Once-Upon-a-Time-PosterLes contes de fée sont-ils une source inépuisable d’inspiration pour les réalisateurs et les auteurs du moment ? Qu’on aime ou qu’on n’aime pas, c’est un sujet de plus en plus traité au cinéma, comme à la télévision, alors il faut qu’on en parle un peu, tous ensemble. Après Blanche Neige et le chasseur, les frêres Grimm, Hansel et Gretel, et en ce moment, le dernier Bacri/Jaoui, Au bout du Conte, après la série Grimm, que se passe t il, dans le monde des écrans (petits et grands) ? Surtout qu’en littérature ado, on n’est pas en reste, niveau classiques revisités. Les nouvelles couvertures de la collection Livre de Poche pour les « young adult » feraient passer Victor Hugo ou Shakespeare pour de jeunes auteurs surfant sur le succès vampirique de Stephenie Meyer. Le gothique, oui, (y a qu’à voir la tête de Cosette sur la nouvelle couverture des Misérables chez Hachette jeunesse) mais aussi peut-être l’envie de revenir vers des classiques, vers des univers connus, et de les transformer un peu.

Once Upon A Time est apparu sur les écrans français, sur M6, en décembre dernier. Les contes pour Noël ? C’était plutôt bien pensé… Oui mais voilà, il faut que ça suive après ! Des contes, il y en a beaucoup, mais comment réussir à réunir tous les personnages autour des classiques de l’enfance ? Le pitch est clair (à peu près, quoi) : il y a fort longtemps, alors que le mariage de Blanche Neige et du Prince Charmant va être célébré, la méchante sorcière jette un sort au couple et à tous les invités. Ils vont se retrouver bloquer tous ensemble dans un même espace-temps, et ne se souviendront de rien. La seule personne qui peut les libérer, c’est Emma, la fille du jeune couple si parfait, quand elle soufflera ses 28 bougies. D’abord dans le pays imaginaire des contes, puis dans Storybrooke, petite ville du Maine.

Les épisodes s’enchaînent, on alterne entre le passé et le présent. Chaque personnage se met en place, accompagné du conte dont il est issu. Personne ne se souvient de rien, sauf le petit Henry, fils adoptif de la méchante sorcière devenue dans le présent maire de la ville. Tout le temps accompagné de son énorme livre de contes, il tente d’expliquer à tous sa version des faits : ils sont tous bloqués, ne peuvent sortir de la ville, n’ont aucun souvenir de leur enfance. Vous vous en doutez, il va retrouver Emma, va l’emmener à Storybrooke, et va tenter de la convaincre qu’elle est la sauveuse de –presque- la nation et de –en tout cas- l’univers tout entier.

On se laisse rapidement happer par l’histoire, on se retrouve à chercher à quel personnage de notre enfance correspond un tel ou un tel, et on se demande comment les scénaristes de Lost vont s’en sortir… Parce que oui, je vous l’ai pas encore dit, mais y a des grands noms, derrière cette histoire ! Mais malgré tout, ça peut vite tourner en rond, et je dois dire que la fin de la première saison m’a parue trop énorme, et que j’en ris encore. .. De plus, je dirai que Blanche Neige n’est pas la fille si sublime qu’on rêvait de devenir, et que le petit chaperon rouge est bien plus dépravé qu’une strip-teaseuse de Las Vegas. Autant vous dire qu’il ne faut pas avoir l’esprit fermé, et qu’il faut regarder Once Upon a Time en laissant de côté ses souvenirs enfantins, ses émotions passées. Mais à part ça, c’est plutôt bien fichu ! Pas de vampires, ni de zombies, rien que des gens normaux. Bon, je ne vais pas vous mentir, y a quand même un peu de magie, hein… Mais le scénario est plus centré sur les personnages et leur adaptation dans le monde réel d’aujourd’hui que sur les baguettes magiques et les sorts.

Reste à voir si la saison 2 arrivera à tenir la distance, parce que là, on a à peu près épuisé les facettes des personnages… Continuer dans cette voie, ou partir vers d’autres énigmes, sans pour autant s’éloigner du monde des contes ? Reste à attendre la fin de l’année pour voir si, aussi doués qu’ils soient, Edward Kitsis et Adam Horowitz ont réussi le pari de nous enfermer nous aussi dans Storybrooke…

Anouchka