrête là, sans quoi j’en dirais trop. Incroyablement vivant et renseigné concernant tant les poètes romantiques que l’histoire des sciences occultes, « Les Voies d’Anubis» est aussi le roman fondateur de la vague Steampunk, courant fort intéressant de la S.F. en ceci qu’il fait émerger les questionnements liés à la confrontation entre les antiques superstitions qui ont régné sur les fantasmes humains durant des siècles et les techniques industrielles naissantes – questionnements qui aujourd’hui prennent un autre sens, mais ne peuvent (à mon humble avis) être évités non plus.
Une œuvre haletante et maîtrisée de la première à la dernière ligne, le meilleur roman de Tim Powers – il est rare que je sois si enthousiaste. C’est peut-être parce qu’en ses lignes j’y ai retrouvé, ébahi, une superstition que m’avait transmise ma grand-mère, dans les « temps anciens » de ma jeunesse ; elle me répétait régulièrement : « Quand tu cuisines des œufs, pense toujours à écrabouiller les coquilles si tu ne veux pas que les sorcières s’en servent pour traverser la rivière ! ». Vous en faites ce que vous voulez ; tant que vous LISEZ LES VOIES D’ANUBIS, cela me convient.
Zolg
dimanche 20 avril 2008
VERBINSKI, Gore : Pirates des Caraïbes 3 ; Jusqu’au bout du monde
Leçon de cuisine : faites un film sans saveur ;
rallongez la sauce à l’extrême et vous obtiendrez 2H48 d’un film qui ne laisse
aucun goût dans la bouche, si ce n’est le regret de l’avoir vu.
Autant vous le dire, déjà d’entrée, je n’ai pas du tout adhéré au concept « Pirates Des Caraïbes ».Faire un film à partir d’une attraction Disney ? Pourquoi pas faire le Manoir Hanté tant qu’on y est….hum hum.
Est-il besoin de résumer la saga ? Car je suis sure que vous avez tous vu au moins un des trois épisodes (et j’espère que c’était le premier).
Pour faire bref, la saga « Pirates Des Caraïbes » nous narre les aventures rocambolesques du pirate Jack Sparrow (interprété par Johnny Depp) qui recherche tour à tour, son bateau (PdC1), le coffre maudit (PdC2) et un bon scénario (PdC3) !
Le film commence et déjà, il n’y a pas que les amarres qui sont larguées ! Aucun rappel pour permettre au spectateur de se « remettre dans le bain » ; donc on passe une bonne demi-heure à se poser un tas de questions : Comment il se finit au fait le 2 ? Mais lui, c’est qui déjà ? C’est quoi ce film qu’on regarde ? Une fois ces questions posées, il reste quand même encore 2H00 de film et toujours pas une once d’intérêt. Le personnage de Jack Sparrow, qui faisait la force du premier opus, devient presque une des faiblesses principales de ce film. On en arrive à une caricature d’un Jack Sparrow qui en lui-même était déjà une caricature (mais réussie pour le 1er opus). Et bien qu’en jouant les bouffons, Johnny Depp n’arrive toujours pas à nous décrocher un sourire. Les personnages secondaires (Elizabeth Swann - Keira Knightley et Will Turner – Orlando Bloom pour ne citer qu’eux) sont quant à eux plus que fades. Mention spéciale toutefois à Keith Richards pour son apparition clin d’œil en tant que père de Jack Sparrow.
Niveau scénar, donc, rien de bien intéressant. On prend les méchants des deux premier opus, on secoue bien fort et…… et bien rien ! On attend jusqu’à la fin du film une superbe bataille navale qu’on nous promet plusieurs fois mais qui n’arrive jamais… Quant au petit jeu de trahison perpétuelle du trio de tête cela en devient presque soporifique… et je ne parle même pas de la scène du mariage improvisé entre Will et Elizabeth….
Bref, après avoir vu les trois épisodes de la saga, et bien j’ai tendance à revoir mon jugement sur le premier, qui, finalement, n’était pas si mal que ça !
Pour finir j’attirerai juste l’attention sur la performance d’acteur du personnage qui est pour moi le plus intéressant du film : le petit macaque ! A bon entendeur !
Miss J.
mercredi 2 avril 2008
FRESNADILLO, Juan Carlos : 28 semaines plus tard.
Pour
commencer, autant vous dire que j’étais fan du premier opus (28 jours plus tard
de Danny Boyle), c’était un bon film de zombies et un très bon film sur
l’humanité. Alors, j’attendais vivement la suite (que j’avais loupée au ciné).
Le DVD est sorti, je l’ai vu, est-ce que je suis emballé ? Oui mais non…
Le Film
débute quelques semaines après l’épidémie qui a touché l’Angleterre. Un groupe
de survivants attend d’être secouru mais se fait prendre d’assaut par un
(grand) groupe d’infectés. Chacun tente de fuir et le courage n’est pas
toujours à l’honneur…
28 semaines
plus tard, les infectés sont morts de faim, le moment est venu de reconstruire…
Nos amis américains ont pris le contrôle d’une partie de la ville et l’ont
sécurisée, c’est le retour au bercail des expatriés. On suit alors la réunion
d’une famille séparée et la tentative de reprendre une vie normale après les
horribles évènements narrés dans le premier opus. Malheureusement, le bonheur
de se revoir est de courte durée, un infecté survivant est retrouvé et relance
le virus. Bien sûr la situation devient rapidement incontrôlable, apportant son
lot d’hémoglobine et de réflexion…
Ce résumé est assez général à dessein, pour ne pas dévoiler une partie importante de l’histoire. Il vous suffit de savoir qu’on suit beaucoup cette famille qui détient quelques clés au sujet du virus…
Si l’on reprend le déroulement du film, la scène d’introduction est tout simplement énorme ! On retrouve à la fois du grand spectacle mais aussi les thématiques qui ont fait le succès du film de Boyle. Pas de héros, juste des hommes qui veulent survivre, à tout prix. Bien réalisée, bien jouée par un toujours bon Robert Carlyle, cette première scène promet un film de haute tenue ! Mais voilà, la suite n’est pas à la hauteur… Si l’on aborde des sujets qui (m’)apportent toujours des frissons (la survie à tout prix, l’horreur de l’humanité…) et des thèmes de réflexions, le scénario est assez téléphoné, rebat des poncifs mille fois vus (le zombie psychopathe slasher, c’est quand même un bon mixe de classiques !!). On se questionne parfois même sur la crédibilité de certaines scènes (destruction d’un groupe d’infectés à coups de pales d’hélico, des soldats robots qui ne se posent jamais de questions…). Bref le scénario aborde des bonnes questions mais les traite de façon tellement lourdes que même Roland Emmerich ne l’aurait pas tourné comme ça (non, j’exagère quand même !!).
Côté réalisation, ce n’est pas toujours ça non plus. Le jeune espagnol tombe dans des tours de caméras un peu hystériques (certes, on se sent presque dans la mêlée, mais bon c’est un peu trop pour moi), nous donne du projet blairwitch au rabais avec une lunette de sniper, enfin, se fait plus redondant que tous les films gros budget.
Au final, si 28 semaines plus tard se regarde sans peine (enfin, moi, ça m’a fait de la peine !), on perd beaucoup de l’originalité du premier pour tomber dans le film de zombie classique… Enfin, rien que pour la première scène, je vous conseille tout de même de le voir !
StepH
PS : Il est à noter qu'il existe une BD qui fait le lien entre le premier et le second film. Ne l'ayant pas encore lue, je ne peux pour le moment pas vous en dire grand chose de plus mais je réparerai cette erreur en commentaire!!! Venez y de temps en temps pour jeter un oeil !
lundi 31 mars 2008
MURAKAMI, Haruki : La course au mouton sauvage
Haruki
Murakami est un auteur japonais qui a remporté en 2006 le World Fantasy Award
pour « Kafka sur le rivage ». Une raison amplement suffisante pour
partir à sa rencontre, mais sans oser me lancer dans le millier de pages de
l’ouvrage en question. Donc, comme de coutume, j’en choisis un qui ait l’air sympathique et
pas trop long : La course au mouton sauvage.
Un homme, dont on ne connaît pas le nom (le narrateur), mène au Japon une vie qu’il aimerait désespérée et dénuée de sens : il vient de divorcer, son emploi l’ennuie – il dirige avec un collègue alcoolique un magazine mensuel de publicité qui lui permet de gagner correctement sa vie mais pas de « s’épanouir » – et il envisage d’en changer un jour ; pour le reste, il passe ses journées à allumer des cigarettes et à vider des « boîtes » de bière. Seul son chat, vieux et abîmé, consiste aujourd’hui un point d’attache sérieux. C’est son côté romantique qui parle.
Le jour où il rencontre une call-girl aux oreilles sublimissimes, sa vie se relance un brin, mais c’est pas encore ça. Elle va toutefois l’accompagner dans l’aventure extraordinaire qui se présente à lui : contacté par une agence d’extrême-droite, notre homme va être chargé de retrouver un mouton… aux pouvoirs magiques.
Evidemment, désabusé qu’il est, il refuse ; mais ceux qui s’adressent à lui ont plus d’un tour dans leur sac pour lui forcer la main, et le voici parti pour l’île d’Hokkaido à la recherche d’un ami disparu qui a eu le malheur de lui envoyer, quelques années plus tôt, une photo dudit mouton. Une chance que sa call-girl – dont les oreilles surnaturelles captent d’étranges ondes qui lui permettent d’avoir d’incroyables intuitions, si-si – l’accompagne, sans quoi il n’avancerait pas d’un poil.
La construction a-chronologique ambitieuse et le style faussement plat de l’auteur sont un des points forts du roman, qui tarde malheureusement à se lancer et se perd, durant les 150 premières pages, dans des méandres psychologiques relativement pénibles : on sent que l’homme est, pour le moins, un assidu de la littérature française – un traumatisé du Proust qui considère que tout ouvrage digne de ce nom ne peut que comporter de longs passages mélancoliques où le héros se demande quel est le sens de sa vie. Par chance, après ces longues digressions, il se passe enfin quelque chose et nous avons le plaisir de nous laisser emporter par l’ambiance irréelle de l’ouvrage et son histoire hallucinée. Des paysages fascinants, des personnages inédits et des retournements de situations réellement surprenants, quelques ingrédients qui font de ce livre un bon moment et une œuvre surprenante. Suffisamment pour que je me lance dans le gros Kafka sur le rivage ? A voir.
Zolg
lundi 24 mars 2008
REMENDER, Rick, MOORE, Tony : Fear Agent.
Tony Moore
est un dessinateur qui a le vent en poupe en France depuis le succès de Walking
Dead : deux nouveaux titres en deux mois, les exterminateurs chez panini
comics et Fear agent chez Akileos. Si les exterminateurs ont attiré mon œil,
Fear agent m’a définitivement conquis dès la couverture : des couleurs vives,
tendance old school, elle me rappelle presque des vieilles séries à la Flash
Gordon. Et puis Akileos produit beaucoup de bons titres pas assez connus pour
moi. Je me lance donc et suis les aventures de Heath Houston…
Heath
Houston est un aventurier à l’ancienne, une bonne tête de boxeur, une tête
virile, une répartie ironique. Il est chasseur d’E.T. et tombe toujours sur des
emmerdes plus grosses que lui. Mais comme c’est un malin, un alcoolo et le
héros de notre histoire, il s’en sort toujours même si son état physique ne s’améliore
pas. Tout commence vraiment pour lui quand on lui demande d’aller vérifier si
tout se passe bien sur une pompe à essence galactique qui ne répond plus aux
appels. Il se retrouve au milieu d’un complot géant qui vise à anéantir rien moins
que la Terre… Le voilà devenu le dernier rempart de l’humanité avant l’extinction…
Jouissif, excellent, de haute tenue, voilà ce qui me vient à l’idée au souvenir de la lecture de ce comics. Le scénario, volontairement rétro, fait la part belle à l’action. Tout est fait pour que le lecteur se retrouve projeté dans le golden age de la BD de science fiction américaine : des extraterrestres à tentacules, des méchants aussi mauvais que tordus (façon génies du mal), des situations extrêmes que seul notre héros sorti d’un autre âge peut résoudre. Les personnages sont hauts en couleurs, tout particulièrement Heath qui est un stéréotype du héros des années 50, entouré par une IA maman poule et par une splendide femme, aussi belle qu’intelligente. La narration de l’histoire est portée par les pensées du héros, ce qui renforce encore ce côté désuet. Mais si le ton est définitivement humoristique en hommage à l’âge d’or américain, le scénario ne s’en suit pas moins avec grand plaisir. Rick Remender fait un excellent boulot.
Si l’auteur
est très bon, il est soutenu de manière fantastique par le dessinateur, Tony
Moore, qui prouve (s’il le devait encore) qu’il est un des plus grands du
moment. Ses illustrations servent à merveille le sujet et il crée un monde
ahurissant de détails et de trouvailles. Chaque planche est un clin d’œil, à
mon humble avis, au style du Golden Age. Moi je suis fan !
Si vous n’aviez pas bien compris, je suis emballé par ce titre, j’adore Tony Moore et je vous invite à jeter un œil à cette nouvelle série en espérant qu’elle continue à ce niveau. Par la même occasion, suivez la production d’Akileos qui recelle quelques pépites !!!
StepH
PS : pour vous rendre compte du contenu de la bd, vous l'avez en ligne sur :
http://www.newsarama.com/ImageComics/FearAgent/FearAgent01issue.htm
vendredi 21 mars 2008
la SF en deuil
Mercredi dernier est mort un grand monsieur de la SF : Arthur C. Clarke. Il était connu surtout pour son énorme 2001, l'odyssée de l'espace, mis en image par Kubrick mais aussi pour son cycle Rama. Il est considéré comme un des plus grands auteurs de SF du 20ème siècle. Décédé à 90 ans au Sri Lanka, il laisse derrière lui près d'une centaine d'oeuvres. Plus qu'un maître dans l'art de nous faire rêver et réfléchir, Clarke a été une source d'inspiration en matière de prospective : ainsi il avait déjà décrit le principe de fonctionnement des satellites en 1945... On réfléchit actuellement au principe de l'ascenseur spatial abordé dans l'une de ses oeuvres... Bref, scientifique et écrivain, il laisse dans les deux cas un grand vide. Les fans pourront lire son dernier livre en fin d'année. Il est co-écrit par Frederik Pohl et s'intitulera le dernier théorème (titre prémonitoire ?).
Ajoutons à cela une autre mauvaise nouvelle : la référence en matière d'humour en fantasy, Terry Pratchett vient d'annoncer qu'il était atteint de la maladie d'Alzheimer. Son travail s'en trouve énormément ralenti.
Enfin, pour relayer l'information que Pacie a mis en commentaire ailleurs, Gary Gigax est mort le 4 mars dernier. C'était un des plus grands noms du jeu de rôle. Il était surtout connu pour le best seller intergalactique Donjon et Dragon.
Mars n'a pas été un bon mois pour l'imaginaire...
StepH
lundi 17 mars 2008
SIMMONS, Dan : Ilium.
J’adore Dan
Simmons. Pour moi l’Echiquier du mal ou encore Hyperion sont des œuvres
incontournables. Alors quand sort sa nouvelle grande fresque en poche, je me
rue dessus. Après quelques temps, je m’y mets et près de 900 pages plus loin,
me voilà à l’heure du bilan du premier tome de ce diptyque.
Comment vous expliquer cette histoire, si dense et si originale, sans rien vous dévoiler et tout en vous transmettant l’envie de plonger dans ce roman épique, intelligent, divertissant, érudit ?
Lointain futur, Mars. Pour se divertir (ou pour une raison plus complexe…) le Panthéon grec joue à nouveau la guerre de Troie. Achille fait une deuxième fois face à Hector et chaque Dieu parie sur son poulain, intervenant pour faire pencher la balance d’un côté ou de l’autre. Pour arbitrer la mêlée, certains spécialistes humains de l’Iliade sont ressuscités. Car, en vérité, les Dieux ne se souviennent plus de la conclusion de la première bataille. Les scholiastes sont donc là pour s’assurer de la véracité de la reconstitution. Hockenberry fait partie de ces juges. Il sait que cette vie ne tient qu’à un fil, qu’il est le jouet de forces supérieures. Alors, quand Aphrodite lui demande un service, il sait qu’il est piégé et qu’il ne fera pas long feu. Commence pour lui une aventure qui changera ce nouveau monde à jamais…
Mahnmut est un Moravec, sorte d’entité biomécanique. Il explore les profondeurs marines d’Europe, lune de Jupiter. Sa vie solitaire dans son submersible n’est divertie que par la passion qu’il voue à Shakespeare lorsqu’on l’appelle pour une mission extérieure qui le mènera, en compagnie de plusieurs acolytes (dont un passionné de Proust), en direction de Mars afin de comprendre d’où vient cette énorme activité quantique qui risque de déchirer la réalité.
Daeman, Ada
et Harman sont des humains. Ils vivent dans une société ayant tout oublié de
son passé, de sa culture. Occupant leurs existences hédonistes avec des fêtes,
servis par des robots, ils ne savent rien faire et n’attendent rien de la vie,
sinon d’exister jusqu’à leur cinq-vingt, date à laquelle ils peuvent rejoindre
les post-humains sur les anneaux en orbite autour de la Terre. Pourtant, Harman
sait lire, il est curieux. Il se met en quête de réponses et veut accéder aux
anneaux avant la date fatidique. Les trois curieux commencent alors une odyssée
qui leur fera découvrir leur passé et les secrets des posts…
En quatrième de couverture, Philippe Curval nous dit « qu’il y a tant d’idées dans Ilium qu’elles pourraient servir à une génération d’écrivain ». D’habitude, ces petites citations ne sont que des pubs censées vous faire acheter. Là, je vous jure que Curval, ne pouvait trouver de phrase plus pertinente ! 900 pages, c’est long, pourtant, l’auteur nous surprend à chaque chapitre avec mille trouvailles. Oscillant de manière incessante entre le grand spectacle et la réflexion, il nous divertit et nous questionne en même temps. A un chapitre guerrier, plein de sang, d’héroïsme, succède un passage intime dans lequel deux robots s’interrogent sur la Vie dans les œuvres de Proust et de Shakespeare. Sous des airs 16/9ème sound surround, Simmons interroge le lecteur de manière profonde et originale, principalement au sujet de la Culture, de l’évolution de la technologie et de l’humanité. Bref pour moi, il y a une véritable intelligence dans la construction de son récit qui se hisse de fait au même niveau que les chefs-d’œuvre que sont Hypérion et L’échiquier du mal. On découvre une nouvelle fois un auteur d'une grande érudition qui prouve, si l'on doit, que le domaine de l'imaginaire n'est pas que récréatif !
Un petit bémol, tout de même, la fin de ce premier tome fait vraiment la part belle à l’action, pleine de rebondissements, de Deus ex machina et l’on perd un peu de vue le côté réflexion… Reste à voir ce que sera la suite !! Espérons qu’elle sera de la même veine… En tout cas, jetez vous sur ce premier tome, vous ne le regretterez pas !!
StepH
STEPHENSON, Neal : Cryptonomicon.
« Un texte devenu culte au Etats-Unis »,
disait la quatrième de couverture. Voici de quoi vendre sa sauce de façon
efficace : aussi quand un jour, après quelques années d’errance désespérée
dans les déserts arides de la littérature dite « générale », j’ai
décidé de tenter un retour aux sources, je tombe sur un papier flatteur concernant
le Cryptonomicon sur la toile, et je me décide, faisant fi avec une insouciance
que effrontée de la broutille que représentaient les trois volumes de cinq cent
pages chacun.
Trois ans plus tard, je trouve enfin le temps et le courage de
m’y mettre. Et deux mois après, je l’ai terminé, et je vous en fais la
critique.
J’aime bien poser le contexte.
Dans cette trilogie aux longueurs nombreuses, nous suivons
les péripéties de plusieurs personnages, à travers deux époques : pour la
première, Lawrence Pritchard Waterhouse, génie mathématique spécialisé en
Glockenspiel et surtout en cryptographie ; Goto Dengo, ingénieur en tunnel
dans l’armée nippone ; l’intrépide
sergent des Marines Bobby Shaftoe, et enfin le prêtre-soldat Enoch Root. Ils
font joujou les uns contre (ou avec, cela dépend) les autres, durant la
première guerre mondiale. Pour la seconde époque, beaucoup plus proche dans la
mesure où il s’agit plus ou moins de la notre, Randy Waterhouse, ingénieur en informatique, navigue à vue entre les
divers complots visant à l’empêcher de monter avec ses amis une
« crypte » informatique libre de droits, croisant parfois certains
des personnages cités ci-dessus, parfois leurs descendants. Et d’autres,
évidemment.
J’aurais du mal à vous en dire plus, tant c’est compliqué –
et l’auteur ne nous aide pas, pour tout
dire, n’hésitant pas à nous servir régulièrement d’indigestes passages tout en détails
sur la cryptographie, l’économie internationale ou la science musicale.
Cependant, il est indéniable que le bonhomme a du talent : parvenir à maintenir
un semblant de suspens jusqu’à la fin du deuxième volume – moment où le quidam absolument
décroché des soucis informatiques et technologiques, mais heureusement un brin
entêté que je suis, a commencé à entrevoir la possibilité qu’il y ait une trame
dans ce foutoir-là – reste un acte de bravoure qui mérite d’être salué, voire
applaudi. Dans un style vif, avec beaucoup d’humour et un peu d’action, Neal Stephenson parvient à nous garder éveillé
suffisamment longtemps pour que l’intérêt soit présent jusqu’à la fin. Inutile
de préciser cependant que je restai assez déçu dans un premier temps, avant de
me rendre compte, constatant ladite déception, que c’était finalement pas si
mal, en fait, et que peut-être une autre fois je lirai un autre de ses livres à
ce monsieur ; un qui serait moins long.
Cependant, une question subsiste, qui me tarabuste :
s’agit-il de science-fiction ? Si des incohérences et divergences
apparaissent parfois avec notre vrai monde réel, l’auteur prenant notamment des
libertés par rapport à la géographie classique – il va jusqu’à inventer une île
inexistante, la drolatique qwglhm – on ne peut pas véritablement dire que c’en
soit.
Une autre question se dresse alors devant nous,
effrayante et inéluctable : qu’est-ce que ce livre faisait dans les rayons SF –
et surtout : aujourd’hui, que fait-il sur ce blog ?
Zolg
jeudi 13 mars 2008
EDDINGS, David : La trilogie des joyaux : Le trône de diamant, Le Chevalier de Rubis, La rose de Saphir.
Emouchet,
Chevalier Pandion de l'Eglise, rentre d'un exil de 10 ans pour trouver sa reine
enchâssée dans un diamant magique. Le diamant, résultat d'un sortilège de ses collègues
pandions et de leur formatrice en magie, la protège de l'avancée d'une maladie
mortelle. Le Chevalier, aussi champion de la reine, part en quête d'un remède
pour sauver la dame...
Allez, dites le ! Dites le que le scénario est basique ! Et bien oui, ça fait
du bien de le dire, hein? Mais en fait, le roman est très bien construit, et
ses suites aussi. Une quête est toujours une quête, elle progresse petit a
petit pour nous tenir en haleine jusqu'a la fin. Néanmoins, en avançant avec
nos personnages, on découvre un monde étrange, avec des pratiques magiques qui
sont plus proches des prières que de la magie. On découvre aussi un monde sépare
en trois grands groupes, le commun des mortels, l'Eglise et ses 4 ordres de
chevaleries et son clergé, et les Styriques, un peuple mystérieux et persécuté,
détenteur d'une magie surpuissante.
Cela faisait longtemps que je n'avais pas lu un roman en francais, et cela a
peut être aide a mon plaisir de lecture. L'histoire et ses rebondissements sont
tout de même de très bonne facture, et on s'attache à ses chevaliers religieux,
qui se servent de la religion sans trop y croire, pour arriver a leurs fins.
Cette trilogie n'est pas du Tolkien, loin s'en faut, mais elle fait passer un très
agréable moment. Personnellement, j'en conseille la lecture.
Paquito del Japon
mardi 4 mars 2008
CORBEYRAN, CHABERT : Uchronie(s) New Byzance.
Après un
bon nombre de séries reconnues (le chant des Stryge, le maître du jeu, le clan
des chimères…) qui lui ont donné sa réputation, Corbeyran (scénariste) tente
un nouveau pari qui me semble original et alléchant : construire trois
séries SF parallèles de trois tomes qui auront un seul et même volume de
conclusion. En tout donc dix numéros pour construire un monde et une histoire. La
particularité de ces trois séries est que ce sera toujours le même héros mais
pas dans la même réalité (si j’ai bien compris ce que m’a dit le représentant
qui me vendait le bouquin !). Zack est un prescient. Il est capable de
voir d’autres réalités et même d’y vivre. Des réalités qui sont différentes
selon les petits grains qui passent dans les rouages du destin… C’est pas
alléchant ça pour les amateurs de SF ? Mais bon, qu’en est-il de la
réalité de la BD ? Pour le moment il n’y a que le premier tome de New
Byzance qui est paru, viendront ensuite New Harlem et New York. Voyons ce qu’il
en est du premier tir de semonce…
Donc, Zack
est un prescient. Il voit d’autres réalités et projette ses visions pour
remettre sur le droit chemin le pécheur qui commet le crime par la pensée. Il
faut dire que le monde dans lequel vit notre héros n’est pas des plus libres. Après
le 11 septembre, le capitalisme a été anéanti et remplacé par les théories
fondamentalistes. Les femmes ne valent guère plus que des meubles et la liberté
de pensée n’est plus à l’honneur. Zack reconditionne les mauvais penseurs afin
de maintenir la société telle qu’elle est. Mais notre homme rêve. Il voit une
femme. Toujours la même. Il se lance sur sa piste. Au même moment, un mandat d’arrêt
est lancé contre lui et il entre en clandestinité. C’est le début d’une longue
route…
Le résultat ? Pour moi il est bon. L’histoire est prenante même si ce premier tome reste convenu : on trouve un peu de Farenheit 451, d’Equilibrium… Un maillon d’une société injuste qui lâche pour prendre le chemin de la vérité. L’utilisation de la société fondamentaliste n’est pas grossier et passe bien. Les différentes intrigues s’imbriquent aisément et donnent envie de savoir la suite. Côté graphisme, on est dans le registre du standard : du bon et du moins bon. La vision d’une société occidentale mais orientalisée est très bien rendue, on sent les épices à Manhattan ! Par contre le graphisme des personnages reste très classique.
Finalement, j’ai très envie de lire la suite et surtout de voir comment va jongler le scénariste avec les autres séries… Vont-elles se répondre, apporter des visions différentes ? Vont-elles créer une nouvelle dimension à l’intrigue, apportant de la pure SF à l’uchronie ? Je suis enthousiaste !!!
StepH
dimanche 24 février 2008
Collectif : Appel d’air.
La Science-fiction
n’est-elle pas le media le plus approprié pour analyser notre société, ses
perspectives et ses dérives ? Orwell, Huxley, Asimov,
Bradbury… Autant d’auteurs
qui nous ont toujours posé des questions à travers le prisme de la fiction. Uchronie,
Cyberpunk, Space opera… Tous ces sous-genres interpellent le lecteur sur des
questions humaines et ne cessent d’interroger l’actualité. Certes il existe
aussi une science-fiction récréative, proche du roman de gare (ce terme n’étant
absolument pas péjoratif pour moi), mais on retrouve toujours une trace d’interrogation.
En France, cette littérature n’est pas trop reconnue, considérée comme un genre mineur et sans importance. De ce fait, j’ai souvent pensé que trop peu d’auteurs français s’y intéressaient et qu’encore moins de ces auteurs étaient mémorables (hormis Pierre Boulle, forcément !). Je me trompais, bien sûr ! Et ce petit recueil de nouvelles me l’a rappelé !
lundi 18 février 2008
KING, Stephen : La Tour Sombre.
Voici une critique que j’aurais pu commencer de la
sorte : « L’homme en noir fuyait à travers le désert, et le pistolero
le suivait. ». Mais par souci d’originalité, j’ai décidé de ne le faire
qu’à moitié.
Pour ceux qui n’auraient pas suivi, il s’agit de parler de
la « Tour sombre », fabuleux et interminable cycle de Stephen King.
Avant de nous livrer des dizaines de romans, nouvelles, films d’un niveau
parfaitement inégal, l’auteur s’était décidé, dès le début de sa carrière, à
écrire un jour un cycle qui occuperait dans son œuvre une place équivalente à
celle du Seigneur des Anneaux pour Tolkien. Il a fallu plusieurs années et, à
l’en croire, un miracle, pour que son projet aboutisse enfin, en sept
volumes : Le Pistolero, Les Trois Cartes, Terres Perdues, Magie et Cristal,
Les Loups de la Calla, Le chant de Susannah, et La Tour Sombre.
Dans un monde
décharné, usé jusqu’à la trame, le Pistolero – Roland de Gilead –, descendant
d’Arthur l’Aîné et dernier aventurier de l’entre-deux mondes, s’en va en quête
de la légendaire Tour Sombre, nœud de tous les univers existant, pour
comprendre ce qui se passe et, peut-être, résoudre le problème. Son monde à lui
a changé, le temps s’étiole et s’étire, et l’ensemble des autres mondes, nous
l’apprenons au fil de l’œuvre, est menacé lui aussi. S’il commence son errance
seul, il rencontre en chemin d’autres personnages qui deviendront des membres
de son ka – et c’est une chance : ces gens donnent une vie et un
dynamisme à l’œuvre et à Roland lui-même, présenté comme un quasi-automate prêt
à tout sacrifier pour sa quête, qui sont de véritables courants d’air frais
salvateurs.
Un univers extraordinaire, incroyablement
complet et complexe, imprégné de western, de machines étonnamment avancées
fabriquées par l’énigmatique société North Central Positronics, nourri de
légendes de notre réalité à nous : le mythe d’Arthur, le magicien d’Oz et
même… Harry Potter. Au passage, nous sera donnée l’occasion de croiser des
personnages extravagants tels que l’Homme en noir – le même, oui, que celui du
Fléau ou de nombres d’autres œuvres de monsieur King – un train fou et
suicidaire doué de parole, un ours géant, un bon paquet de robots psychotiques
incroyablement évolués, des vampires, une succube, douze gardiens des rayons,
le Père Callahan de Salem, une sorcière en haut d’une colline, et, suprême
invention, Stephen King lui-même. Au final, une épopée inoubliable pour de
nombreux fans, dont certains – et j’en fais partie – auront dû attendre plus de
quinze années pour voir le cycle se terminer enfin, gardant toujours dans un
coin de leur tête l’idée que, jusqu’ici, tout va bien, Roland, Eddie, Susannah,
Jake et Ote sont en chemin. Evidemment, nous avons affaire à Stephen
King : on y trouve du bon et du moins bon – mais dans l’ensemble,
l’excellent l’emporte avec brio, avec plusieurs surprises et coups de maître, ainsi
qu’une fin pour le moins imprévisible. D’autant que la Tour Sombre est une
œuvre arachnéenne, qui trouve sa source et de nombreuses résonances dans les
autres livres de l’auteur, qui aime à jongler avec les univers et faire se
rencontrer ses personnages : nous en apprendrons beaucoup sur certains
d’entre eux en lisant la Tour Sombre… Et inversement.
Personnellement, mon
préféré reste Magie et Cristal, qui se situe pour l’essentiel avant l’histoire
elle-même, quand le monde ne faisait que commencer à changer mais les
autres valent le détour aussi. Alors, si l’aspect imposant de l’œuvre – près
cinq mille pages, au final – vous effraie, oubliez ce détail et foncez, vous ne
serez pas déçus. Si encore vous n’êtes pas fan de Stephen King, oubliez ça
aussi : rien à voir avec ce qu’il a fait jusque-là, il s’agit bel et bien
de Science-fiction, non pas d’épouvante.
Zolg
samedi 16 février 2008
BURTON Tim : Sweeney Todd.

Avant
toutes choses, il convient de préciser que je suis un fan invétéré du grand
Tim, ce, dès la première heure, au nom
des innombrables pépites dont il nous a fait grâce. La pommade étant passée, je
peux passer au fouet et au cuir (façon Catwoman, mais que pensiez-vous donc ?).
Sweeney
Todd est une semi-déception. Je l’annonce de but en blanc car quiconque a pu
voir la bande-annonce sait à peu près de quoi ça parle. Ok, pour les deux du
fond je reprends en accéléré : Benjamin Barker est un gentil barbier, qui
vit avec sa gentille famille dans un gentil Londres, quand tout à coup, le méchant
juge Turpin lui prend sa gentille femme et pour ce faire l’envoie au bagne.
Quinze ans plus tard, tel Monte Cristo, notre raseur dépossédé revient en ville
et jure d’assouvir sa vengeance… There’s
no place like London... Pas besoin d’en dire plus afin de ne pas gâcher les
maigres surprises d’un scénar anorexique.
En effet,
l’une des faiblesses de Sweeney Todd réside en son propos: de facture classique
et prévisible, il ne révèle son amertume qu’après vision intégrale de l’œuvre.
Car amertume il y a : c’est, à mon sens, l’œuvre la plus noire et la plus
désenchantée jamais réalisée par Burton. Des personnages tous plus tordus les
uns que les autres (excepté l’insupportable couple de rossignol qui roucoule
dans une des scènes les plus indignes de la filmo du maître…), un monde quasi dépourvu d’humour et un final,
magnifique diamant noir qui rehausse l’ensemble.
N’oublions
pas également qu’il s’agit là d’une comédie musicale d’un genre tout
particulier : le premier « musical » gothique. C’est ici que le
bât blesse : on se surprend à se crisper dès que certains personnages
s’apprêtent à pousser la chansonnette, notamment nos rossignols, encore eux !
Pourtant, je n’ai rien contre les comédies musicales et la partition de Stephen
Sondheim est parfois excellente (délicieux My Friends…), mais bien en deçà de
ce dont est capable la paire Elfman/Burton. Car immanquablement, tout au long
du film, on se répète que c’était bien mieux avant (mais avant quoi au
juste ?).
C’est tout
là le problème du réalisateur : alors que tout le monde semble s’accorder
pour saluer son génie visionnaire à coup de récompenses diverses, celui-ci nous
gratifie d’une production mineure dans sa filmo, quoique qu’en disent les
critiques « official ». Sweeney Todd, n’est certes pas un mauvais
film, mais pendant un bon tiers, on se demande ce que l’on fait là, devant tant
de méchanceté, de noirceur. Pourtant, à force d’insister, le film finit par
emporter le morceau par l’enchaînement de quelques scènes très réussies
(excellent Sacha « Borat » Cohen !). Pour l’aspect « goth
musical » révolutionnaire, on repassera, Fantôme de l’opéra et Rocky Horror étant dèjà passés par là. Visuellement,
le film est beau, mais bien en deçà de la virtuosité gothique de Sleepy Hollow…
En un mot comme en cent, la tourte (ceux qui ont vu le film comprendront) se révèle un peu tiède, bien que réchauffée, et manque cruellement de sel : point de poésie, de fantaisie, d’humour qui font pourtant la « pâte » de Tim… Mais l’arrière-goût est inédit et vaut le tournant tout de même !
Mr Jack.
lundi 11 février 2008
LE GUIN, Ursula : L’autre côté du rêve.
Je n’avais jamais lu Ursula Le Guin
jusque-là, et avant de me lancer à l’aveugle dans une œuvre trop longue – Les
Contes de Terremer, par exemple –, je me suis dit qu’un autre roman, pas trop
long et pas trop cher, me permettrait de voir à qui j’avais affaire. Autant
dire que je n’ai pas été déçu.
George Orr ressemble à s’y méprendre à tout le monde, à vous, à moi. Jusque dans son sommeil : quand il dort, il fait des rêves. A ceci près que quand il se réveille, il a souvent la désagréable surprise de constater que ses songes ont modifié la réalité, la rendant bien plus souvent qu’à son tour, hélas, proprement cauchemardesque. Voici le point de départ de l’incroyable aventure qu’il va vivre.
Le pauvre George, qui finit par absorber des substances irrégulières et se soumettre à la suggestion hypnotiques afin de ne plus rêver, se voit ballotté entre les mains d’un savant fou, d’une belle jeune femme dont on se demande au final s’il ne l’a pas lui-même inventée, et d’extra-terrestres au langage plutôt incompréhensible mais visiblement bienveillants, eux aussi sortis tout droit de son imagination. Au passage, il déclenchera une guerre intergalactique avant d’échapper de peu à une explosion nucléaire et de se retrouver avec la peau grise, comme tous les humains.
Il est des œuvres qui sortent du cours traditionnel de la science-fiction pour dériver imperceptiblement vers le traité philosophique : ainsi, Ravage, 1984, Farenheit 451, ou encore Les Monades Urbaines. L’autre Côté du Rêve est à mon avis à ranger dans cette catégorie : un propos bien maîtrisé, malgré un style un brin trop impersonnel à mon goût, et surtout, elle parvient à faire tenir sa trame malgré les absurdités que son personnage s’efforce de faire intervenir. La question sous-jacente, s’il ne faut en retenir qu’une seule, est la suivante – ou plutôt, restons modeste, pourrait être la suivante : quel homme peut-il se targuer d’employer « la » bonne méthode pour faire progresser l’humanité ? Où commence, où s’arrête l’intérêt personnel des gens, nombreux, qui prétendent « essayer de faire du bien à la planète », qu’ils soient simples citoyens ou politiciens ?
Certes, cela fait deux questions ; nous
pourrons les résumer en ayant recours au
fameux proverbe, un de mes favoris, proclamant que « la route des
enfers est pavée de bonnes intentions. » A lire, donc.
Zolg
mardi 5 février 2008
ARLESTON, LUDOLULLABI : Lanfeust Quest.
L’aventure
débute en 1994 si je ne m’abuse avec le lancement d’une BD prometteuse
scénarisée par le bon Arleston et dessinée par le talentueux Tarquin :
Lanfeust de Troy. La BD trouve rapidement sont public. Quelques années plus
tard, elle devient un immense succès commercial, lisible aussi bien par les
ados que par les adultes. Heureux d’une telle aubaine, on enchaîne, après 8
numéros, sur une nouvelle saga nommée Lanfeust des étoiles. En parallèle, on
lance un spin off (série dérivée en bon français) qui se déroule bien avant la
série et qui prend comme cadre de départ un village de troll. Vient ensuite un
jeu de rôle, un nouveau spin off, on parle même d’une nouvelle saga pour fin
2008. Aujourd’hui, les créateurs de cette série se lancent un nouveau défi pour
attirer un public plus jeune : le manga. Voici donc qu’arrive un nouveau
Lanfeust : Lanfeust Quest. Alors, explosion de bonnes idées ou pressage de
citron commercial ?
Pour moi la
réponse est claire : Soleil (l’éditeur) finit par se moquer de nous. Pour
vous le prouver, revenons sur l’intrigue de Lanfeust de Troy : Sur une
planète où chaque personne est dotée d’un pouvoir plus ou moins utile dès la
naissance, Lanfeust s’ennuie en tant que forgeron avec son pouvoir selon lui
minable de fusion du métal. Il flirte avec C’ian, la fille du magicien du
village (qui sert de relais au pouvoir de chacun) et doit supporter Cixi, la sœur
insupportable de sa dulcinée. Tout se précipite le jour où il découvre qu’au
contact d’une épée, il acquiert le pouvoir ultime. L’aventure commence avec une
petite équipe qui part du village pour trouver des réponses…
Maintenant, voici le résumé du premier tome de Lanfeust Quest : Sur une planète où chaque personne est dotée d’un pouvoir plus ou moins utile dès la naissance, Lanfeust s’ennuie en tant que forgeron avec son pouvoir selon lui minable de fusion du métal. Il flirte avec C’ian, la fille du magicien du village (qui sert de relais au pouvoir de chacun) et doit supporter Cixi, la sœur insupportable de sa dulcinée. Tout se précipite le jour où il découvre qu’au contact d’une épée, il acquiert le pouvoir ultime. L’aventure commence avec une petite équipe qui part du village pour trouver des réponses…
Ca vous fait mal aux yeux de relire deux fois le même paragraphe ? Et bien imaginez mon étonnement lorsque j’ai dû relire deux fois la même intrigue sur plusieurs pages ! Rien de neuf, tout est pratiquement pareil ! Quel peut donc être l’intérêt sinon commercial ?
Pour ne pas être de mauvaise fois, je dirai que le graphisme est très joli et que c’est un des premiers mangas français que je ne trouve pas très mal dessiné. Ensuite, l’histoire se lit toujours aussi bien et si vous ne connaissez pas Lanfeust, ça vaut le coup de le parcourir.
En tout cas, ça me fait toujours un peu mal au derrière d’être pris à la fois pour un C.. et pour un porte-monnaie !!
StepH
mardi 29 janvier 2008
YATES David : Harry Potter et l’ordre du phénix
Pauvre, cher, tendre, traumatisé, méchant, menteur… Harry
Potter ! Et oui la vie n’est pas rose, au contraire, elle est plutôt noire
pour le jeune sorcier. Rien ne va plus, les démons attaquent dans le monde des
humains, les sorciers crient au mensonge quand on leur dit que le danger est là
et les amis de toujours semblent ne pas comprendre le jeune homme. Bref que du
bonheur !
Tout d’abord sachez que je n’en ai lu aucun, cela me tente mais pour le moment je n’ai même pas regardé la couverture d’un livre ! Ceci étant dit, j’ai vu tous les films et pour ce dernier opus j’ai vraiment adoré, pour deux raisons principales : le côté plus action, l’histoire qui avance un peu plus.
Effectivement, l’action est vraiment plus présente, sans assister à des déchaînements de pouvoirs magiques, quelques petites phases de combat ponctuent agréablement le film du début à la fin. Peut-être cela c’est-il fait au détriment de l’intrigue, du quidditch et autres mais cela me convient personnellement. Je ne peux m’empêcher de penser que de nombreux moments du film sont passés à la trappe au montage tant j’ai le sentiment que certains personnages secondaires auraient dûs être mis en avant et finalement pas tant que ça… à voir, si parmi vous certains ont lu le livre qu’il n’hésitent pas à me dire si c’était le cas, je pense notamment à Neville pour ne citer que lui.
En plus, on en apprend un peu plus sur les parents d’Harry, on nous met sur la voie de la compréhension du pourquoi Harry Potter et bien évidemment sur l’ordre du Phénix. Bref sans apporter de réelles réponses, le film nous met sur la piste du dénouement.
Plus généralement, j’ai bien aimé le fait qu’il devienne de plus en plus sombre, qu’Harry est de plus en plus torturé, le montage du film, son rythme et sa qualité visuelle. Après on peut dire ce qu’on veut, même si le petit Radcliffe (pas si petit que ça justement !) fait un peut plus vieux que ses quatorze ans du film, il n’en reste pas moins qu’il ne devrait pas y avoir de polémique : il doit rester le héros du film ! Pour finir, Gary Oldman, selon moi très bon acteur, dans son rôle de Sirius Black est vraiment top même si on ne le voit pas assez, comme d’hab !
Sorti récemment en DVD, il vaut le détour !
Fab
ZEMECKIS, Robert : Le Pole Express
Vous n'êtes
pas sans savoir que nous venons de passer les fêtes de Noël. Prétexte à
libations familiales, échange de présents, respect de traditions et de rites
religieux, elles sont aussi liées à de petites histoires, des contes qui nous
sont aujourd'hui souvent transmis par l'intermédiaire des média audiovisuels.
L'ensemble de ces éléments, réels ou fantasmés peuvent être résumés sous le
vocable « la magie de Noël ».
C'est donc
l'histoire d'un voyage initiatique, l'un de ces périples où le plus important
n'est pas la destination mais la manière d'y parvenir. Et ce voyage se fait par
le rail, dans un antique et superbe train à vapeur traversant des paysages
faits de neige et de sapins, empruntant des dénivelés dignes des plus
spectaculaires montagnes russes ou glissant tel un mastodonte d'acier sur des
étendues gelées. Figure incontournable de ces périples ferroviaires d'un autre
temps, un vagabond spectre a établi son camp sur le toit de ce train au mépris
des intempéries et de la vitesse.
Si j'ai
décidé de faire cette chronique c'est pour nous amener à nous interroger sur
notre position face à cette lancinante question qui se pose chaque année en
cette saison : Faut-il croire au Père Noël ? Cette période de l'année est-elle
propice à l'accomplissement de miracles particuliers liés à une quelconque
magie de Noël ? Enfin Compagnons, nous croyons aux fées, aux mondes parallèles,
aux enchantements voire aux galaxies lointaines il y a bien longtemps !
Pacman.

