E-maginaire

mercredi 25 janvier 2012

HAUTIERE, Régis ; RENO : AQUABLUE – RETOUR AUX SOURCES :

aquablue retour aux sourcesEn cette année 2012...
... Il est dans notre ambition de tenter d'agrandir le cercle de nos militants. De démontrer que les valeurs de créativité et de maîtrise que nous défendons sont dignes d'être portées à la connaissance du plus grand nombre. Afin de permettre un choix éclairé , libéré des clivages partisans et de rapprocher les générations. D'amener certaines de nos propositions au centre du débat.

Vingt ans après s'être battu pour sa planète d'adoption, Nao revient chez lui. Tumu-Nao comme le nomment les habitants d'Aquablue qui l'ont recueilli étant enfant. Wilfried Morgenstern selon son état-civil terrien. Il a bien changé le jeune homme qui leva Rakahanga, le harpon ancestral pour mener les tribus autochtones contre les firmes terriennes qui entendaient piller les ressources de la planète. Entre-temps, Aquablue est devenu le nom de la fondation qu'il dirige. Un certain nombre d'histoires existent sur ses combats pour la défense de l'écologie et le respect des peuplades extraterrestres.
Et c'est toujours le but qu'il poursuit ici en employant les ressources de sa fondation à la résolution d'une extraordinaire énigme : Les origines du genre humain seraient-elles inscrites dans la faune et la flore d'Aquablue ? D'ailleurs son union avec une native ne lui a-t-elle pas donnée un fils Ylo ? Alors que les découvertes dépassent toutes les espérances, une campagne médiatique enflamme la Terre : La planète que l'on dit ultra-bleue semble être le berceau de l'Humanité. Sous la pression populaire, le Conseil des Cinq Continents en autorise la colonisation...
Dans l'ombre, se liguent des forces qui ont juré la perte de Nao... Et ceci il y a près de vingt ans...aquablue planche

Vingt ans,. Sans avoir pris la peine de vérifier, je dirai même plus de vingt ans. J'ai le souvenir d'avoir lu les premières planches d'Aquablue dans une revue d'informatique. J'avoue qu'il y a une certaine nostalgie à parler aujourd'hui de cette longue série qui atteint l'age canonique de douze albums...
Pourtant ne m'épargnant aucun paradoxe, je puise dans ces illustres origines la force de convaincre les nouvelles générations. Les thèmes mis en avant en ces temps anciens sont toujours aussi prégnants : Respect et sauvegarde d'une nature superbe, appel à la tolérance, à la compréhension et à l'acceptation de nos différences menés avec des robots, des formes de vie extraterrestres et des combats spatiaux.
Aquablue est un lien. Il puise sa source dans une certaine Guerre des Étoiles pour trouver son embouchure dans une certaine Incarnation selon la religion hindoue. Il doit permettre une sorte d'union entre les plus jeunes et les plus anciens d'entre nous.
On peut se demander si tout n'as pas été dit, si le sujet ne peut être considéré comme clos... S'il existe encore un moyen d’entraîner à nouveaux les convaincus de la première heure et d'en rallier de nouveaux. Je le pense. Car à le parcourir on doit admettre que l'objet est de la belle ouvrage : Les rendus y sont particulièrement magnifiques dans un style graphique à la fois moderne et personnel. Nos héros d'antan ne perdent pas leur âme à revêtir leurs nouveaux oripeaux. Sur le fond on sent l'amorce d'une intrigue forte sur le thème plus actuel de la question religieuse mais on sent aussi pertinemment que l'origine des nouveaux danger est à trouver dans des événements vieux de ces quelques vingt années.
Je vole audacieusement la métaphore aux défenseurs des lettres classiques. Car Proust n'a-t-il pas fait d'une madeleine un livre ? Ma gourmandise est un ancien titre et se veut le moyen de convoquer une dynamique : Cinéphiles et bibliophiles de toute générations, unissez-vous !!

Étrange discours d'une folle campagne qu'il reste à mener. Continuer à créer du lien entre les genres, les supports, les sensibilités; les opinons et les générations. Un thème qui ne sera pas nécessairement abordé par tous. Mais forcément par les sympathisants de notre parti...

Pacman.

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jeudi 19 janvier 2012

DOSSIER EXCLUSIF : LA FIN DU MONDE EN 2012.

FIN DU MONDE Fotolia_13224769_XSJ'ai toujours pensé que la littérature fantastique était bien plus proche du réel que ce que beaucoup en pensent. Qu'au-delà même de l'intérêt que l'on y trouve ou pas, au-delà de l'esthétique, souvent très marqué, au-delà des diverses significations psychologiques et/ou métaphysiques, au-delà de toute les mythologies élaborées ou réagencées et des diverses trouvailles ou platitudes narratologiques, il y avait quelque chose de... disons, « profondément superficiel », pour paraphraser l'autre, dans la littérature fantastique. C'est pour cela que, souvent, je bondis quand j'entends divers esthètes proclamer que « cette » littérature n'a rien à voir avec la vraie vie, avec ce qui se passe tous les jours etc... Heureusement, (comme dit encore un autre autre), le réel est bien plus incroyable que la fiction et nous offre des occasions de revanche.


Par exemple, j'ai adoré le Bug de l'an 2000. Ou le triangle des Bermudes, ou le type qu'a fait une chute de 1000 mètres en montagne et qu'a même pas un bras cassé. Je dis rien de la mort de Stephen King en 1999... Et je n'oublie pas non plus toutes les bêtes et légendes extraordinaires qui nourrissent notre quotidien : le Loch-Ness, le Yéti, les écureuils volants, les feux follets, la loi des séries (qui marche !) et celle de Murphy (qui marche aussi !), le père Noël et la petite souris et le monstre sous le lit... Vous me direz, j'extrapole, il me reste qu'à ressortir les vidéo-cassettes de Mystères et tout et tout, mais tout cela s'intercale dans un domaine typiquement humain du savoir situé à mi-chemin entre la raison et l'intuition, entre la réflexion et l'intuition. A mon humble avis ; et c'est ce domaine, le lieu du fantasme et du songe, qu'explorent et qu'exploitent depuis toujours les littératures fantastiques, sous quelque forme que ce soit.


Et puis surtout, oui, MAIS ; il y a un second mais. Oui MAIS, on a aussi quand même un sujet d'actualité (et c'est pas si souvent que ça m'arrive d'en trouver un qui fasse autant fureur, même au repas de Noêl j'en ai parlé ç'a été terrible). Oui MAIS, malgré tout ce qu'on dit, y a quand même un doute, pour beaucoup de monde en tout cas. C'est comme pour les diverses explications trouvées, hasardées au détour d'une conversation plus ou moins sérieuse à propos des trop nombreuses catastrophes naturelles ou industrielles de ces derniers temps (Tsunami, ouragans, etc...). Non ? Qui n'a jamais argumenté à propos d'une obscure vengeance divine ou quelque chose du même ordre ? Ben, peut-être pas vous, mais moi ça m'est arrivé de l'entendre. Et quoi qu'il en soit, pour beaucoup de monde, il y en a. Et ça veut pas rien dire ; nombreux sont les penseurs à s'être penchés sur la question de la présence effective du doute et de l'incertitude, de sa prégnance dans le processus d'auto-création permanente du réel. Je sais, vous allez me dire « hé l'autre ho-la on se calme ! », bon, alors oui, je me calme. Mais pour illustrer, par exemple, j'aime beaucoup le bonhomme qu'a déclaré : « Le Soleil ne se lèvera pas demain n'est pas une assertion moins intelligible que l'affirmation : il se lèvera. » (David Hume, il s'appelle). Si vous voyez ce que je veux dire.


Cela-dit, je m'égare ; je ne suis pas là pour accumuler des preuves ni pour blablablablableurgter.. Mon but, en fait, était au départ de présenter les diverses théories à propos de cette fin du monde ; de dérouler, un peu à la façon de Borges, les histoires que ç'aurait pu être,  sortes de romans hypothétiques. Précisons qu'il s'agit là de ce que j'en ai trouvé après de rapides et superficielles recherches internet, accompagnées de la lecture de rares articles et du visionnage d'un ou deux documentaires sur lesquels je suis tombé complètement par hasard, et que vous pourriez trouver tout aussi vite, je pense. Pas le travail d'un spécialiste, loin de là, mais ça n'en fut pas moins assez stimulant, au final.


Je vous fais donc partager les résultats de mes recherches, et j'espère que vous y prendrez autant de plaisir que moi. Voici donc quelques-unes des diverses versions de la fin du monde :


calendrier_maya1. La fin des temps selon les mayas. Selon la version la plus répandue (et originelle, peut-être ?), les mayas auraient élaboré, il y a plusieurs milliers d'années, un formidable calendrier prévisionnel de l'Histoire à venir du monde et... il s'arrête en 2012. C'est terrible ! Ont-ils laissé des commentaires ? Expliqué un petit peu comment, où et pourquoi ? Ou bien, n'avaient-ils juste plus de place ? J'ai pas trouvé. Pas beaucoup cherché non plus, en vérité, préférant laisser la place au suspense...
2. Les cougars : Si l'on en croit la théorie de leurs voisins aztèques, en revanche, c'est plus clair : le 21 janvier 2012, au moment de la tombée de la nuit, tous les COUGARS cachés à l'intérieur de la NUIT sortiront enfin de leurs PLANQUETTES pour dévorer les HOMMES. A la tombée de la nuit, ça veut dire, vers 17h36 en France, un peu plus tard en Azerbaïdjan (si je me suis pas trompé de sens). D'ici là,on aura eu le temps de prévoir un bon stock de vestes matelassées.
3. Le broyage : sur ce site http://www.neotrouve.com/?p=204 (l'article est assez effrayant, je vous préviens, allez le lire et revenez me dire que « mais non n'importe quoi enfin !), on apprend qu'en fait ils sont bien gentils les types mais y a pas besoin d'aller en Amérique du Sud pour trouver le coup de la fin du monde, puisque c'est écrit... dans la Bible ! Ben oui, la Bible. De façon codée, bien sûr. Dieu aurait déclaré (à propos de la Terre) : « Elle sera broyée, je la réduirai en pièces. » Il précise pas comment, mais c'est sûr que ce sera « après une première période de prépurification » (on sait jamais) et dans l'idée de nous faire passer à un niveau de conscience supérieur. Un peu comme dans Tom O'Bedlam.
4. Le choc interplanétaire. Prévision un poil moins farfelue mais un peu surfaite : une nouvelle planète dénommée « Sedna » (la dixième, qui se trouve donc APRES Pluton qui n'est en fait plus une planète... mais alors, c'est la neuvième ?) se cognerait à la Lune et irait rebondir ailleurs (ouf !). Pas de bol, ça ferait tout un pataquès de débris qui nous tomberaient dessus. Complètement irrévocable ? Je sais pas ; celle-ci est quelque peu décevante. Je me dis qu'en étant un peu habile et chanceux, tu peux éviter les coups. cougar
5. La concomitance astrologique. Selon la tribu amérindienne des « hoppis », en 2012, toutes les planètes seront alignées, ce qui provoquera de façon cosmique des « changements de climats et de grandes catastrophes » (c'est fou comme ça concomite !) avant de tout détruire « par le feu » puis de déclencher une nouvelle ère glaciaire pour les plus résistants.
6. Ça brûle, tous à la mer ! Celle-là, c'est la prophétesse de la Rome Antique connue sous le nom de « la Sybille » qui l'aurait pondue : "Voilà ce qui surviendra au cours de la dixième génération: Le monde sera secoué par un violent tremblement de terre qui enverra plusieurs villes à la mer, la guerre éclatera, le feu embrasera les cieux et plusieurs villes seront ravagées par les flammes. Les cendres envahiront le ciel le peuple connaitra la colère des dieux." Ben, voilà, tout est dit. Reste plus qu'à attendre la dixième génération – c'est combien déjà une génération ?
7. La version de Merlin. Elle existe(rait) aussi, et mêle un peu de tout ;  ce qui est rassurant, c'est que la fin du monde concernerait surtout les anglais et les poissons, en fait : "Londres pleurera la mort de 20 0000 Hommes et la Tamise sera rouge sang"  ; puis : "la mer se déversera et les eaux bruleront pendant sept mois, les poissons périront dans le brasier ardent et il leurs poussera des queues multiples". Ça rejoint un peu le coup de la Sybille, non ? J'ai trouvé ça sur : http://paranormal-surnaturel.e-monsite.com/pages/mysteres/l-apocalypse-de-2012-tout-est-predit.html si vous voulez aller voir...
8. Et celle de Nostradamus... Là, pas de chance, on a perdu le livre. Même que depuis on l'appelle le « Livre Perdu de Nostradamus ». Du coup, on sait pas trop ce qu'il a dit à ce propos, mais il paraît que c'est terrible. Je n'ai PAS trouvé l'info sur ce site-là : http://nostradamus2012.perso.sfr.fr/ mais ils y disent que des annonces similaires avaient été faites en 1999, alors, ça vaut peut-être le coup de le lire un peu mieux qu'en diagonale, contrairement à ce que j'ai fait.
9. Indiana Jones et les crânes de cristal. Des indiens, encore ; ici, j'ai pas vraiment identifié la source, mais voilà, il y aurait 13 crânes de cristal légués par des « anciens » aux peuples de la Terre et qui seraient rassemblés par quelqu'un (mais qui ?) alors qu'il fallait pas le faire. Ça me rappelle quelque chose, mais je vois pas, je l'ai pourtant sur le bout de la langue...


Bon, je peux pas tout rassembler, on y perdrait notre temps, au final,mais je trouve qu'on a là, au moins, des ébauches d'histoires assez formidables. Personnellement, ma préférée est celle des cougars, mais j'aime bien aussi la clarté des écrits de Merlin, le pauvre. (Ceci-dit, j'y pense, Merlin, c'était pas sensé être un druide par hasard ? Du genre de ceux qui privilégiaient la tradition orale et excluaient tout recours à l'écriture ? Je sais plus, moi...)

bugarachMalgré tout, ne perdez pas espoir, il EXISTE des raisons d'espérer. Oui, dans tout ce marasme, il y a de l'espoir. Pas ici, non... mais pas loin non plus : à Bugarach dans... l'Aude ! Mais oui messieurs mesdames. Ce serait, selon « les prophéties », l'ultime rempart, . Si vous me croyez pas, je vous jure que la télévision japonaise et le New York Times sont allés prospecter et inspecter les lieux... et que toutes les maisons et les granges sont rachetées depuis quelques temps à prix d'or par des milliardaires venus des quatre coins du monde. Le maire aurait même déclaré au Figaro : « Ça commence à bien faire » (source : http://www.sudouest.fr/2011/02/21/ce-village-francais-presente-comme-le-refuge-contre-l-apocalypse-fin-2012-323447-4776.php ) .


Mais bref ; au-delà de l'aspect éminemment trivial de la chose, il me semble qu'on a là une belle opportunité rappeler que non, la littérature fantastique n'est pas, à l'instar des autres littératures et des autres arts, juste un truc pour passer le temps, avec des monstres en plus (même si c'est AUSSI ça) ; c'est un lieu d'exercice et d'élaboration de mondes, d'esthétiques, de conceptions de l'univers à partir d'instincts proprement humains : nos craintes, nos rêves,  et nos fantasmagories qui sont, au final, tout sauf de simples fantasmagories.

zolg

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jeudi 12 janvier 2012

SCARROW, Alex : Time Riders

TimeRidersFermez les yeux. Imaginez. Vous vous appelez Liam O’Connor. Vous travaillez à bord du Titanic, on est le 14 avril 1912. Le grand paquebot se met à sombrer, vous ne vous faites plus d’illusion, vous savez que vous allez mourir. Vous êtes jeune, alors c’est encore plus dommage. Mais là, un vieil homme apparaît et vous propose un marché des plus étonnants : mourir, ou vivre. Dit comme ça, la décision est rapide. Mais évidemment, la vie choisie ne sera plus votre vie : vous ferez partie d’une équipe de Times Riders. Avec Sal, tout droit réchappée d’un terrible incendie en 2026 et Maddy, qui a également choisie la vie à la mort en avion en 2010, vous aurez une mission des plus importantes : empêcher que les voyages dans le temps ne changent l’Histoire. Et y a du boulot !


Coincée les 10 et 11 septembre 2001 à New York, la fine équipe est chargée de tout vérifier. Les new-yorkais sont à ce moment de leur Histoire si occupés à crier, à pleurer, et à tenter de trouver leur proche sous les décombres des tours jumelles, qu’ils ne prêteront pas attention aux décalages temporels qui pourraient arriver. Les trois comparses vont être aidés de Bob, une sorte de robot super intelligent, qui aidera Liam à remonter le temps à la recherche des événements qui auraient pu bouleverser l’Histoire.


Time Riders, c’est un vrai livre de Science-Fiction. C’est son truc, d’ailleurs, à Alex Scarrow. Des voyages dans le temps, beaucoup de sciences et de recherches ; des savants fous à l’égo surdimensionné… Et on en redemande ! On voyage avec Liam et Bob à travers l’Histoire, de l’assassinat de Kennedy aux débuts d’Hitler, on est au cœur des événements marquants du 20ème siècle. Maddy est l’opératrice en chef, qui veille aux changements en gardant les yeux rivés sur internet, Sal est celle qui est sur le terrain en 2001, et qui est chargée de repérer les modifications du présent qui auraient pu être influencées par les changements dans le passé.


Time Riders vient de sortir, les deux prochains tomes sont déjà prévus, et je suis certaine qu’ils vont faire grand bruit. C’est un vrai coup de cœur, l’écriture est fraîche, les chapitres sont courts et la lecture n’en est que plus haletante. On est à l’affût des changements, on est en panique lorsqu’une fenêtre temporelle s’ouvre au mauvais endroit ou au mauvais moment, on est dégoûté lorsque les corps voyagent ensemble et arrivent totalement mêlés, un tronc avec 4 bras et trop de jambes, beurk beurk.


Time Riders est un vrai roman ado à dévorer, pour voir l’Histoire autrement, et s’interroger sur ces équipes qui gardent l’œil sur les décalages temporels. Et si c’était vrai ?


Anouchka.

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jeudi 5 janvier 2012

BONNE ANNEE 2012 !!!

Ah, nous y voici enfin, 2012, l'année de tous les dangers !

Crise, apocalypse, élections, révolution (numérique)... On va avoir de quoi discuter !! Mais il y aura de bonnes choses aussi : la suite tant attendue du trône de fer, la conclusion de la roue du temps (on croise les doigts!), de nombreuses nouveautés de qualité à découvrir, de nouvelles collections, de nouveaux éditeurs, de nouvelles offres numériques... Je vous le dis, cette année me paraît pleine de promesses et de défis, un appel à transformer, à penser et quoi de mieux que notre domaine de prédilection pour imaginer le monde de demain ?

En ce sens, je vous souhaite le meilleur, professionnellement comme personnellement. Je vous souhaite des lectures fantastiques, qui vous feront rêver, voyager, mais surtout affuteront vos regards sur le monde. A moi, je souhaite que ce blog soit fédérateur, toujours de qualité (ce sera à vous de nous le dire!) et qu'il devienne un endroit d'échange pour tous !!

Donc, encore une fois plein de bonne choses pour vous et vos proches et à très bientôt pour de gros coups de coeurs!!!

StepH

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dimanche 18 décembre 2011

Clarke, Arthur : Rendez-vous avec Rama

ramaXXIIème siècle : un étrange objet s'approche à grande vitesse du système solaire, affolant la communauté internationale et l'ensemble des colonies terriennes dans le système solaire. On décide d'envoyer un vaisseau en reconnaissance : le commandant William Norton, (fan avoué du grand James Cook, l'explorateur anglais) est chargé de la mission. Lui et son équipage parviendront à accoster l'objet et même à y pénétrer, découvrant tout un monde en dormance et qui n'attend que de se réveiller

Voilà un livre particulièrement difficile à résumer, encore plus à chroniquer. Pour l'histoire, on peut vraiment difficilement en dire plus ; mais en vérité, ce qui m'a profondément marqué, c'est l'ambiance unique que parvient à poser Arthur Clarke, teintée de mystère et de... quelque chose de plus que je ne saurais nommer. Cela, et les images : les descriptions ont quelque chose de foncièrement fascinant, et on ressort de là avec mille décors d'outre-monde, plus énigmatiques les uns que les autres gravés en mémoire. C'est d'une beauté visuelle à couper le souffle, et pourtant, on ne s'en rend compte qu'une fois le roman terminé et reposé sur son étagère. Je pourrais vous parler de l'or dont est recouvert le cylindre intersidéral et de ses mille nuances reflétant les lueurs du soleil, refaire avec vous la descente le long d'un interminable escalier sombre et froid ou bien évoquer une incroyable course en bicyclette à hélices en direction d'un horizon inaccessible...

Et puis voilà, tout est dit. Si ce n'est qu'il n'y a pas de quoi s'étonner que cette œuvre-là soit classée parmi les classiques de la S.F., et peu importe si les personnages sont (relativement) plats, si on nous sert ici ou là des péripéties véritablement périphériques, pour le coup, et presque inutile : le voyage auquel on est convié vaut franchement le détour. C'est écrit dans un style simple et pourtant presque hypnotique, d'une efficacité redoutable ; à aucun moment l'ennui ne vous étreint.

Arthur Clarke, c'est à signaler pour ceux qui ne le sauraient pas, est également l'auteur de 2001 : L'Odyssée de l'Espace. En vérité, je ne l'ai pas lu, mais en repensant à l'adaptation de Stanley Kubrick, je ne peux que faire un parallèle entre les deux univers, évidemment proches : une esthétique parfaite, une histoire à la fois simple et sortie de nulle-part, une atmosphère envoûtante... Toutefois, là où le film pouvait paraître soporifique à certains (c'est vrai que la légendaire scène de l'ouverture du sas est un brin longuette, quand-même...), rien de ce goût-là avec Rendez-vous Avec Rama. C'est bien rythmé, et on ne peut que s'en réjouir.

Et puis ça s'achève aussi vite que ça avait commencé. Et puis ça a remporté des prix (le Hugo, notamment). Alors, lisez-le. D'autant qu'il existe une réédition récente (moins d'un an, je crois), avec même des suites (qui, paraît-il, ne sont pas à la hauteur de l'original), donc, vous devriez pas avoir trop de mal à vous le procurer. Alors, au boulot bande de fainéants !

Zolg.

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mercredi 7 décembre 2011

MASTERTON, Graham : Manitou.

masterton_manitouCet été, je vous avais présenté le glaçant Démon des morts. Plus que satisfait de sa lecture, je me suis dit qu'il serait opportun de continuer mon exploration du travail de cet auteur. Et puisque Bragelonne nous proposait, au format numérique, une de ses œuvres les plus connues, je m'y suis mis ! Manitou est le premier roman de l'auteur qui n'écrivait jusqu'alors que des guides pratiques sur la sexualité. Pour se détendre, il a commit ce roman qui a été traduit en de nombreuses langues, a été adapté au cinéma et a finalement lancé l'importante carrière qu'on lui connaît.

Harry Erskine est un filou. Voyant de pacotille, il passe le plus clair de son temps entourlouper les petites vieilles. Pourtant, lorsque Karen Tandy passe le pas de sa porte, il se rend bien vite compte que l'occultisme n'est peut-être pas qu'une blague. Atteinte d'une étrange tumeur au cou qui grossit chaque jour, elle fait tous les soirs le même rêve étrange et effrayant d'une plage et d'un bateau... Qu'est-ce que cela signifie ? L’escroc essaiera d'apporter son aide à cette jeune femme qui l'attire visiblement. Mais ses hormones auraient bien fait de lui ficher la paix car l'horreur qu'il connaîtra pourrait bien lui couper l'envie de galipettes...

Masterton ne s'embarrasse pas d'une longue introduction. A peine quelques pages et nous savons tout de l'intrigue. Reste l'action, les scènes d'horreur, la lutte pour la survie et certainement le sauvetage de toute l'humanité. Un peu court, peut-être...

Les personnages sont brossés à grands traits, parfois plutôt incompréhensibles dans leurs comportements (notons deux exemples : un guignol du mystique qui croit finalement au surnaturel, un médecin émérite qui sacrifie volontiers une de ses mains pour ses copains...). L'histoire se déroule sans véritable suspense, à part celui de savoir qui va mourir. On sait qui est le méchant, on sait qu'il va être fort et incontrôlable. On a bien quelques idées pour le tuer, dès le départ, mais on va attendre qu'il soit vraiment là...

Pour ce qui est de l'action, on ne s'ennuie pas, tout s'enchaîne très vite, sans temps mort. Mais en ce qui concerne l'horreur, ce me semble globalement un peu grand guignol, très marqué série B 80'. A mon sens, l'auteur brade la tension et l'angoisse au profit du gore. Si quelques scène sortent véritablement du lot, ce n'est malheureusement pas la règle.

Enfin, sommet de l'intrigue, la lutte pour sauver le monde.! Ici, ça se complique et ça devient amusant ! En effet, Graham Masterton a écrit deux conclusions à ce roman car la première ne convenait pas aux éditeurs américains. Dans la présente édition (comme dans les précédentes, d'ailleurs) l'éditeur a choisi de nous proposer les deux. L'une vaut-elle mieux que l'autre ? Ce qui est sûr, c'est que la version américaine (la première proposée) frôle réellement le ridicule ! Plus chargée d'adrénaline, plus longue, elle nous propose presque littéralement une bataille à la bioman, on a du mal à ne pas rire aux éclats. La seconde (et fin originale), semble pour le coup beaucoup plus intelligente. Pour autant, nous n'en pleurerons pas de joie ! Hommage ou clin d’œil à la guerre des mondes, elle a le mérite de tenter de questionner les responsabilités de nos aïeuls dans l'extermination des indiens d’Amérique. Dommage que les américains n'aient pas pu en profiter...

Une grosse daube donc ? N'exagérons rien. Il y a quelques petites choses à sauver et l'auteur a le mérite de ne pas raconter plus que ce qu'il a à dire. Il me semble surtout que ce roman a très mal vieilli et ce qui aurait pu être d'actualité à l'époque prête aujourd'hui à sourire. En tout cas, ce ne sera pas celui que je conseillerai de cet auteur même si, je n'ose le dire, ce peut être un plaisir coupable, de la même manière qu'une série z de type SyFy (je vous conseille à ce sujet Méga Shark VS Giant Octopus !)

StepH

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jeudi 1 décembre 2011

Chroniques de l'E-maginaire n°4

kobo_by_fnac_touch_2Un mois déjà que j'avais tenté de brosser un état de l'offre numérique en général et de celle des littératures de l'imaginaire en particulier. Force est de constater que l'analyse que j'en faisais est plutôt en passe de se réaliser. Amazon vend maintenant son Kindle à 99€. Il est présent dans les enseignes Casino et Virgin. Du coup, la Fnac répond à cette attaque par un partenariat plutôt bien pensé avec la marque de liseuse Kobo pour une synergie qui sera, à mon sens, très efficace. Résultat : un très bon matériel tactile avec une grosse librairie en ligne (la plus importante à ce jour, me semble-t-il...), la possibilité de partager ses lectures grâce à des applications communautaires et tout cela pour 129€ (et moins si on est adhérent) ! Virgin, plutôt discret jusqu'à présent sur ce thème, se lance aussi dans unodyssey_4 partenariat (tout aussi intéressant) avec Bookeen (société française), proposant la dernière technologie Cybook (qui ferait le café selon certaines rumeurs) au même prix et avec les même conditions que le Kobo, Enfin, pour l'anecdote, France Loisir relance de la même façon son offre numérique avec une tablette au prix très très compétitif (55€ en prix de lancement). Pléthore d'offres donc qui deviennent abordables (toutes proportions gardées...). Le taux d'équipement risque enfin de monter. Inéluctablement, le besoin de contenu se fera plus prégnant, et à prix juste. A ce point, deux solutions s'offriront à nous : ou bien on trouve une offre légale attractive, ou bien on se lance dans l'acquisition illicite de contenu (cf marché du disque). Il me semble que les éditeurs ont compris qu'ils sont maintenant au pied du mur et que le marché de demain ne dépend que d'eux... Ainsi, des rumeurs disent que des négociations seraient en cours afin d'aligner enfin les prix du numérique sur le poche quand il paraîtrait à ce format. Quelle avancée ! J'espère que ce ne sera pas un vœux pieux…

Quoiqu'il en soit, il me semble que 2012 verra bien l'avènement d'un nouveau marché, pour le meilleur, ou pour le pire... En ce qui nous concerne, en tout cas, les maisons d'éditions continuent à se mobiliser. État des lieux

 

LA SFFF ANGLO-SAXONNE QUI PROSPERE !

 

SF Gateway

sf gatewayCommençons dans un premier temps par un projet qui nous fait rêver ! Gollancz, éditeur britannique de renom a lancé, il y a peu, une plateforme de téléchargement (une e-bibliothèque) dédiée aux domaines de l'imaginaire. Vous y trouverez tous les auteurs classiques dont certains titres sont épuisés depuis fort longtemps. Elle permettra donc de compléter votre bibliothèque avec ces titres que vous cherchez désespérément mais qui ne sont plus disponibles en librairie. Cette plateforme se veut aussi être un lieu d'échange, de conseils, pour toute leur communauté. Elle sera d'ailleurs en lien étroit avec l'encyclopédie Scifi. Pour l'avoir testé rapidement, SF Gateway n'est, pour le moment pas trop ergonomique ni trop fédératrice de la communauté, mais laissons lui le temps de vivre. De la même manière, si les titres sont bien référencés, ils ne sont pas tous disponibles sur les plateformes d'achat (amazon, kobo...). So wait and see... Gollancz prévoit une mise à disposition des titres exponentielle...

En revanche, SF gateway n'est d'aucune utilité pour nous, petits français ! En effet, il semble que nous soyons totalement dépourvu de e-librairie ! Pourquoi je vous en parle donc ? Et bien tout d'abord, c'est une initiative intéressante qui sera reprise, je l'espère... Peut-être qu'un Ayerdhal pourrait infléchir son projet dans ce sens, peut-être que Bragelonne, souvent locomotive, pourrait s'en emparer ! Mais plus prosaïquement, je vous dirais qu'Amazon montre sa force. En effet, les tests (très rapides) que j'ai fait tendraient à prouver que la plateforme est la principale source de titres du portail SF. Ainsi, les possesseurs de Kindle devraient pouvoir accéder au catalogue. Un point de plus pour le Kindle ! Cependant, il faudra attendre l'arrivée du Kobo by FNAC (d'ici la fin de semaine) pour annoncer la victoire du géant américain car ils sont aussi en lien. Enfin, plus théoriquement, Gollancz est un éditeur appartenant à Orion Publishing, qui appartient lui même à Hachette... Pourrait-on rêver que ce soit le géant français qui nous apporte le graal ?

 

Label SFFF pour Amazon

amazonOn vient tout juste de le voir, Amazon brille par son investissement dans le numérique, y compris pour l'imaginaire. Mais le premier vendeur numérique aux Etats-Unis ne compte pas s'arrêter là. Il a sans doute bien étudié ses stats et sait que la SFFF a du potentiel. Il vient donc d'annoncer le lancement d'un label sur ce genre. Son nom : 47north. Au programme, éditions de Science Fiction, Fantasy et Horreur avec de grands auteurs comme Stephenson ou Greg Bear. 15 titres seront lancés dans un premier temps d'ici à la fin du premier trimestre. Il s'agira encore une fois de rééditer des titres épuisés (décidément, tout le monde a la même idée!), sans doute parce que l'édition n'est, pour le moment pas leur premier métier.

Pour le lecteur, cette nouvelle est sans doute une bonne chose. Toutefois, il me semble qu'elle est de mauvaise augure pour l'édition. En effet, si dans un premier temps, on peut penser que la multiplication de l'offre tend à stimuler la création, on se demande si, en dernière analyse, l'hyper concentration de la chaîne du livre ne conduira pas à tuer la librairie. Certes, vous me direz que je ne suis pas honnête, que la concentration d'Hachette, d'Editis, du Seuil... a déjà eu lieu et qu'on en est déjà sur ce modèle depuis un moment et vous aurez raison ! L'analyse de la Feuille nous le prouve. Cependant, les modèles « à la Apple », les pressions qu'ont déjà subit les éditeurs anglo-saxons (sur les prix, notamment), nous incitent à craindre le pire... Quoiqu'il en soit et si l'on exclut tout débat commercial, Amazon nous prouve que notre petit monde de l'imaginaire a du potentiel. Encore une fois, nous devrions nous en inspirer !

 

UNE OFFRE FRANCAISE QUI S'ETOFFE (ENFIN!)

 

Un titre peut-être un peu ronflant si l'on considère son contenu mais il me semble que, petit-à-petit, une véritable offre se met en place, nous permettant de diversifier nos lectures !! Encore une fois, ce sont les « petits » qui montrent l'exemple mais un acteur classique s'y met et de belle manière !

Robert Laffont en numérique.

Cela fait un petit moment déjà que Robert Laffont numérise son catalogue. Depuis le début du mois, c'est au tour de la collection Ailleurs et Demain de se virtualiser. C'est sans aucun doute une bonne nouvelle ! Pour le moment, c'est du Dan Simmons, du Ian Banks, du Gérard Klein, du Michel Jeury qui sont mis à disposition. Que de beau monde !!! Question prix, si on est encore assez loin d'applaudir, il me semble que quelques efforts sont faits. Ainsi, on retrouve toujours l’aberrant « c'est plus cher d'acheter la version numérique que la version poche » (cf Hypérion) mais les auteurs français (Jeury et Klein) sont à 9€99. De cette manière, les excellents titres classiques seront enfin lisibles sur nos supports préférés.

Sous la cape du Vicomte.

bragelonnelogoLe savoir faire de Bragelonne (tant au niveau technique que communicationnel) n'est plus à démontrer en ce qui concerne le numérique. Véritable fer de lance pour la SFFF, dans ce domaine, ils deviennent aujourd'hui prestataires pour de petits éditeurs. Ainsi, les éditions du Riez, Griffe d'encre, et Voy'el confient quelques titres de leurs catalogues au Vicomte afin qu'ils paraissent au sien (de catalogue!), en EPUB. C'est tout d'abord une excellente nouvelle pour les lecteurs qui pourront découvrir ces maisons d'édition sérieuses qui ne sont malheureusement pas assez présentes en librairie. Mais, à part cette conclusion évidente, nous pourrions nous demander si cette initiative de Bragelonne ne marque pas l'avènement d'une nouvelle ère. En effet, il y a près de 12 ans, Stéphane Marsan (entre autres) créait sa propre boite pour publier des littératures de l'imaginaire ; en quelques années, le petit challenger impose sa loi, son style à tous les gros qui le raillaient, devenant par la même occasion un intervenant incontournable du genre. Mais pour continuer à se développer, il lance, avec succès, deux nouveaux labels qui deviendront respectivement les collections poche et roman graphique de la maison mère. Enfin, parce qu'il faut continuer à imposer le rythme, il propose une offre numérique à bas prix et sans DRM, encore une fois avec succès.

On le voit bien, Bragelonne contrôle tout son catalogue, sur tous les formats. Plus encore, il s'est développé sur toutes les franges du genre. Il est donc arrivé à maturité et aura du mal à continuer sa diversification. Pour autant, sa position de leader lui impose de continuer son développement pour éviter de péricliter. Et voici donc que l'éditeur intègre des extérieurs à son catalogue. Pourrait-on en déduire que ce sera leur nouveau moyen de garder leur triple A ? Il me semble que oui. A mon avis, utiliser leur expertise dans le domaine du numérique pour prendre de plus petits éditeurs sous leur houlette est une très bonne chose. C'est, en effet, un choix tout autant politique qu'économique (comme leur positionnement sur le prix du numérique) car ils promeuvent de petits aventuriers et stabilisent leur statut de leader. Alors, est-ce que Bragelonne deviendra le portail français de l'imaginaire en numérique ? M'est avis que oui... L'avenir nous le dira...

 

Voilà ce qu'il me semblait important de vous dire, ce mois-ci, au sujet du numérique. J'en ai sans doute oublié, à commencer par les éditions Asgard qui nous offrent leur catalogue pour près de 10€ pièce, mais plus que l'exhaustivité, je souhaitais dégager une logique à tout cela. On le voit (j'espère) le numérique n'est plus le doux rêve de quelques technophile, il est là et il reste à savoir ce qu'on en fera. Je ne parle pas énormément des différentes tentatives d'expériences de lectures nouvelles (elles sont très nombreuses dans le domaine de la jeunesse) mais demain, nous ne lirons plus forcément de la même manière un livre « codex » et un livre numérique. D'autre part, on remarque aussi que les littératures de l'imaginaire ont une vrai place virtuelle et c'est très bien pour nous. Bien sûr nous pourrions gloser qu'on lui laisserait plus de place, en France, car une sous littérature trouve une meilleure place au sein d'une sous lecture, mais l'erreur coûtera sans doute beaucoup à ceux qui le pensent...

StepH

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jeudi 17 novembre 2011

GAIMAN, Neil : Odd et les Géants de Glace.

odd-et-les-geants-de-glaceOdd est un petit garçon étrange et boiteux, au pays des glaces dans le grand nord, qui va quitter son village à la suite d'une péripétie avec son vilain beau-père et se retrouvera embringué dans de drôles d'aventures en compagnie d'un renard, d'un ours et d'un aigle.

Odd et les géants de glace est un mini-roman paru en 2008 ( je crois) et vendu 1 Livre Sterling pour je sais pas quelle bonne cause ; personnellement, je me le suis procuré pour près de 10 fois plus, en version papier, chez Wiz de Albin Michel.

Voici une critique, disons-le tout-de-suite, qui a une vocation polémique. Et le débat ne portera pas sur l'arbitrage de la finale de la coupe du monde de rugby, même si ça pourrait, quand-même, parce que. Mais non. Mon envie, bien vaste et illusoire je le sais, est de m'en prendre à une icône : ce bougre de Neil Gaiman, auteur agaçant s'il en est. A mon avis. Entreprise d'autant plus complexe que, nous le verrons plus loin, je ne suis finalement même pas d'accord avec moi-même.

Un avertissement préalable, toutefois : l'auteur du présent billet a parfaitement conscience qu'il ne fera pas grand mal au susnommé Gaiman en s'en prenant aujourd'hui à son œuvre et que son opinion lui fera, au mieux (au GRAND mieux....), une belle jambe. Et, dans le fond, c'est aussi bien.

Mais bon, lâchons-le enfin : depuis quelques années, Neil Gaiman m'exaspère. Je trouve qu'il gaspille son talent, et même si c'est le sien, après tout, et qu'il en fait ce qu'il veut, c'est extrêmement frustrant. La concrétion ultime de ce vilain sentiment en moi a vu le jour dernièrement, quand j'ai refermé cet espèce de machin chose absolument inintéressant qu'est le court roman qui occupe la place centrale de la présente critique. Roman qui, malgré tout, n'est pas si mal écrit – mais c'est bien là la seule qualité que je lui trouverai. Pour le reste, l'exploration ultra-rapide de la mythologie norroise, pourtant vaste et fascinante, est on ne peut plus décevante, les personnages à peine tracés et caricaturaux, le schéma narratif terriblement classique... Quel atroce constat !

Mais revenons à l'auteur en élargissant le débat ; c'était mon intention première. Je sais que je ne me ferai pas que des amis ici en écrivant ceci, mais voilà : à quoi joue-t-il ? En ce qui me concerne, j'ai adoré Neverwhere et Coraline, tous deux véritables chefs d'œuvres, qui avaient l'énorme qualité de tracer et de (re)définir, quelque part, les règles d'un genre plus ou moins neuf – la fantasy urbaine pour le premier, et cette espèce de littérature étrango-horrifique de jeunesse (pas trouvé mieux comme nom) pour le second. Les œuvres de cette verve sont assez rares pour être signalées. J'ai beaucoup aimé Stardust, même si incontestablement, il ne revêt pas la même envergure. Je ne me suis pas ennuyé devant L’Étrange Vie de Nobody Owens, un petit peu plus avec le pourtant très (sur)estimé American Gods que, nous en avons déjà parlé ici, je trouve assez bon, mais sans plus, mais dont j'ai la dérangeante impression qu'il ne doit son prix Hugo qu'au seul nom de son auteur, plutôt fashion dans son genre, et qui a été ma première déception. En revanche, que de temps perdu devant Anansi Boys à attendre que quelque chose se passe et... ah, mince. C'est tout. Non, pardon, ce n'est pas tout : il y a Odd et les géants de glace.

Alors, oui, comme souvent, je me coupe moi-même l'herbe sous le pied, mais il faut être honnête, je ne vois finalement pas plus de gâchis que cela, en fait. Voyons voir (si je peux me rattraper à une branche)... Miroirs et Fumées est complètement inégal, mais quels sont les recueils qui ne le sont pas ?

Toutefois, je dois le dire, avec Odd et les Géants de Glace, je trouve que l'on franchit un cap. A noter malgré tout, que la faute en revient ici aussi à l'éditeur, qui propose une histoire très médiocre à un prix qu'elle ne mérite pas en se servant d'un nom. Vilaine sensation de s'être fait couillonner.

En conclusion, je ne peux que, à regret, faire une croix sur ma croisière anti-Gaiman, même si je trouve qu'il ne mérite pas toujours toutes les louanges qui lui sont faites – c'est, à mon avis et avec le recul de quelques années, juste un bon auteur qui a eu le « malheur » d'avoir des débuts tonitruants et de ne pas réussir à se remettre au même niveau pour la suite. Ça peut arriver, dans le fond. Même si tout mon fiel (oui, je le reconnais, je suis fielleux... bon, ça me passera) provient essentiellement du fait que je n'attends qu'une chose, c'est qu'il se décide enfin à me fermer mon clapet en publiant un nouveau chef d'œuvre !

Le hic, c'est que, avec tout ça, je ne suis vraiment pas sûr que celui-ci ne me passe pas sous le nez tant, à présent, je suis devenu hésitatif devant ses titres. A force.

Zolg

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mercredi 9 novembre 2011

Vadim, Jean : Le Père Porcher.

pereporcherNous avons déjà parlé je crois du problème des séries-fleuves par ici, et quand la question s'est posée à moi à propos de Terry Pratchett et de son interminable Disque-Monde, je n'ai pas longtemps hésité à dire non, en dépit du plaisir évident que j'avais pris lors de la lecture du Peuple du Tapis, du Grand Livre des Gnomes et surtout (encore merci Steph !) de l'excellent De Bon Présages. Alors, quand j'ai vu qu'il existait une mini-série qui en mettait en scène l'univers, je me suis dit que c'était l'occasion de le découvrir enfin et je n'ai pas hésité une seconde !

Sur la planète du disque-monde, posée comme chacun le sait sur le dos de quatre éléphants eux-mêmes portés par une immense tortue dérivant dans l'espace interstellaire, c'est l'hiver, et la saison de Porcher, étrangement similaire à notre Noël, approche à grands pas. Las ! Le père Porcher, artisan principal de la fête, a disparu !

La Mort elle-même va mener l'enquête, bientôt rejointe par sa formidable petite-fille Suzanne...

Mini-série constituée de quatre épisodes de quarante-cinq minutes chacun, Le Père Pocher sera l'occasion de nous emmener à la découverte de l'univers décalé de Terry Pratchett. Mais je ne peux pas dire que ce soit une grande réussite. Certes, on subodore quelque chose de pas mal, voire de carrément drôle, mais... incontestablement, quelque chose manque. Et on se demande si ce ne serait pas par hasard tout simplement l'humour, cet élément souvent considéré comme « juste en plus » et qui semble ici donner tout son sens au Disque-Monde tant, en son absence, tout ce microcosme ne prend pas et manque de liant. Quoi qu'il en soit, à chaque instant, on se sent pris de l'envie de basculer dans cette création aux règles étranges et farfelues... sans y parvenir. Les personnages sont là, relativement originaux, on se rend bien compte qu'il y a une logique toute particulière ; seulement, on n'y a pas accès. L'action prend le pas sur le reste, et au final, il faut bien l'avouer, c'est quand-même l'ennui qui prévaut sur le reste et qui ressort de tout ça. Comme si on était invité à entrer dans un formidable manoir aux hautes tours et aux arabesques enchanteresses, pour au final rester dans le vestibule... J'en veux pour preuve, par exemple, l'espèce de sentiment de gêne qui s'empare de nous quand on découvre, au début de la série, ce pauvre père Noël affublé de dents de sanglier et coupables de vilains et dérangeants grognements. Je suis vraiment pas un puriste, mais à ce moment, on se pose la question : pourquoi lui inflige-t-on cela, pauvre bonhomme ? Quel intérêt à changer le père Noël en cochon, plutôt, par exemple, qu'en aigle ou en ours ou en chaussure, tant qu'on y est ? On se trouve par ailleurs projeté ici ou là dans une académie de Magie haut-perchée au-dessus de la ville, et on en ressort sans comprendre ce qu'elle fait là ou ce qu'on y a fait. Les exemples de ce genre ne manquent pas ; on fait la connaissance de deux vigiles, plutôt sympathiques par ailleurs, chargés de la surveillance d'un centre commercial, puis ils disparaissent et puis voilà.

Une déception, donc, en dépit des décors réussis et de quelques acteurs assez charismatiques – je pense notamment à Suzanne. Vadim Jean (le réalisateur), peut-être à vouloir trop en faire et en montrer, ne trouve jamais le ton adéquat, et c'est bien dommage. Il ne fait dans le fond qu'adapter une histoire, quand on se rend compte que Terry Pratchett, comme tout écrivain talentueux finalement, raconte bien plus que des histoires...

Zolg.

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mardi 1 novembre 2011

LEBOULANGER, Camille : Enfin la nuit.

enfin la nuitIl y a peu, je vous disais que les éditeurs qui prenaient le risque de publier des nouveaux auteurs français se faisaient rares. Je vous disais aussi que l'Atalante faisait partie de cette frange courageuse. Pour illustrer mon propos et mettre en avant cet éditeur dont on ne parle malheureusement pas assez sur ce blog, j'avais envie de vous présenter ce premier roman d'un jeune auteur plein d'avenir, à mon sens.

Le monde tel que nous le connaissions, scandé par des heures de veilles et des heures de repos, n'est plus. La nuit, source d'oubli, promesse d'une aube nouvelle portant l'espoir que demain sera mieux qu'aujourd'hui, n'est plus. Dès lors la société s'effondre, perdue. Thomas, flic du monde d'avant, se réveille seul. Sa femme est partie... Elle mourra dans quelques heures mais il n'en aura jamais connaissance. Peut-être est-il temps pour lui aussi de prendre la route... Pour où ? Pourquoi ? Il ne le sait pas. Fuir ? Chercher mieux ? Qui sait ? Quoiqu'il en soit, il doit partir. C'est le début d'une odyssée qui le mènera au travers d'une France dévastée, à la découverte d'une humanité défigurée. Mais est-ce l'apocalypse qui a provoqué cela ?

Ah l'apocalypse ! Peut-on encore trouver un biais original pour décrire ce qui se passe ensuite, après tout ce qui a été fait, après La Route ? A lire l'auteur, il me semble que oui. Ici, on ne saura jamais ce qu'il s'est passé. Il n'y a plus de nuit, point. Mais on n'en apprendra pas beaucoup plus sur les survivants. Le roman n'est donc pas une œuvre à thèse : ni du point de vue du contexte (peur du nucléaire...), ni du point de vue de l'analyse sociale (l'humanité en temps de crise...). Dès lors, il ne reste plus qu'à suivre l'odyssée tant psychologique que physique, du (des) héros. A la McCarthy, donc ? Oui. Pourtant le résultat est vraiment différent. On suit dans Enfin la nuit un homme qui perd peu à peu tout repère mais garde son humanité grâce aux quelques bonnes gens qu'il rencontre. Bien sûr, les choses n'iront pas forcément en s'arrangeant et seront l'occasion pour notre héros de remettre en question toute sa vie... Comment vous l'expliquer clairement sans vous dévoiler toute l'histoire ? Il me semble qu'on peut se demander, en refermant le bouquin, quand la fin du monde a-t-elle eu vraiment lieu ? Ainsi, à mon sens, et sans le dire, c'est toute une humanité qui est remise en question ; humanité actuelle dont seul le carcan de l'habitude l'empêche de sombrer.

Plus encore, si l'on analyse le style, on peut se demander si ce ton sarcastique n'est pas la voix secrète d'une société qui se sert de l'ironie pour tenir... En effet, l'auteur émaille son texte de digressions ironiques, de notes d'humour noir qui rendent certes l'ambiance plus légère mais provoquent parfois le malaise.

Si on lit ici et là quelques critiques, on se dit que ce premier roman est mal fichu et maladroit. Ce n'est pas du tout mon avis. Si je veux bien concéder qu'il subsiste quelques maladresses de jeunesse, il me semble qu'il est plutôt bien écrit, bien pensé et assez fin Il a aussi l'indicible avantage de ne pas durer plus longtemps que ce que le contenu en demande. A ceux qui critiquent aussi la crédibilité de la fin du monde, je réponds que ce n'est pas l'objet, ce n'est qu'un prétexte à l'histoire. De la même manière, lorsque qu'on remet en question le schéma narratif, je réponds à nouveau qu'on tire à côté. Seul le style peut déranger, paraître redondant ou désinvolte, on aime ou on aime pas. Les fans d'action, de Mad Max, peuvent également passer leur chemin !

Un roman bien étrange donc, qui fascine et interroge, qui nous déroute. C'est aussi la découverte d'un auteur à la voix toute particulière. De mon point de vue, Enfin la nuit a été une très bonne surprise. Ni trop long, ni trop court, il m'a forcé à me préoccuper du sens que l'auteur voulait y donner (ou bien à l'exégèse que je voulais en faire). Il plaira à ceux qui aiment la découverte et les romans plutôt introspectifs. Camille LEBOULANGER est un auteur que je ne manquerai pas de suivre et qui, j'en suis sûr, améliorera encore son talent pour devenir une voix écoutée de l'imaginaire !

StepH


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lundi 17 octobre 2011

SIMAK, Clifford D. : Les Épaves De Tycho.

les epaves de tychoFort longtemps que je voulais chroniquer Clifford Simak ici. Saviez-vous que c'est lui, paradoxalement, qui m'a initié à la fantasy ? Non, personne ne le sait, évidemment, quelle question idiote.

Je dis « paradoxalement », parce qu'il est plus souvent perçu comme un auteur de S.F pure, et pourtant... très tôt, la Confrérie du Talisman, Le Pays du Mal, La Planète Aux Embûches (qui, il est vrai, fleurte avec les limites des genres) m'ont littéralement enchanté ; plus récemment, j'ai découvert avec grand bonheur Le Pèlerinage Enchanté. Mais on le sait, Simak, c'est surtout de la S.F – de la « sweet » S.F ai-je envie de dire –, un auteur dont les adjectifs qui reviennent le plus souvent à son propos sont, je crois (et à juste titre) « généreux » et « intelligent »; un écrivain au style souple et paisible.

Mais voilà : duquel de ses livres vais-je parler ? De l'excellent Demain Les Chiens ? Du non moins bon et original Les Fleurs Pourpres ? Les deux sont très bons, même si, personnellement, j'ai une petite préférence pour Demain Les Chiens. Mais ils sont déjà beaucoup commentés ! Par conséquent, pas la peine de dire ce qui a déjà été dit, surtout quand on est d'accord.

Alors voilà, j'ai fini par trouver : un recueil de trois longues nouvelles, déniché au fond d'un grenier où j'aurais juré qu'il avait rien à faire, et probablement introuvable aujourd'hui – d'ailleurs, dans les rayons, Simak a tendance, je sais pas si vous avez remarqué, à se faire plutôt rare de nos jours. C'est dommage.

Les Épaves de Tycho, donc. Trois historiettes dans lesquelles on plonge sans s'en rendre compte et qui se terminent aussi vite ; trois petits bains de jouvence agrémentés de points de vues originaux tout autant que d'insouciance et de légèreté, trois véritables bijoux, cocasses et surprenants.

Un prospecteur lunaire s'en va chercher fortune au fond d'un cratère maudit en compagnie d'une charmante aventurière...

Un collectionneur de timbre galactiques voit son quotidien et l'ensemble de la destinée de la planète changer suite à une correspondance épistolaire avec un extra-terrestre.

Sur une Terre peuplée exclusivement « d'écrivains » fonctionnant avec des machines à programmer des histoires, un jeune auteur confronté à un problème mécanique va se trouver plonger dans des aventures grotesques pour finir par découvrir des secrets vieux comme le monde...

Voilà pour les résumés ; des univers riches et foisonnant, des personnages d'une simplicité désarmante et qui n'en sont que plus réels, beaucoup d'humour. Simak explore les aspects les plus humains de la SF avec ces trois « contes » au cours desquels il n'hésite pas à virer à 180 degrés pour mieux surprendre son lecteur, sortant des sentiers battus pour offrir des développement pour le moins inattendus. Un régal, donc ; en tant que lecteur, je me suis fait à plusieurs reprises la réflexion que cela faisait plaisir de voir un tel « ponte » s'amuser autant avec ses personnages, y prenant un plaisir enfantin et sans jamais s'appesantir.

Vous l'aurez compris, j'adore Clifford Simak, un auteur que je trouve assez proche de Bradbury, dans ses idées et pas mal des thèmes qu'il développe, avec la nostalgie en moins (ce qui me va bien, personnellement), et je ne peux que vous le conseiller. Après, que ce soit Les Épaves de Tycho ou bien autre chose, sincèrement, peu importe, mais c'est à lire ! Pour revenir à sa présence de plus en plus discrète dans les rayons des libraires, même parfois spécialisées, je suis justement en train de lire Hank Shapiro... , et au-delà du fait que, pour ce que j'en ai lu, il pourrait très bien s'agir d'une histoire de Simak, je trouve que c'est justement un auteur qui est à ne pas effacer ! Il sait jongler entre littérature récréative et réflexion sur l'ordre du monde avec un talent de prestidigitateur, le secret étant, je crois, qu'il ne se pose pas ce genre question. Pour ma part, je ne m'en lasse pas, et j'avoue que j'y reviens régulièrement. Je crois d'ailleurs savoir que je ne suis pas le seul ici à l'apprécier ; est-ce que je me trompe ?

Pour tout vous avouer, je me suis procuré d'autres ouvrages de lui récemment, assez prometteurs en vérité, et je m'engage dès à présent à revenir vous en donner des nouvelles dès que j'en serai venu à bout. Cochon qui s'en dédit !

Zolg.


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jeudi 13 octobre 2011

LE LIVRE SANS NOM

le livre sans nomIl vous reste quelques jours de RTT à poser et vous êtes adeptes des séjours à sensations ? Amis touristes, prenez un billet (sans retour) pour Santa Mondega, Amérique du Sud !

Vaccins facultatifs. Vous risquez de mourir plus vite d’une balle perdue que du palu.

Dès votre arrivée, faites une halte au bar le Tapioca, incontournable lieu de convivialité armée où vous serez (mal) accueilli par un verre de pisse. Évitez toutefois d’y évoquer le nom du Bourbon Kid, responsable d’un massacre dans ce bar quelques années auparavant….d’autant qu’une série de meurtres plus que gore a débutée et que tout le monde est un peu à cran (et armé, pour rappel) à l’idée de son retour. Si le temps vous paraît un peu long lors de votre séjour, nous vous conseillons cependant une autre activité que la lecture d’un mystérieux livre sans nom et sans auteur, vos prédécesseurs ayant finis dans une mare de sang. Enfin, si vous tombiez par hasard sur une magnifique pierre précieuse, sachez qu’elle a été dérobée dans un monastère et que deux moines, un peu niais mais, et c’est à noter, plus forts que vous en arts martiaux, sont à sa recherche.

L’office du tourisme vous souhaite un agréable séjour.

Présenté comme un thriller, le livre est un ovni du genre. Il commence effectivement comme un polar mais on va très vite flirter avec le fantastique pour y basculer complètement à la fin.

Je ne peux pas vous dire comment ni pourquoi sans dévoiler l’intrigue mais disons que Santa Mondega ressemble un peu à la bouche de l’enfer. Un endroit sympa, quoi.

L’ambiance est au western moderne, teinté d’humour noir. Les personnages et les dialogues complètement barrés font penser à l’univers de Tarantino où un redoutable tueur à gage peut être le sosie d’Elvis sans que cela vous paraisse étrange.

J’arrive un peu après la bataille puisque le livre est depuis un moment déjà en tête des ventes, que ce soit en grand format ou poche. L’éditeur Sonatine avait en effet mis le paquet en terme de pubs et d’effets d’annonce lors de sa sortie. Et pour faire monter la sauce, rajoutons à cela une pincée de mystère autour de l’identité de l’auteur, inconnue jusqu’à maintenant, et voilà un best seller.

Méfiante devant l’artifice et le marketing à outrance, j’ai mis du temps à me décider à aller voir de quoi il retournait. Je ne le regrette pas. J’ai adoré de bout en bout. Car contrairement à ce qui se produit régulièrement, son succès massif n’est pas immérité et vous refermez l’ouvrage sans crier à l’arnaque.

Et parce que vous allez aussi adorer, vous continuerez avec deux suites déjà disponibles : « L’œil de la lune » et « Le cimetière du diable ».

Sof


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mardi 11 octobre 2011

MARTIN, Georges R. R. : LE TRONE DE FER.

Le-Trone-de-Fer-lintégralCent fois sur le métier, nous remettons notre ouvrage... Par trois fois j'ai composé une opinion sur cette série...

Lorsqu'il y a quelques semaines j'ai livré une première version de cette chronique, je m'appuyais dès le départ su une thèse : Le succès de cette œuvre auprès des afficionados du genre me paraissait mystérieux. Alors que les faits démentaient une bon part de mon argumentaire, il m'a été demandé de reconsidérer ma position avant publication. Obstination têtue ou esprit de contradiction : Toujours est-il que je n'en suis pas à renier mes propos même si j'ai fais évoluer ma démonstration.

Le Cerf Barathéon, le Lion Lannister, le Dragon Targaryen, derrière ses héraldiques animales, des familles qui gravitent et s'affrontent autour du Trône de Fer, symbole du pouvoir suprême sur les Sept Couronnes. Le Loup-garou de la famille Starck, seigneur du Nord se tient quand à lui prudemment éloigné de l'écheveau des intrigues de cour – le " Jeu des trônes " -. Or les événements vont conduire Eddard Starck, homme d'honneur, chevalier intègre au centre de ce jeu quand le roi va lui conférer la charge de Main, premier exécutant des volontés royales. Ces événements vont mener aussi à la séparation de sa famille. Son fils aîné, enfant illégitime est contraint de rejoindre la Garde des Ombres ; Ramassis de vauriens et de traîne-misère qui mènent une surveillance vigilante contres les créatures surnaturelles qui vivent par-delà le Mur. Son deuxième, pourtant bien jeune, appréhende la lourde charge de Seigneur du Nord. Ses filles prennent la nouvelle de façon opposée. La première s'est toujours rêvée princesse et épouse de Roi et la seconde cherche encore sa place en ce rude univers. Le cadet voit prématurément s'évanouir ses rêves de chevalerie. On ne surprend pas les puissants menant des affaires compromettantes sans en subir les conséquences : la paralysie des jambes valant-elle mieux que la mort ? A tout ces enfants, la providence vient de confier un jeune louveteau-garou orphelin. Peut-être pour se rattraper des périls qu'elle compte leur faire subir...

Si on peut estimer que l'intrigue va principalement tourner autour de ces personnages, on ne peut les dissocier des autres. La reine est une personne ambitieuse aux mœurs plus que dissolues. Son frère jumeau, son amant, est un parjure qui porte le surnom de " Régicide " : il a tué le roi qu'il avait juré de servir. Leur frère est un nain au physique difforme, qu'une vive intelligence compense pour survivre dans le difficile jeu des trônes. Quand au roi, il dispose lui aussi d'une intéressante fratrie. Chacun de ses frères n'attend que sa chute pour prétendre à sa place – comme il se doit... - Ceci alors qu'à l'Est, les héritiers du précédent Roi, déchu par la force, forgent des alliances pour recouvrer le Trône de Fer. Et bien d'autres encore que je n'évoque ici pour ne pas me livrer à un fastidieux et inutile inventaire...

Affrontements martiaux, intrigues politiques, chassé-croisé amoureux, quête initiatique : Il ne manque rien ici des éléments qui font les grandes sagas... L'ensemble est subtil, dynamique, audacieux, dense. A quiconque le lirait dans son édition intégrale en quatre tomes un constat s'impose : Quasiment aucun personnage n'est à la conclusion d'un tome dans la situation qu'il occupait au prologue de celui-ci... Certains connaissant même une conclusion définitive à leurs aventures. Blasés des contes emplis de créatures fabuleuses et de magiciens, vous trouverez ici votre bonheur en des loup-garous qui ne sont que d'énormes lupins et des sorciers aussi rares qu'inquiétants : un univers low-fantasy âpres et dangereux.

A cet instant de ma présentation, je soulevais mon propre paradoxe : introduisant une circonspection en introduction, je venais de me fendre d'un éloge de l'œuvre. Il était vrai qu'alors au sortir de l'édition française dite " intégrale "de quatre tomes, il n'existait pas de suite qui me fut connue ce qui me menait à m'interroger sur la validité d'en encouragement à lire cette série.... Or le temps est notre pire ennemi. Presque six mois se sont écoulés entre la fin de ma lecture et l'écriture de cette chronique. Quelques jours avant, après presque six ans de silence, l'auteur s'est fendu de la suite – publication anglaise s'entend -Certains pensaient que je pourrai alors me renier. Or, cela m'a plutôt conduit vers des abîmes de perplexité. Les personnes qui m'avaient conseillé cette saga avec empressement pour l'avoir lu bien plus tôt ne pouvaient avoir connaissance de cette suite... Comment alors ce peut-il que l'on m'ait conseillé avec empressement une histoire qui était alors sans fin...

Partisan de cette série, je le suis. Mais je mettrai en garde les personnes qui comme moi aiment les conclusions. Mais probablement ne vous trouverez vous pas dans la situation qu'on vous conseille cette série alors qu'elle est inachevée... Moi je vous conseillerai la patience. Cette chronique en est un bon exemple....

Pacman.

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jeudi 6 octobre 2011

ROTH, Veronica : Divergent

divergentDans un Chicago futuriste, le monde se sépare en cinq factions : les altruistes, les sincères, les fraternels, les audacieux et les érudits. Chacun de ces groupes se construit autour d’une vertu qui lui est propre et qui rythme tout, de ses décisions à sa façon de vivre. L’abnégation, l’honnêteté, l’amitié, le courage et la connaissance ne peuvent donc s’unir, puisque tout les sépare. A l’âge de 16 ans, chaque enfant subit le test qui le détermine selon ses propres compétences, à entrer dans telle ou telle caste. Généralement, ils restent auprès de leur parent au creux de la faction qui les a vus grandir. Malgré tout, certains ne sont pas à l’abri de se découvrir, et de reconnaître que la vertu au sein de laquelle ils ont grandi ne leur correspond pas en réalité. Ils choisissent alors une autre faction, et ne verront plus jamais les leurs.

Beatrice Piotr, 16 ans, a toujours été élevée avec les altruistes. Ne pas poser de questions à table, s’habiller en gris afin de passer inaperçu, offrir sa vie aux autres. Le dévouement dont font preuve sa mère et son père est tel, qu’elle n’a l’autorisation de voir son reflet dans le miroir que deux fois par an afin de s’oublier au bénéfice des autres. Alors qu’elle approche de la date des tests d’aptitude, Béatrice commence à douter. Mais sans avoir le droit de parler et de poser des questions, il est difficile d’y voir clair. Est-elle prête à une vie dévouée aux autres ? Et sinon, est-elle prête à ne plus jamais revoir ses parents ? Tiraillée et incertaine, elle redoute plus que tout d’être une sans-faction, SDF de ce futur sombre, exclu de la société et de la ville elle-même. Nous la suivons à travers ses choix, ses décisions, ses doutes. Grandir, c’est aussi s’écarter de ses parents, ne plus correspondre exactement à leur vœu, exister par soi-même, et l’accepter. Elle découvrira qu’il existe une situation pire que celle des sans-factions, que certains semblent avoir plusieurs de ces vertus encrées en eux… Ils sont alors divergents, et deviennent des cibles à abattre. N’en disons pas trop sur ce superbe roman dystopique ! Mais relevons surtout que la formation de Beatrice sera riche en émotions et en rebondissements, et que son caractère fort fait d’elle une héroïne attachante et sensible, épatante et rare.

Bien sûr, cette vision de la société semble assez manichéenne et presque agaçante… Mais ça va au-delà de ce regard innocent et gentillet. Alors que le roman se termine sur la fin de sa formation, les 50 dernières pages sont haletantes et surprenantes. J’avoue que je me demandais comment faire de ce premier tome une trilogie, je somnolais doucement sur la fin, semblant sans trop de mal comprendre où Veronica Roth voulait nous emmener, quand subitement… Tout s’accélère ! Le rythme est soutenu tout au long des pages, le cœur de Beatrice bat à ce tempo saccadé causé par sa formation et par l’amour, bien sûr ! Mais pas trop… Divergent n’est pas un roman gnangnan, qu’on se le dise.

Premier tome d’une trilogie, il sort le 6 octobre 2011, et il faudra attendre mai 2012 pour lire la suite des aventures de Beatrice la rebelle.

Et vous, si vous apparteniez à une de ses factions, ce serait laquelle ?

Anouchka


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lundi 3 octobre 2011

Chroniques de l'E-maginaire ou le billet du numérique dans les littératures de l'imaginaire n°3, partie 2.

J'AI PEUR MAIS J'Y VAIS...

OrbitEn parlant de gros, nous pourrions énumérer ceux qui nous proposent enfin quelques titres de leurs catalogues ! Orbit met à disposition une dizaine de romans à télécharger : l'excellente trilogie fils des brumes, le très bon Elantris (en deux tomes alors que la version poche est une intégrale!), la trilogie de l'héritage, le premier tome des chroniques d'ysillt aux morts, Sans âme et enfin le tome 5 de l’Épée des ombres. Pygmalion, quant à lui, nous permet d'enfin pouvoir lire l'Assassin royal sur nos liseuses ! Il y ajoute quelques titres plus confidentiels... Enfin, Fleuve Noir a annoncé avec fierté, ici, les débuts de la numérisation de ses catalogues : Moi Jennifer Strange, dernière tueuse de dragon, Un blog trop mortel, Les cités de lumière... J'allais oublier Gallimard qui ne propose que son fonds jeunesse (A comme association, Vango...).Pygmalion

Cet ensemble d'offres nouvelles nous montre, à première vue, l'intérêt que portent ces grands éditeurs à ce secteur (flairant l'aubaine?). Toutefois, il nous faut pondérer notre joie par quelques remarques : il est bien normal que les meilleures ventes soient numérisées en premier lieu, réduisant le risque d'échec. Cependant, cette logique a le défaut, pour l'éditeur, de mettre en avant quelques dysfonctionnements gênants... En effet, les hits sont souvent disponibles au format poche. Du coup, l'invraisemblance et la réalité de leur politique éditoriale, en ce qui concerne le numérique, nous saute aux yeux ! L'Assassin Royal est à 7€60 au format poche, 14€90 en EPUB ! L'Empire Ultime paraîtra en octobre au livre de poche à 9€50 mais reste à 18€99 en numérique... Comment le justifier ? Est-ce à dire qu'il est plus cher de numériser que de miniaturiser ? Soyons honnêtes, si cette offre a le mérite d'exister, elle montre bien encore la crainte qu'elle inspire et l'erreur, peut être fatale à mon sens, de logique des éditeurs... A l'heure où chacun réfléchit à des modèles économiques viables, privilégiant pour la plupart des prix bas (abonnement, gratuité par la pub...) et où l'on constate que les lecteurs numériques français n'achètent pas de livres payants, on se demande si les décideurs ne prévoient pas simplement de laisser le numérique aux big ones (google, amazon, apple) !

 

EN VRAC !

Petite dernière rubrique pour des news diverses !eclipse

Tout d'abord, l'info est tombée il y a peu, Emmanuelle Bonavent, éditrice chez Eclipse, annonce enfin une bonne nouvelle ! Ils travaillent activement sur une offre numérique. L'annonce est sibylline et j'aurais sans doute dû la mettre dans la rubrique « j'ai peur mais j'y vais ». Cependant, je préfère rester positif, l'éditeur commettant, pour le moment, un parcours sans faute. A suivre donc.

Autre nouvelle d'envergure, Bragelonne, les champions de l'imaginaire, toujours couillus (pardon pour l'expression) numérisent à présent leur fonds Milady graphics avec le même entrain que précédemment. Les prix sont toujours bas. Par contre, il vaut mieux avoir une tablette !

moutons-electriquesDans le même registre, les Moutons électriques qui avaient déjà passé le cap électronique, passent enfin à l'EPUB. C'est une nouvelle qui me réjouit au plus haut point. Ainsi, certains de leurs formidables romans seront lisibles confortablement !!

Enfin, je ne peux oublier l'énorme buzz : Harry Potter en numérique ! Madame Rowlings innove en créant carrément un site : Pottermore. Pourtant, je n'en parlerai pas trop car je n'ai pas pu le tester. En effet, il est impossible de se connecter tant l'affluence est forte ! Arnaque ou vrai innovation ? Il y a beaucoup d'avis différents que vous pouvez glaner sur le web !

 

PARE POUR LE DECOLLAGE ! MAIS Y A-T-IL UN PILOTE DANS L'AVION ?

 

Que conclure de cette longue présentation ?

amazon_logo_smallTout le monde parle du numérique, certains avec envie, beaucoup (en France) avec angoisse. Mais tout le monde sait que ça va arriver... Le numérique est à nos portes, qu'on aime ou pas. Reste à savoir ce qu'on peut faire pour que cette « révolution » apporte du mieux à la culture. C'est encore loin, diront certains. Ah bon, alors analysons un peu. Que nous faut-il pour un décollage du marché ? Les études prouvent que lorsque le taux d'équipement est satisfaisant, le marché évolue très vite puisqu'un besoin se fait sentir. Or si l'on cumule la nouvelle de l'implantation d'Amazon et de son Kindle en Europe et celle des grilles de prix qu'ils comptent appliquer (l'entrée de gamme sera vendue près d'une centaine d'euros), on peut raisonnablement se dire que la guerre des prix est déclarée et qu'il sera plus abordable de s'équiper. Ne parlons même pas d'Apple qui est déjà fortement implanté. Si je devais faire de la prospective, je dirais que l'année prochaine, les choses vont vraiment bouger... Mais sera-t-il encore temps ? Apple comme Amazon ont un système fermé (si vous achetez leurs lecteurs, vous devenez captifs de leurs plate-formes). Comment alors conquérir à nouveau le public s'ils sont à l'offensive et que nous ne faisons que réagir ? Quelle sera la place du libraire ? Quelle liberté auront les éditeurs ? N'épouserions nous pas exactement le destin que la vieille garde prophétise ? Et ne sera-ce pas exactement leur faute (merci Monsieur Beigbeder pour votre livre d'une rare intelligence, comme d'habitude...) ? En tout cas tel est mon sentiment... Quoiqu'il en soit, les prix de contenus bougeront aussi, par les pressions des Gros. La bataille sera perdue...apple

J'ai aussi envie de revenir sur la peur que le numérique tue l'édition. Pour quelles raisons ? Je ne parlerai pas de l'objet livre, car c'est une affaire de sentiment. Je me pencherai plutôt sur le contenu. L'éditeur, si je comprends bien les arguments, avec le numérique, serait assujetti aux lois du marché, sa politique éditoriale amoindrie et l'aspect culturel mourrait. Mais n'est-ce pas déjà le cas ? Combien d'éditeurs, s'il l'on prend notre domaine de lecture, prennent des risques éditoriaux régulièrement ? Combien d'éditeurs nous font découvrir de nouvelles plumes, de nouveaux genres ? Je ne vois guerre que Mnémos, l'Atalante et le Bélial. Pour le reste, ce qui compte, c'est le mainstream, ce qui fait consensus, la bit lit, la fantasy... Peut-on vraiment encore affirmer que le livre est un produit particulier, au croisement du commerce et de la culture ? Même les GSS (grandes surfaces spécialisées) usent et abusent de techniques de supermarché (jetez un œil à Moi vivant, vous n'aurez jamais de pause). Point de démarche culturelle, ce qui compte c'est de vendre (et c'est bien normal, je le comprends). Dans ces conditions, il me semble que, contrairement à ce que disent les angoissés, la culture peut se trouver du côté du numérique. Peut-être me direz-vous que je suis encore dans ce vieux rêve cybernétique des années 80 mais les initiatives que je vous ai présentées me semble étayer mes arguments. Ajoutons à cela que l'offre sera élargie et permettra à des éditeurs mal placés (pour ne pas dire absents) sur les étals de nos librairies (parce qu'elles sont bombardées de fashion books) de pouvoir gagner une visibilité décente (l'exemple du Bélial est en ce sens très éclairant). Ainsi, pour moi, contrairement à l'idée vulgaire, le numérique pourrait signer le retour d'une véritable offre culturelle... Bien sûr, je force le trait et je n'aborde pas ici toutes les difficultés mais il me semble que c'est une logique que tout le monde devrait prendre en compte afin que le futur ne ressemble pas à un Hank Shapiro au pays de la récup'.

StepH

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jeudi 29 septembre 2011

Chroniques de l'E-maginaire ou le billet du numérique dans les littératures de l'imaginaire n°3, partie 1.

Cela fait un petit moment déjà que je ne vous ai plus parlé de numérique ! Mais je n'ai pourtant pas abandonné l'idée de rendre compte de la révolution numérique dans notre milieu ! C'est donc avec un peu de retard que je vais vous rendre compte des informations que j'ai pu glané depuis quelques mois. Les vacances, la pause estivale des éditeurs, ont ralenti grandement l'avancée sur ce sujet et il me semblait ne pas avoir assez de matière pour un post. Mais le cumul des petites infos me donne la possibilité de créer aujourd'hui un bel article que je vous proposerai en 2 parties !

En guise d'édito, je dirai qu'en ce qui nous concerne, on ne peut toujours pas dire que les éditeurs se mouillent vraiment. La révolution numérique tarde (qu'on soit pour ou contre). Pourtant, chacun place ses pions, on s'observe, on surveille les gros du net, on se met en ordre de marche... Pas de sensationnel, pas de coup d'éclat (ou très peu), plutôt qu'un tsunami, nous assistons, si vous me permettez de filer la métaphore, à une courant invisible qui prépare le raz de marée. Pour exemple, l'appel d'Alexandre Bompard, le grand chef de la FNAC, « à agir de manière responsable » et à ne pas laisser le marché au monopole des géants américains. Ou encore les initiatives des « petits » avec « l'autre rentrée littéraire » qui met en avant les titres 100% numérique. Reste qu'Amazon rentre dans le jeu avec son Kindle 4, disponible en France à partir du 8 octobre. Si on ajoute Apple qui est déjà présent, on se dit que c'est bien plutôt sur notre tête que la grosse vague va tomber... Plutôt que des digues dignes d'une ligne Maginot, ne ferions nous pas mieux de tenter de modifier le courant ?


DE L'INNOVATION, DE L'INVESTISSEMENT, DES PROJETS AMBITIEUX !


En guise de mise en bouche et pour commencer par du positif, découvrons les innovations et les projets ambitieux !

Comme je l'avais déjà souligné auparavant, les routes sont souvent tracées par de petits aventuriers et non par ceux qui ont le pouvoir...

Mnémos et Walrus.

 

kadath-BDIl y a quelques temps déjà, j'avais eu l'occasion d'échanger avec Nathalie Weil (co-responsable des éditions Mnémos) sur la question du numérique. Elle m'avait confié être prudente et sceptique sur ce sujet. Si je me souviens bien, grossièrement (j'espère ne pas trop trahir sa pensée...), sa vision était que le livre numérique homothétique n'avait pas un grand sens. S'il fallait s'y mettre, autant innover. C'est un argument que je trouve pertinent. Quelques mois plus tard (en juin dernier), surprise, je découvre une vidéo d'un livre enrichi développé par Walrus pour notre petit éditeur (préféré!). Leur magnifique ouvrage avait été tuné pour tablette.

Voici ce que ça donne !


Walrus Epub Demo#3 - Kadath from Walrus Books on Vimeo.

Alors quoi ? Cette démo a fait couler beaucoup d'encre, certain criant au génie (du développeur et de l'éditeur), d'autre jugeant cet enrichissement plutôt artificiel. Pour ma part, je me réjouis et félicite l'innovation. Si le numérique peut encore approfondir l'expérience de lecture, je ne peux qu'approuver. Les améliorations collent véritablement à l'univers que nous fait découvrir l’œuvre et même si on peut admettre que l'idée de santé mentale peut, au final, nuire à la lecture, cela rentre tout de même dans une logique toute lovecraftienne ! Si on y ajoute que, clairement, l'ouvrage lorgnait sur un public de rôliste, on est sûr que l'aspect ludique sera un succès.

Au final, pour moi, le seul bémol reste technique. En effet, Walrus a développé ce programme pour des tablettes numériques. Or c'est ici que se trouve la véritable nuisance de lecture (même si ce n'est pas un roman et peut donc être parcouru de manière non continue). Malheureusement, en attendant des progrès techniques commercialisés, aucune liseuse ne supportera ce type de texte. Vivement l'EPUB 3 et vivement avril puisque Nathalie Weil, interrogée par Actusf nous promet une offre particulière pour avril 2012 !

Des petits qui se lancent !

On l'a dit et on le redit, lorsque l'on parle de numérique, ce sont les petits acteurs qui se lancent en premier, sans doute d'abord parce que c'est une opportunité d'exister, mais aussi par passion et conviction, je pense. L'été nous a confirmé cette thèse. Nous allons vous présenter trois initiatives qui semblent à suivre : l'éditeur 1000 saisons, la plateforme dystopia et les nouvelles des vagabonds du rêve.

mille saisonsLes éditions 1000 saisons sont pratiquement inconnues. Distribuées par l'exception diffusion elles manque de visibilité. Pourtant, un de ces romans à gagné le prix imaginale des lycéens. Quand on connaît la difficulté d'être présent sur les étals des libraires, on se dit que la directrice éditoriale, Aurélia Rojon a bien du courage. Mais c'est surtout d'esprit d'initiative qu'elle ne manque pas ! En effet, depuis peu, ces romans sont disponible au format EPUB pour un prix imbattable allant de 0,49€ à 3€99 ! Certes, si l'on y regarde à deux fois, il me semble que les œuvres sont découpées en plusieurs partie, ce qui augmente le prix final considérablement mais permet de tester, sans trop de dommages au porte-monnaie, les œuvres proposées. Malin !

vagabonds du reveDans la même veine, les Vagabonds du rêve, à la fois chroniqueurs des littératures de l'imaginaire et nouvellement éditeur, proposent, gracieusement, de télécharger les nouvelles qu'ils publient en ligne. Leur ambition est d'éditer une « anthologie permanente » de nouvelles mais aussi des romans principalement au format numérique. Pour le moment, seules les nouvelles sont disponibles. Comme ils le présentent sur leur site, le numérique leur permettra de nous présenter des textes plutôt confidentiels sans devoir subir la lourdeur de la chaîne du livre, tout en rétribuant mieux les auteurs. Leur principal écueil est, selon moi, de ne proposer que des nouvelles au format pdf... Mais que cela ne vous empêche pas de découvrir les nouveaux auteurs qu'ils soutiennent !!

dystopiaEnfin, l'association dystopia, qui promeut le littératures SFFF par l'organisation d’événements tout en publiant quelques œuvres (souvent sélectionnée pour des prix) annonce, pour la fin de l'année, l'établissement d'une plate-forme de distribution numérique afin de rendre disponible en EPUB ou PDF, sans DRM, à la fois leurs œuvres mais aussi quelques grands romans classiques actuellement indisponibles. Ils annoncent des prix plutôt bas (moins de 10€) et semblent suivre une politique éditoriale proche de celle du Bélial. Il me tarde forcément de pouvoir les lire !

Les trois initiatives se ressemblent : Des petits éditeurs, un manque de visibilité en librairie, une volonté de prescription, une vision du futur marché du numérique. Qu'en conclure ? Serais-je redondant si je comparais le secteur à un far west vers lequel seuls les ignorés partaient à l'aventure, rêvant de gloire ? Mais cet esprit de conquête formera sans doute l'offre de demain et ses possibilités. Car force et de constater que les puissants attendront l'eau courante pour venir investir ! Mon plus grand respect va donc à ses défricheurs.

 A suivre demain dans la partie 2...

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vendredi 16 septembre 2011

FFORDE, Jasper : Moi, Jennifer Strange, dernière tueuse de dragon.

Moi--Jennifer-Strange--derniere-tueuse-de-DragonsJe n'avais encore jamais lu Jasper Fforde malgré les bon papiers que j'avais parcourus sur sa série thursday next (dont le titre le plus connu est l'affaire jane Eyre). Alors lorsque la collection Territoires me permet à la fois de juger de la qualité littéraire de l'auteur et de continuer à analyser la pertinence de sa ligne éditoriale, je m'y mets avec plaisir !

Les îles britanniques, aujourd'hui, mais pas les nôtres. Ici, la magie n'a pas disparu et continue à servir tout un chacun : livraison express en tapis volant, rénovations diverses sans travaux... Mais les temps sont durs et les chantiers difficiles à obtenir, surtout lorsque les artisans sorciers sont, au mieux, étourdis, au pire, complètement fous et que la magie tend à décliner inexorablement ! Jennifer Strange est donc là pour régler tout ça : organiser la vie des mages, trouver de nouveaux contrats, bref, faire vivre cette petite entreprise d'inadaptés ! Néanmoins, depuis quelques jours, des choses étranges se passent. Les mages gagnent de nouveau en puissance. Est-ce en lien avec la prophétie de la mort du dernier dragon ? Malgré elle, notre jeune héroïnes devra démêler les fils du destin, se retrouvant au cœur d'enjeux qui la dépassent et dont le moindre sera l'inflation immobilière que créerait le décès du gros reptile...

Difficile de résumer l'histoire sans dévoiler la moitié du roman (comme le fait le quatrième de couv') tout en donnant un avant goût de cette expérience particulière de lecture ! Car comment mettre en avant l'humour décapant, le ton décalé et loufoque sans déflorer l'intrigue ou les pépites qui s'y trouvent ? Moi, Jennifer Strange... est hilarant et on ne s'y attend pas du tout. C'est une sorte d'anti-Harry-Potter dans lequel les mages sont des plombiers fous, des Fed-ex des milles et unes nuits et où le monde actuel est complètement ahurissant. Une fois la surprise passée, on se délecte des trouvailles loufoques que l'auteur nous propose, s'étonnant de tant d'inventivité. Mais ce n'est pas tout ! On s'amuse, on rigole, puis on entend les messages qui sous-tendent l'intrigue. Leur monde un peu fou fait écho au notre. Leur humanité égoïste vaut bien la notre. Leur vision de l'avenir est à peine plus longue que la notre... Un second niveau de lecture apparaît, sans doute paradoxalement exacerbé par le ton très léger du roman (Fforde écrit de la light fantasy, je trouve ça assez équivoque...). Et si ce roman n'était pas que récréatif ?

Ceux qui nous lisent depuis un moment savent à quel point j'aime ces romans, qui sont bien plus malins qu'il n'y paraît. L'humour permet souvent une critique plus acerbe de notre société et il me semble que c'est le cas ici ! J'ai apprécié cette œuvre de la première à la dernière ligne et je la conseille à tous !

Elle a aussi le mérite de m'éclairer d'une façon nouvelle sur la collection territoires. En effet, s'il le problème de classement persiste, il me semble que cette œuvre pourra être lue indifféremment (mais de manière différente !) par les plus jeunes et par les adultes. Ainsi, si Territoires nous propose des romans dont la qualité permet aux publics de 12 à 92 ans de lire de très bonnes choses, j'adhère ! Après deux très bonnes critiques, je me dis qu'il va falloir que j'envisage sérieusement de vous parler d'Un blog trop mortel ! D'ailleurs, pour tempérer dès à présent mon propos et reparler de mes doutes sur la pertinence de la collection (on l'a bien vu, c'est plus la forme que le fond que je vais juger ici), il me faut tout de même vous dire que la couverture est sans doute encore une fois inadaptée, lorgnant, comme je vous l'avais dit précédemment, sur les couv' Black moon,

Pour finir, je préciserai que ce titre peut se lire indépendamment mais qu'il devrait être l'objet de deux autres épisodes dont le deuxième devrait sortir en fin d'année en VO.

StepH


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mardi 6 septembre 2011

ABNETT, Dan : LA FONDATION.

la fondation" Au 41ème Millénaire, il n'y a que la guerre ". Sur cet axiome, la société anglo-saxonne Games Workshop a développé un jeu de stratégie avec figurine en puisant dans les canons de médiéval-fantastique et en le mâtinant de science-fiction : Le Moyen-Age Technologique où les Orcs , Elfes pardon Eldars – et Humains auraient découvert comment étendre leurs antagonismes par-delà les étoiles. Jouant un rôle majeur dans la niche des jeux de figurines fantastique, la société a diversifié ses activités en commandant à divers auteurs des romans ayant pour cadre ce belliqueux univers. A l'occasion de la réédition de sa saga la plus emblématique, permettez-moi de vous présenter ici l'un de ces auteurs les plus prolixes... et à mon humble avis le plus captivant.

Depuis prés de dix millénaires, l'Humanité porte la guerre à travers l'univers pour atteindre l'accomplissement d'un rêve : voir tous les mondes réunis sous la domination de l'Empereur-Dieu qui règne depuis sons trône d'or de Terra, maintenu vivant par des procédés technologiques aujourd'hui oubliés. La grande part de l'incalculable effort de guerre des humains est porté par la Garde Impériale. Chaque planète est tenue à une dîme précisément évaluée en impôt, matériel ou régiment. Au sein de ces régiments appelés à combattre loin de leur monde natal et bien souvent sans espoir de retour chez eux, une discipline de fer est maintenue par les Commissaires. Orphelins endoctrinés depuis leur plus jeune age et dont les prérogatives ne sont pas sans rappeler celles des officiers d'encadrement des régiments soviétiques.

Ibram Gaunt est un de ces hommes et il vient sur Tanith pour prendre le commandement de trois régiments de soldats d'infanterie légère aux talents plus que prononcés pour la reconnaissance et l'infiltration. Tanith est un monde forestier à la technologie pré-industrielle où les arbres migrent tels de placides pachydermes obligeant les habitants à développer un sens inné de l'orientation et de la survie. Malheureusement, Tanith est aussi un monde condamné. A peine arrivé, Gaunt doit prendre une décision au summum de l'impopularité. Celle d'abandonner ce monde subitement soumis à une invasion de redoutables créatures sanguinaires vouées à des puissances maléfiques. Plutôt que d'engager un combat perdu d'avance, il ordonne le retrait du plus de soldats possible, abandonnant les civils avant l'anéantissement de la planète par des bombardements titanesques.

Ainsi ne dispose-t-il plus à l'issue de cette débâcle que d'assez de soldats pour constituer un seul régiment qui ne pourra se prévaloir d'une longue lignée : Le Premier et Unique de Tanith. Un régiment constitué de soldats sans patrie : Les Fantômes de Gaunt...

Mais même impopulaire, le Commissaire saura mener ses hommes Non par la contrainte, mais par l'exemple, non par le sacrifice aveugle, mais par l'emploi à bon escient des extraordinaires capacités de discrétion de ces soldats. Peu à peu, avec Gaunt on apprend à connaître et apprécier la précision sans pareille et la folie douce du sniper Larkin ; la force de caractère et la volonté farouche du Major Rawne dont le rêve est de planter son couteau dans le dos du Commissaire ; la puissance physique et la gentillesse de Bragg ou enfin la simplicité et le dévouement du soldat de 1ère classe Caffran...

A travers ce recueil des trois premiers romans de la longue œuvre de Dan Abnett, les Fantômes commencent à écrire leur légende...

Si l'on s'affranchit de la visée éditoriale de base : à savoir soutenir la vente de soldats de plomb et de règles et de suppléments pour les faire s'affronter, il reste à mon avis un état de fait. Dan Abnet sait trouver le ton juste pour emporter son lectorat sur le terrain de la science-fiction militaire. En décrivant simplement les faits d'arme d'un régiment d'exception pris dans une succession de conflits, il ne cherche pas à dégager une morale pro ou anti-militariste. Ce sont ces hommes et ces femmes auxquels on s'attache et peu à peu à la communauté qu'ils fondent. Peut-on cependant concéder qu'ils survivent dans des conflits absurdes et gigantesques décidés par des hiérarchies supérieures largement déconnectées des réalités des zones de guerre...

Dan Abnett, c'est aussi une rythme judicieusement adapté aux événements qu'il présente. On est entraîné avec les Fantômes dans la frénésie des affrontements et on supporte avec eux les longues phases d'attente. La diversité des personnages, leurs caractères marqués fait que l'on s'attache à certain et que l'on apprécie peu d'autres. Mais jamais on ne se désintéresse de leur sort au milieu de l'action.

La Fondation ne présente que les prémices de l'extraordinaire légende du Premier et Unique de Tanith. Il est accessible à tous car peu ancré dans les dogmes de l'univers de Warhammer 40.000. Il est un parfait exemple du genre initié avant la Première Guerre Mondiale par le Colonel Driant – connu sous le nom de Danrit – La science-fiction militaire.

Il n'a, à mon humble avis, qu'un seul défaut. En reprenant sa licence de publication après l'important travail de l'éditeur français la Bibliothèque Interdite, l'éditeur anglais original Black Library s'est trompé dans la réédition sous forme de recueil et dans un format peu pratique de cette première trilogie.

Je me fends toujours d'une conclusion dans mes chroniques.

" Quelle soit nécessaire ou justifiée, n'oublier jamais que la guerre est un crime ." Ernest Hemingway.

Pacman.

 

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jeudi 1 septembre 2011

NIOGRET, Justine : Mordre le bouclier.

mordre-le-bouclier-niogretLe problème avec les suites de romans que j'aime tout particulièrement, c'est que, souvent, elles me procurent un double sentiment. D'abord l'espoir de retrouver ce qui faisait les qualités de la première œuvre, de lire à nouveau un roman qui laisse une trace. De relire le même livre mais puissance 2 ! Et puis il y a la crainte de retrouver au mieux exactement la même chose, voire d'être déçu, de perdre l'effet de surprise, cette petite chose qui fait palpiter le cœur... En bref, l'attente d'une suite fait surgir le sentiment schizophrène de vouloir relire la même chose et de ne pas le vouloir ! L'auteur est celui qui, en dernier ressort, fera les frais de ce problème inextricable. La seule solution pour lui est, à mon sens de faire fi de l'attente pour simplement raconter ce qu'il a à dire. Pas facile... Mais qu'en est-il du roman qui nous occupe ici ? Je vous avais dit ici que le premier opus m'avait emballé au plus haut point. C'est donc avec la plus grande joie mais aussi très anxieux que j'ai abordé cette suite qui n'était pas forcément nécessaire. Mais confiant du talent de l'auteure et de son éditeur, je me suis lancé !

Quelques mois sont passés depuis la fin de Chien du Heaume. Nous retrouvons l'héroïne éponyme affaiblie, amputée de quelques doigts, dont le pouce. S'en est fini de sa vie, elle ne peut plus être utile, sa hache ne sera plus portée... Elle s'enfonce dans une mélancolie dangereuse. C'est pourquoi Regehir lui forge une griffe de fer en guise de pouce, lui permettant de reprendre le chemin qui lui est destiné. Mais son mal s'est ancré profondément... Pourtant, Bréhyr, elle aussi amoindrie physiquement et comprenant le mal qui infecte la guerrière, va lui proposer de l'accompagner afin d'assouvir sa propre vengeance. C'est le début d'un voyage qui les conduira certes au sud, aux portes du pays des croisades, d'où personne ne revient indemne, mais il les mènera aussi au plus profond d'eux mêmes...

Par où commencer ? Le facile. Nous retrouvons avec joie le style si particulier de Justine Niogret, äpre, assez réaliste, adaptant certains termes de vieux français afin de nous plonger dans cet univers particulier. Mieux, il gagne en maîtrise, en finesse et nous laisse donc sans voix. Dès les premières lignes, nous retrouvons donc ce qui a fait la force du premier roman. Fantastique. De la même manière, sa construction semble très maîtrisée, abandonnant les successions de scènes pour nous filer une métaphore sur tout le roman. Époustouflant.

Pour la suite, ça se corse. Nous l'avons vu, la forme tient la dragée haute à l’œuvre qui la précède. Mais qu'en est-il du fond ? La première partie a eu ma préférence. On y découvre des héros brisés qui tentent une dernière lutte personnelle pour continuer à avancer. Ainsi, la découverte d'un monde que Chien du Heaume ne comprend pas se couple avec une découverte de soi-même. Le voyage est à la fois physique et intellectuel. La profondeur des personnages en devient vraiment émouvante. Chaque ligne temporelle aboutit à ce voyage. Le passé, le présent et le futur s'entrechoquent et l'héroïne est au carrefour de sa vie. Embrassera-t-elle son héritage ? Pourra-t-elle relever la tête ? On ne peut que saluer la finesse de l'analyse émotionnelle. Puis vient le moment de la rencontre avec les croisés (c'est peut-être un raccourci mais je ne souhaite pas trop en dévoiler...) : deux personnages au final assez fades (malgré la belle analyse de Jean-Philippe JAWORSKI), qui délayent la force des émotions. Pire, je n'ai pas compris la naïveté de cette partie. Sans doute ai-je loupé quelque chose car ensuite tout repart de plus belle pour un final magnifique dans lequel la métaphore le dispute au symbolique, où personne n'échappe à son destin... Ou bien si, vous me le direz lorsque vous l'aurez lu !

Au final, c'est bien ce que je vous avais dit, les suites sont dures à juger. On voudrait retrouver ce qu'on a aimé avant et éviter la redite. Ici, j'ai eu la joie de lire à nouveau le style Niogret, impressionné par la profondeur des personnages et de ce qu'elle a à nous dire. J'ai lu le roman d'une traite, râlant juste un poil sur une quinzaine de pages. Mais, comme la première fois, j'ai refermé le livre et y ai réfléchi longtemps après... J'aurais envie de dire que globalement, l'auteure a réussi son pari. La difficulté avec les suites, c'est l'absence de grosse surprise. Mais ici, c'est pour le mieux car lorsque le vernis de la surprise passe, il ne reste que la beauté du talent...

StepH


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dimanche 28 août 2011

ABRAMS, Jeffrey, Jacob : Super 8.

 

super8Superproduction ou super aventure adolescente ?

Que je sois honnête tout de suite, les superproductions américaines, c’est pas trop mon truc et mes connaissances sont du coup assez limitées… Mais j’avais entendu dire que Super 8 ressemblait un peu aux Goonies. Et les Goonies, c’est un peu ma Madeleine de Proust… Choco, Cynok et les autres, c’était un peu mes potes de quartier, je devais avoir leur âge, et je pouvais me repasser 100 fois l’ouverture du portail de la maison de Mikey en étant toujours émerveillée par l’ingéniosité de l’installation…

Alors si Super 8 ressemble aux Goonies, je dis Ok ! Je vais au ciné voir ça ! Beaucoup d’enfants dans la salle en arrivant, alors que le film est en VO… Bizarre, mais je repense aux peurs devant mon film de 1985, et je me dis que c’est top d’avoir un peu les jetons quand on a 10 ans.

Le générique tente de nous impressionner : produit par Steven Spielberg, qui avait écrit l’histoire des Goonies. Je suis contente d’être là, je prends une poignée de pop corn et m’enfonce un peu plus dans mon siège. Le réalisateur : J.J Abrams. Lost, Armageddon, Mission Impossible 3… La grosse artillerie. Pourquoi pas, à voir, tant qu’on a un peu peur mais qu’on fait pas de cauchemar après…

Eté 1979, Ohio. Un groupe d’adolescents tourne un film de zombies avec des effets spéciaux plutôt marrants et un réalisateur qui se la raconte un peu. Pendant le tournage d’une scène en pleine nuit, ils sont témoins d’un accident ferroviaire spectaculaire. Alors qu’ils retrouvent sur place d’étranges cubes blancs, quelques objets, des animaux et des gens disparaissent mystérieusement de la ville…

Mais que se passe-t-il ? Le Sherif est-il mort ? la dame aux bigoudis a-t-elle été enlevée ? Les adolescents amoureux vont-ils s’embrasser ? Et pourquoi le père n’arrive-t-il pas à communiquer avec son fils depuis la mort de sa femme ?

On a peur, on frémit, on sursaute aussi un peu. J’avoue pour ma part avoir trouvé la fin un peu trop mièvre, un peu trop américaine aussi, et c’est là que la vérité m’a sautée aux yeux : je n’ai plus 10 ans.

Le meilleur moment en fait, c’est pendant le générique de fin : on a le plaisir de voir le film des adolescents en entier. Il est plutôt marrant, plutôt bien joué, et y a pas à dire : un film en super 8 ça en jette… Mais la petite fille devant moi retiendra plutôt l’histoire d’amour des ados : elle cachait ses yeux avec ses mains pendant ce générique, pour ne pas voir les zombies et le sang gicler. Comme quoi, les goûts et les couleurs, ça change en vieillissant aussi…

Anouchka


Super 8 - bande annonce 2 (VF)

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